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18 JUILLET 2025 (#45)
FICTION 2027: UN DISCOURS, QUATRE ENSEIGNEMENTS
OUVERTURE DE CAMPAGNE (Mai 2026)
« Françaises, Français,
Depuis 45 ans, une chape de plomb vous Ă©touffe… On l’appelle « le politiquement correct », « le camp de la raison », la « bien-pensance », le « ni gauche, ni droite » ou le « en mĂȘme temps »…
DISCOURS DâOUVERTURE DE CAMPAGNE (Mai 2026)
Françaises, Français,
Depuis 45 ans, une chape de plomb vous Ă©touffe. Elle ne vous gouverne pas directement, mais elle inspire vos lois, vos rĂšgles, vos budgets, les discours de vos politiquesâŠEt conditionne vos Ă©lites : journalistes, professeurs, magistrats, hauts fonctionnaires, parlementaires, membres du gouvernementâŠ
On peut lui donner diffĂ©rents noms : le âpolitiquement correctâ, le âcamp de la raisonâ, la âgauche bien-pensanteâ, le âsocial-progressismeâ, âlâhĂ©ritage post-soixante-huitardâ … mais il sâagit toujours des mĂȘmes habits et la mĂȘme novlangue: prĂ©server le status quo (pas de chaos), rejeter le nĂ©olibĂ©ralisme, vanter les mĂ©rites du modĂšle français et des services publics, corriger les inĂ©galitĂ©s, protĂ©ger les plus faibles, refuser dâexclure, de punir, d’Ă©valuer, de comparer, de mettre en concurrence, de privatiser..
âTout le monde il est beau, tout le monde il est gentil … Qui peut s’y opposer ?
En fait, il s’agit d’une logique de classe. Une classe dirigeante, auto-proclamĂ©e et auto-centrĂ©e, incroyablement conservatrice qui nâa quâun seul but: rester au pouvoir en changeant les mots plutĂŽt quâen disant la vĂ©ritĂ©, en faisant des discours flamboyants plutĂŽt quâen rĂ©formant ou en prenant des risques, en se couvrant du manteau de la morale plutĂŽt quâen dĂ©battant sur le fondâŠ
Une oligarchie qui, dans le fond, nâaime ni les gilets jaunes, ni le peuple, ni le dĂ©bat, ni la dĂ©mocratie, qui vit sur lâargent des autres. Et qui se fiche de lâavenir du pays pourvu quâelle perdure.
Cette classe a créé un systĂšme parfait. Elle dĂ©tient les mĂ©dias qui forment l’opinion, les Ă©coles qui Ă©duquent nos enfants, les tribunaux qui rendent la justice. Elle contrĂŽle le langage : on ne peut plus dire « immigré » mais « personne issue de l’immigration », on ne peut plus parler de « socialisme » mais de « progressisme », on ne plus constater une âinsĂ©curitĂ© rampanteâ mais tout juste Ă©voquer un âsentiment diffus d’insĂ©curitĂ©â… La classe dominante dĂ©cide ce qui est pensable et ce qui ne l’est pas, de ce quâon peut dire ou pas, des chaĂźnes TV que lâon peut regarder ou pas, des politiques pour qui on peut voter ou pas⊠Et si le parlement vote mal, elle fait levier sur le Conseil d’ Ătat pour corriger lâaffront.
Cette manipulation a tellement durĂ© qu’elle a engendrĂ© les effets qu’elle voulait combattre. Le prĂ©texte de l’Ă©galitĂ© a conduit Ă l’Ă©galitarisme et ce travers a augmentĂ© les inĂ©galitĂ©s. EnfermĂ©e dans sa propre logique jusqu’Ă l’excĂšs, lâoligarchie bien-pensante est allĂ©e jusquâ Ă dĂ©truire les outils mĂȘmes sur lesquels elle comptait sâappuyer.
Prenons l’Ă©cole. Avant, on transmettait des connaissances. L’instituteur Ă©tait respectĂ©, l’effort valorisĂ©, le mĂ©rite reconnu. Maintenant, on met l’Ă©lĂšve au centre, mais le savoir sur le cĂŽtĂ©. On n’enseigne plus, on « accompagne ». On ne transmet plus, on valorise les talents ». On supprime les notes, on facilite les passages, on nivelle par le bas. Le niveau s’effondre. Nos enfants reculent dans tous les classements internationaux. Mais le systĂšme se fĂ©licite de ses bonnes intentions. RĂ©sultat : une gĂ©nĂ©ration entiĂšre privĂ©e des outils pour rĂ©ussir. Et devinez qui en pĂątit le plus ? Les enfants des classes populaires, ceux-lĂ mĂȘmes qu’on prĂ©tendait aider.
