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30 SEPTEMBRE 2025 (#97)

QUI EST EMMANUEL MACRON ?

Difficile à cerner, impossible à classer, Emmanuel Macron échappe à toutes les grilles de lecture classiques. Libéral autoproclamé, mais centralisateur forcené. Ancien ministre socialiste, mais réformateur pro-business. Président jupitérien, mais acteur d’une démocratie trés affaiblie…
Difficile à cerner, impossible à classer, Emmanuel Macron échappe à toutes les grilles de lecture classiques. Libéral autoproclamé, mais centralisateur forcené. Ancien ministre socialiste, mais réformateur pro-business. Président jupitérien, mais acteur d’une démocratie affaiblie. À force de brouiller les lignes, il a fini par incarner non pas une vision politique, mais une méthode : gouverner par contrastes, déstabiliser pour régner, séduire sans s’engager. Cette page propose un décodage sans concession : derrière les petites phrases, les postures et le vernis technocratique, que révèle vraiment le « phénomène Macron » ?
LES PETITES PHRASES
« Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler » mai 2016
« Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien » 1er juin 2017
« Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » 29 juin 2017 … ..
LES PETITES PHRASES

« Le meilleur moyen de se payer un costard, c’est de travailler » mai 2016

« Le kwassa-kwassa pêche peu, il amène du Comorien » 1er juin 2017

« Une gare, c’est un lieu où on croise les gens qui réussissent et les gens qui ne sont rien » 29 juin 2017

« La colonisation est un crime contre l’humanité » 15 février 2017 (entretien à Alger)

« Il faut déconstruire notre histoire » 28 novembre 2017 (discours à Ouagadougou)

« Les Gaulois réfractaires au changement » 29 août 2018 (Copenhague)

« Je traverse la rue, je vous trouve un travail » 15 septembre 2018

« On met un pognon de dingue dans des minima sociaux » 12 juin 2018

« Ni repentance ni excuses » 20 janvier 2021 (rapport Stora)

« Nous sommes devenus une nation de 66 millions de procureurs » 21 janvier 2021

« Un processus de décivilisation est à l’œuvre » 24 mai 2023 (exprimé plus tard, mais idée évoquée dès cette période)

« Les non-vaccinés, j’ai très envie de les emmerder… jusqu’au bout » 4 janvier 2022

« Qui aurait pu prédire la crise climatique ? » 31 décembre 2022

« Ça m’en touche une sans faire bouger l’autre » 11 juillet 2022 (Uber Files)

« C’est pas des casseroles qui feront avancer la France » 19 avril 2023

« Les factieux et les factions n’ont pas leur place en République » 22 mars 2023

« Un processus de décivilisation » (répété et formalisé) 24 mai 2023

« La Russie est une menace existentielle pour les Européens » 18 février 2025

« La reconnaissance d’un Etat Palestinien est la meilleure façon d’isoler le Hamas» 19 septembre 2025
L’USURPATION GAULLISTE Emmanuel Macron aime se draper dans les plis du manteau gaullien. Commémorations solennelles, références au « certain caractère » de la France, mise en scène présidentielle héritée du Général… ..
L’USURPATION GAULLISTE

Emmanuel Macron aime se draper dans les plis du manteau gaullien. Commémorations solennelles, références au « certain caractère » de la France, mise en scène présidentielle héritée du Général. Mais derrière la théâtralité jupiterienne se cache une imposture politique majeure. Le gaullisme authentique repose sur trois piliers : souveraineté nationale absolue, primauté du politique sur l’économique, certaine idée de la France comme puissance libre et rayonnante. Macron n’a emprunté au Général que sa stature et son phrasé.

Quand De Gaulle claquait la porte du commandement intégré de l’OTAN en 1966, Macron fait de la « souveraineté européenne » son mantra. Oxymore révélateur. Depuis février 2022, la diplomatie française s’aligne mécaniquement sur Washington. Malgré les discours sur la « souveraineté numérique », l’État français confie ses données sensibles aux géants américains. Microsoft décroche le marché du cloud de l’État, Amazon héberge les données de la Défense. Chaque sommet européen voit Macron célébrer de nouveaux transferts de souveraineté.

De Gaulle gouvernait par référendum et s’en remettait au peuple. Macron a transformé le référendum en convention citoyenne inoffensive. « Nous sommes tous Français ! » tonnait De Gaulle. Macron collectionne les petites phrases méprisantes : « Les gens qui ne sont rien », « Gaulois réfractaires », « fainéants ». De Gaulle parlait à tous les Français. Macron parle aux Français qui lui ressemblent.

Pour De Gaulle, la France devait parler au monde avec sa propre voix. Il reconnaît la Chine populaire dès 1964 contre l’avis américain, condamne la guerre du Vietnam, développe une politique arabe indépendante. Macron a renoncé à toute ligne de crête géopolitique. Face à la Russie : alignement total sur Washington. Face à la Chine : suivisme européen. Le naufrage africain résume tout. De Gaulle avait inventé la Françafrique. Macron l’a démantelée sans la remplacer. Exit du Mali, du Burkina Faso, du Niger. À chaque départ, la Russie s’installe.