Regardons la justice. Avant, on punissait les crimes pour protĂ©ger les honnĂȘtes gens. Maintenant, on prĂ©fĂšre comprendre le criminel. On remplace la sanction par l’excuse, la fermetĂ© par la compassion. On nous rĂ©pĂšte que « la prison ne sert Ă rien », qu’il faut « s’attaquer aux causes profondes ». Alors on tolĂšre, on relĂąche, on recule. Les peines s’allĂšgent, les sorties se multiplient, les rĂ©cidives explosent. L’insĂ©curitĂ© est devenu un mode de vie pour des millions de nos concitoyens. Et devinez qui en pĂątit le plus ? Les habitants des quartiers populaires, ceux-lĂ mĂȘmes qu’on prĂ©tendait protĂ©ger.
Regardons le travail. Avant, c’Ă©tait un moyen de s’en sortir, une fiertĂ©, une dignitĂ©. Maintenant, c’est un effort qu’il faut compenser, une pĂ©nibilitĂ© qu’il faut rĂ©duire. On rĂ©duit le temps de travail, on multiplie les congĂ©s, on complique les statuts, on dĂ©courage la paresse. Pendant ce temps, l’Allemagne forme ses apprentis, la SuĂšde amĂ©liore ses formations, la Suisse valorise ses entrepreneurs. Chez nous, on fuit le privĂ© pour les concours administratifs. On prĂ©fĂšre la sĂ©curitĂ© Ă l’audace, la rente Ă l’effort. Et devinez qui en pĂątit le plus ? Les classes moyennes, celles-lĂ mĂȘmes qu’on prĂ©tendait soulager.
Regardons l’entreprise. Au lieu de la soutenir, on la suspecte. Au lieu de la cĂ©lĂ©brer, on la culpabilise. Chaque rĂ©forme devient un « cadeau au patronat ». Chaque rĂ©ussite devient une « fracture sociale ». Les rĂšgles se multiplient, les contrĂŽles s’accumulent, les taxes explosent, les talents partent. Nos meilleurs crĂ©ent leurs entreprises… ailleurs. Et devinez qui en pĂątit le plus ? Les salariĂ©s, ceux-lĂ mĂȘmes qu’on prĂ©tendait dĂ©fendre. Et les malades du Covid. Souvenons-nous !
Regardons la rĂ©ussite. Avant, on parlait d’ascension sociale, de promotion rĂ©publicaine. Maintenant, on parle de privilĂšges, de reproduction sociale. L’Ă©cole Ă©galise par le bas. L’excellence dĂ©range. La mĂ©ritocratie devient un gros mot. On prĂ©fĂšre la paritĂ© Ă la compĂ©tence, la diversitĂ© au talent. Et devinez qui en pĂątit le plus ? Les enfants mĂ©ritants des milieux modestes, ceux-lĂ mĂȘmes qu’on prĂ©tendait Ă©lever.
AprĂšs 45 ans de cette dĂ©rive, Emmanuel Macron, avec François Bayrou son mentor dĂ©sormais Premier Ministre, en marque l’aboutissement. Le maĂźtre du « en mĂȘme temps » et lâillusionniste du dĂ©passement sont les hĂ©ritiers parfaits, lâultime avatar d’un systĂšme qui ne veut pas lĂącher d’autant qu’il se sent au bord du gouffre.
Du coup, il est prĂȘt Ă toutes les compromissions, toutes les approximations. Depuis dix ans, le macronisme vous promet tout et son contraire. Et ne dĂ©cide rien. 100 % com, 0 % rĂ©sultat. Gagner du temps.
En fait, le centrisme nâest pas seulement une fausse bonne idĂ©e. Il est devenu une stratĂ©gie, une mise en scĂšne particuliĂšrement cynique, une imposture en quatre actes :
Acte 1 : on séduit en parlant de dépassement. On évite de parler de son programme. On se fait élire.
Acte 2 : on gouverne dans le flou. On temporise autant que possible. On fait semblant de réformer. On évite les débats.
Acte 3 : on radicalise ses oppositions frustrĂ©es d’ĂȘtre marginalisĂ©es par le « ni gauche ni droite » Ă©rigĂ© en programme. On peut mĂȘme stimuler la colĂšre du peuple avec des petites phrases. Peu importe pourvu que les extravagances des extrĂȘmes deviennent visibles et alimentent les fantasmes et les peurs. Câest le moyen recherchĂ©.
Acte 4 : on se prĂ©sente en rempart face au chaos des extrĂȘmes que l’on a soi-mĂȘme créés et nourris par l’inaction et par les provocations.
La manipulation centriste nâa quâun objectif : conquĂ©rir le pouvoir et le conserver.
A quel prix ? Aucune rĂ©forme d’ampleur. Une dette publique record. Des services publics qui coĂ»tent plus et rendent moins. Des impĂŽts qui explosent. Une administration qui prolifĂšre. Un pays qui dĂ©pense plus que ses voisins et produit moins. Un pays qui s’Ă©puise Ă maintenir un systĂšme obsolĂšte et qui le sait. Un pays qui vieillit, qui doute, qui se divise. Et une colĂšre qui monte, partout.
Il est temps de briser cette chape de plomb qui nous empĂȘche de respirer, de rompre avec ce catĂ©chisme dĂ©lĂ©tĂšre et de sortir du destin qu’il nous construit Ă desseinâŠ
Pour nous libérer de ce carcan, je vous propose une nouvelle méthode, implacable. Quatre principes de vérité, trÚs simples, dont je ne démordrai pas:
Tout dâabord. Regarder les faits. Les faits rien que les faits. Plus de langue de bois. Plus de dĂ©ni de rĂ©alitĂ©.
Ensuite nommer les choses. Sans trembler. Vous dire la vérité. Ne plus jouer avec les mots, surtout les mots valises.
Surtout s’engager sur des rĂ©sultats. Pas sur des intentions, des idĂ©es ou des idĂ©ologies. Encore moins sur des promesses. Juste le rĂ©el avec des rĂ©sultats que nous pourrons tous mesurer ensemble.
Enfin, s’inspirer de ce qui marche. En particulier Ă l’Ă©tranger. Ne rĂ©inventons plus ce qui a fonctionnĂ© ailleurs.
Cette mĂ©thode m’oblige dĂšs Ă prĂ©sent.
Oui il nous faut travailler plus. Et ĂȘtre plus nombreux Ă le faire. Dans le privĂ© tout particuliĂšrement. Nous allons valoriser le travail productif.
Oui il nous faut dĂ©penser moins. Câest la seule façon de revaloriser le travail, l’effort et le mĂ©rite. Nous devons mettre fin Ă la gabegie. L’argent public est sacrĂ©. Nous allons le remettre au centre du systĂšme.
Oui, il nous faut retrouver notre souverainetĂ© budgĂ©taire. Câest la premiĂšre pierre Ă poser. Sans elle, nous ne pourrons pas avancer.
Au cours des prochains mois, nous dĂ©taillerons nos prioritĂ©s et nos propositions. Mais dĂšs aujourd’hui je voulais vous faire connaĂźtre quelle est notre vision.
La France est fatiguĂ©e d’ĂȘtre empĂȘchĂ©e. Elle mĂ©rite d’ĂȘtre libĂ©rĂ©e. Nous le ferons. Avec vous.
IrĂšne FHORM (fictif)
Candidate à la Présidentielle 2026
âLibertĂ©, ĂquitĂ©, Respectâ
Responsabiliser pour prĂ©server. La gratuitĂ© totale gĂ©nĂšre la surconsommation…
Responsabiliser pour préserver. La gratuité totale génÚre la surconsommation, la surconsommation génÚre la pénurie. Soigner mieux ne signifie pas dépenser plus mais dépenser utile. La solidarité vraie protÚge les malades, pas les prescripteurs. Un systÚme pérenne soigne les pathologies, pas les consciences progressistes.
Cette réforme sanitaire applique scrupuleusement les quatre commandements du discours. Elle observe les faits : 11 milliards de déficit malgré 11% du PIB. Elle nomme sans détour : gratuité totale égale irresponsabilité. Elle table sur du mesurable : réduction de 40% des consultations inutiles. Elle transpose les succÚs : Pays-Bas, Suisse, Allemagne ont maßtrisé leurs coûts.
FinanciĂšrement, cette architecture permettrait de dĂ©gager 2 milliards d’Ă©conomies et de rĂ©orienter 40% des demandes vers des structures adaptĂ©es. Philosophiquement, elle briserait le tabou progressiste de la santĂ© gratuite illimitĂ©e. En prouvant que responsabilisation rime avec solidaritĂ©, elle rĂ©concilierait les Français avec un systĂšme de santĂ© viable, juste et efficient.
Restaurer la dignitĂ© du travail en brisant l’Ă©quivalence perverse entre effort et assistance. Chaque heure travaillĂ©e doit rapporter davantage qu’une heure d’inactivitĂ©, non par punition des plus faibles, mais par reconnaissance des plus actifs. La conditionnalitĂ© devient la rĂšgle : toute aide implique une contrepartie utile Ă la sociĂ©tĂ©. Le travail redevient un ascenseur social, pas une pĂ©nalitĂ© fiscale.
Cette rĂ©forme suit les quatre principes du discours d’ouverture. Elle regarde les faits : seulement 150 euros sĂ©parent le RSA du SMIC. Elle nomme les choses : l’assistanat dĂ©courage l’effort. Elle s’engage sur des rĂ©sultats mesurables : rĂ©duction de 35% du retour Ă l’emploi. Elle s’inspire de ce qui marche : les modĂšles australien, canadien, danois ont fait leurs preuves. Aucune langue de bois, aucune promesse creuse.
Ăconomiquement, cette architecture pourrait faire basculer 800 000 personnes vers l’emploi dĂ©clarĂ© et rĂ©duire de 25% la pauvretĂ© laborieuse. Culturellement, elle briserait l’illusion progressiste selon laquelle on peut redistribuer sans crĂ©er, aider sans responsabiliser. En restaurant l’Ă©quation travail = dignitĂ©, elle rĂ©concilierait les classes populaires avec l’effort et l’ascension sociale, piliers oubliĂ©s de la RĂ©publique.
RĂ©concilier service public et performance en cassant le mythe du statut protecteur. L’emploi Ă vie ne protĂšge pas l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral, il protĂšge l’incompĂ©tence. Une fonction publique moderne doit attirer les meilleurs, rĂ©compenser les performants, Ă©carter les dĂ©faillants. Le service du citoyen exige l’excellence, pas la sĂ©curitĂ© de l’emploi.
Cette rĂ©forme incarne parfaitement la mĂ©thode FHORM. Elle part des faits : 62% de dĂ©motivĂ©s, 9,2% d’absentĂ©isme. Elle nomme sans fard : statut Ă©gale dĂ©responsabilisation. Elle s’engage sur du mesurable : rĂ©duction de 15% des effectifs administratifs, Ă©conomies de 500 millions. Elle copie ce qui fonctionne : SuĂšde, Danemark, Canada ont modernisĂ© leurs fonctions publiques sans les dĂ©truire.
ConcrĂštement, cette rĂ©forme permettrait de redĂ©ployer des milliers d’agents vers les missions essentielles : soins, sĂ©curitĂ©, Ă©ducation. IdĂ©ologiquement, elle briserait le dogme progressiste de l’Ătat-providence employeur. En prouvant qu’on peut servir l’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral sans sanctuariser la mĂ©diocritĂ©, elle restaurerait la confiance dans l’action publique et l’exemplaritĂ© de l’Ătat.
Substituer la clartĂ© Ă l’opacitĂ©, l’efficacitĂ© au saupoudrage. Chaque euro public doit servir le citoyen
Substituer la clartĂ© Ă l’opacitĂ©, l’efficacitĂ© au saupoudrage. Chaque euro public doit servir le citoyen, pas alimenter une bureaucratie plĂ©thorique. La proximitĂ© n’excuse pas la dispersion, la dĂ©mocratie locale ne justifie pas l’inefficacitĂ©. Un Ătat fort n’est pas un Ătat obĂšse mais un Ătat lisible, responsable et efficient.
Cette simplification respecte la doctrine d’ouverture. Elle part des faits : 34 000 communes, record mondial de complexitĂ©. Elle nomme la rĂ©alitĂ© : millefeuille Ă©gale gaspillage. Elle vise des rĂ©sultats chiffrĂ©s : 30% d’Ă©conomies d’Ă©chelle. Elle imite les rĂ©ussites : Danemark, Belgique, Estonie ont simplifiĂ© sans perdre en dĂ©mocratie.
Pratiquement, cette rĂ©forme rĂ©duirait de 20% les coĂ»ts de gestion et diviserait par trois les dĂ©lais administratifs. Conceptuellement, elle dĂ©montrerait que la proximitĂ© dĂ©mocratique n’exige pas 36 000 maires mais des services publics efficients. En prouvant qu’on peut simplifier sans centraliser, elle invaliderait le mythe progressiste selon lequel plus d’Ă©chelons signifie plus de dĂ©mocratie.
âLe problĂšme avec le social-progressisme (novlangue pour socialistes) câest qu'on finit toujours par manquer de lâargent des autresâ Margaret Thatcher
La France dĂ©pense chaque annĂ©e plus de 1 600 milliards dâeuros….
La France dĂ©pense chaque annĂ©e plus de 1 600 milliards dâeuros. Plus de la moitiĂ© de cette somme provient de lâĂtat, des collectivitĂ©s et de la SĂ©curitĂ© sociale. Depuis des dĂ©cennies, lâampleur de cette dĂ©pense publique est une particularitĂ© française. Quelles Ă©conomies peut-on espĂ©rer rĂ©aliser, sans casser le modĂšle social, en le rendant simplement plus cohĂ©rent, plus lisible, plus incitatif ?
Le programme (fictif) imaginĂ© par IrĂšne Fhorm (fictif) avance une rĂ©ponse structurĂ©e, inspirĂ©e de rĂ©formes Ă©trangĂšres ayant fait leurs preuves. Loin des effets dâannonce ou des suppressions aveugles, il repose sur une logique dâensemble : simplifier, inciter, responsabiliser, redĂ©ployer. Voici, domaine par domaine, ce que ces mesures pourraient rĂ©ellement produire comme Ă©conomies pour les finances publiques françaises.
La premiĂšre source dâĂ©conomie vient de la rĂ©forme du systĂšme dâaides sociales et de lâincitation au travail. En fusionnant RSA, prime dâactivitĂ© et indemnisation chĂŽmage dans un revenu universel dâactivitĂ©, conditionnĂ© Ă vingt heures hebdomadaires dâactivitĂ© utile, le dispositif favorise le retour Ă lâemploi, comme cela a Ă©tĂ© observĂ© en Australie depuis 2015. Dans ce pays, les dĂ©lais de traitement des dossiers ont Ă©tĂ© rĂ©duits de 60 %, et le retour Ă lâemploi a progressĂ© de 35 %. En France, ce nouvel outil, sâil Ă©tait bien calibrĂ©, pourrait permettre Ă terme une rĂ©duction de 3 Ă 4 milliards dâeuros sur les prestations sociales. Dâautres mesures convergentes viennent renforcer cette dynamique : plafonnement des aides Ă 70 % du SMIC, contrĂŽles hebdomadaires, missions dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral obligatoires, cumul progressif des aides avec un revenu dâactivitĂ©. Ces mĂ©canismes ont permis, au Danemark et aux Pays-Bas, de rĂ©duire significativement la dĂ©pendance aux aides. TransposĂ© en France, ce cadre pourrait produire 6 Ă 8 milliards dâeuros dâĂ©conomies supplĂ©mentaires. Ă eux seuls, ces ajustements de structure dans les politiques sociales reprĂ©senteraient entre 10 et 13 milliards dâeuros Ă©conomisables par an, sans priver qui que ce soit dâune aide, mais en exigeant systĂ©matiquement une contrepartie utile.
Le deuxiĂšme levier du programme sâattaque Ă un monstre bien connu des Français : le millefeuille administratif. En supprimant les dĂ©partements et en les fusionnant avec les rĂ©gions dans une logique Ă la danoise â cinq grandes rĂ©gions remplaçant treize comtĂ©s â la France pourrait faire disparaĂźtre un Ă©chelon coĂ»teux. Les dĂ©penses de fonctionnement des dĂ©partements atteignent plus de 42 milliards dâeuros par an. En visant une rĂ©duction de 20 Ă 25 % sur cet ensemble, ce sont 10 Ă 12 milliards dâeuros par an qui pourraient ĂȘtre Ă©conomisĂ©s. Ă cela sâajoute la fusion obligatoire des communes de moins de 5 000 habitants, selon le modĂšle belge de 1977, qui avait permis de rĂ©duire le nombre de communes de 2 359 Ă 581, gĂ©nĂ©rant une baisse des coĂ»ts de gestion de 30 %. Cette rĂ©forme, transposĂ©e Ă lâĂ©chelle française, pourrait rapporter entre 3 et 4 milliards dâeuros. Enfin, en regroupant les agences publiques (on en compte plus de 1 200 en France, contre 300 au Royaume-Uni) et en numĂ©risant massivement les services, dans la veine de lâEstonie, les gains seraient encore de lâordre de 5 Ă 6 milliards dâeuros. Ce bloc de rĂ©formes structurelles, Ă lui seul, permettrait donc de dĂ©gager entre 15 et 22 milliards dâeuros dâĂ©conomies annuelles, tout en amĂ©liorant la lisibilitĂ© de lâaction publique.
TroisiĂšme champ dâintervention : la fonction publique. LĂ encore, le projet est plus nuancĂ© quâune simple politique de suppressions de postes. Il sâagirait de rĂ©duire de 15 % les effectifs strictement administratifs, câest-Ă -dire non affectĂ©s Ă des fonctions de contact ou dâexĂ©cution (accueil, soins, Ă©ducation, police, justice). Cette rationalisation, couplĂ©e Ă des redĂ©ploiements sur le terrain, gĂ©nĂ©rerait Ă elle seule 6 Ă 7 milliards dâeuros dâĂ©conomies annuelles. Des Ă©conomies complĂ©mentaires proviendraient de la contractualisation des nouveaux postes (hors souverainetĂ©), comme en SuĂšde, ou de la crĂ©ation de contrats de mission pour les besoins non permanents, Ă lâinstar de lâAustralie. Le coĂ»t annuel de la masse salariale publique en France dĂ©passe 330 milliards dâeuros. Toute rĂ©duction, mĂȘme marginale, y produit des effets significatifs. Par ailleurs, un systĂšme dâĂ©valuation individuelle Ă consĂ©quences salariales, comme celui en vigueur au Canada depuis plus de dix ans, ainsi quâun droit au licenciement pour insuffisance professionnelle documentĂ©e, contribueraient Ă accroĂźtre la productivitĂ©, Ă rĂ©duire lâabsentĂ©isme, et Ă renforcer lâefficacitĂ© du service public. Lâensemble de ces dispositifs permettrait de stabiliser, voire de rĂ©duire de 6 Ă 8 milliards dâeuros par an la dĂ©pense publique, sans affecter les missions prioritaires.
Enfin, la santĂ© publique, quatriĂšme pilier du programme, reprĂ©sente un potentiel dâĂ©conomies structurelles dâenviron 10 milliards dâeuros par an, Ă qualitĂ© constante. Lâintroduction dâune franchise annuelle de 300 euros â dĂ©jĂ en vigueur aux Pays-Bas (385 âŹ) â permettrait dâĂ©conomiser 4,5 Ă 5 milliards dâeuros, tout en responsabilisant les patients et en maintenant lâexonĂ©ration pour les plus fragiles. Lâobligation dâun tri infirmier avant toute consultation non urgente, comme le pratique la Finlande, Ă©viterait ou rĂ©orienterait 40 % des rendez-vous, pour un gain estimĂ© Ă 2 milliards dâeuros. Les actes mĂ©dicaux lourds seraient soumis Ă quotas rĂ©gionaux, les prescriptions auditĂ©es systĂ©matiquement, les nouveaux traitements Ă©valuĂ©s par une commission mĂ©dico-Ă©conomique indĂ©pendante. Ces mesures, testĂ©es au Canada, en Espagne et au Royaume-Uni, ont permis de supprimer jusquâĂ 15 % des actes et traitements inutiles. En France, leur gĂ©nĂ©ralisation pourrait rapporter entre 3 et 4 milliards dâeuros par an.
AdditionnĂ©s, ces quatre piliers â social, territorial, fonction publique, santĂ© â reprĂ©senteraient un gisement annuel dâĂ©conomies publiques de 40 Ă 54 milliards dâeuros, Ă horizon cinq ans. Câest lâĂ©quivalent de 1,5 Ă 2 % du PIB. Câest aussi, et surtout, un rééquilibrage possible entre efficacitĂ©, justice sociale et incitation au travail. Un allĂšgement structurel qui ne passe pas par la rĂ©duction des droits, mais par la refonte des conditions de leur exercice. Une rĂ©forme ambitieuse, certes, mais fondĂ©e sur des exemples rĂ©els, vĂ©rifiĂ©s, observables, que lâon ne peut balayer dâun revers de main.
Ce que prouve ce programme, câest quâil nâest pas impossible de rendre la dĂ©pense publique plus sobre, plus lisible, plus juste â et de remettre ainsi lâĂ©conomie française sur une trajectoire soutenable, sans pour autant fragiliser ceux qui en dĂ©pendent le plus.
Sujet de la veille :
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