De Gaulle privilégiait le politique avant l’économique. Il gouvernait par plans quinquennaux, définissait les priorités nationales, orientait l’épargne vers l’investissement productif. Macron gouverne par « plans de relance » dictés par Bruxelles. L’économie gaulliste était celle de l’industrie et de l’ingénieur : EDF, SNCF, Aérospatiale. L’économie macroniste est celle de la finance et du trader. L’exemple d’Alstom résume tout. En 2014, Macron ministre laisse General Electric racheter ce fleuron industriel français. GE ferme les usines françaises, délocalise la recherche, brade les brevets.

Sans oublier la fuite en avant diplomatique. Face à la paralysie intérieure (dissolution inutile, trois Premiers ministres, Assemblée ingouvernable), Macron multiplie les envolées internationales. Déclarer la Russie « menace existentielle » ou présenter la Palestine comme une victoire diplomatique relève moins d’une doctrine que d’un théâtre compensatoire.

De Gaulle assumait toute l’histoire de France. Macron pratique une mémoire sélective et culpabilisante. Repentance pour l’Algérie, l’esclavage, la colonisation, mais silence sur les pages glorieuses. De Gaulle avait fait du français la langue de la francophonie mondiale. Macron mélange français et anglais, reçoit les investisseurs en anglais, encourage l’enseignement en anglais dans les universités françaises. Macron a remplacé la « certaine idée de la France » par une « certaine idée de la modernité ». « Startup Nation » : la France n’est plus une patrie millénaire mais une entreprise collective.
L’IMPOSTURE LIBÉRALE Emmanuel Macron jouit depuis 2017 d’une réputation de « libéral » qui défie toute analyse sérieuse. Cette étiquette relève de la mystification politique. Être libéral implique une philosophie cohérente de limitation du pouvoir étatique… ..
L’IMPOSTURE LIBÉRALE Emmanuel Macron jouit depuis 2017 d’une réputation de « libéral » qui défie toute analyse sérieuse. Cette étiquette relève de la mystification politique.

Être libéral implique une philosophie cohérente de limitation du pouvoir étatique, de respect de l’autonomie individuelle et de confiance dans la société civile. Macron incarne l’antithèse parfaite : un étatiste assumé, un centralisateur compulsif, un technocrate autoritaire déguisé en modernisateur.

La France sous Macron atteint 58,8% du PIB de dépenses publiques en 2023, record européen. France 2030 illustre cette dérive dirigiste avec 54 milliards d’euros d’investissement public. L’État choisit souverainement les « technologies d’avenir » : hydrogène, nucléaire, quantique. Cette planification centralisée rappelle les heures dirigistes de la France gaullienne. Concrètement, l’État subventionne massivement Stellantis, renationalise EDF, sauve Atos de la faillite. Le contribuable paie, l’État décide selon sa vision technocratique.

L’arsenal normatif explose parallèlement. Chaque réforme prétendument « libérale » s’accompagne de dizaines de nouvelles obligations. La loi AGEC impose des centaines de contraintes environnementales, la loi PACTE crée de nouveaux contrôles, la loi industrie verte multiplie les obligations sectorielles. Pure bureaucratie modernisée.

Cette inflation réglementaire accompagne une hyper-présidentialisation inédite. Plus des deux tiers des projets de loi adoptés sans vote parlementaire via le 49.3, les ordonnances ou les habilitations. La réforme des retraites imposée au 49.3 malgré l’opposition massive, la loi immigration adoptée avec l’appui du RN, les conseils de défense Covid prenant des décisions majeures dans le secret : un pouvoir qui s’affranchit systématiquement des contre-pouvoirs.

Les libéraux respectent les corps intermédiaires entre l’individu et l’État. Macron les écrase méthodiquement. Syndicats consultés pour la forme puis ignorés, élus locaux humiliés et contournés par les préfets, parlementaires réduits au rôle de chambre d’enregistrement. Cette verticalité s’appuie sur un réseau de cabinets de conseil privés ayant touché plus d’un milliard d’euros de contrats publics. McKinsey, BCG, Roland Berger rédigent les réformes en secret, court-circuitant l’administration et les élus.

Le pass vaccinal symbolise cet autoritarisme : interdire l’accès aux restaurants, cinémas, même hôpitaux selon le statut vaccinal constituait une rupture démocratique qu’aucune autre démocratie libérale n’avait osée. Cette logique du contrôle conditionnel survit avec la vidéosurveillance algorithmique généralisée depuis les JO 2024. L’arsenal répressif s’étoffe : loi sécurité globale interdisant de filmer les policiers, loi séparatisme permettant de dissoudre associations et lieux de culte sur simple soupçon, loi anti-casseurs criminalisant la manifestation.

Cette approche s’enracine dans l’ADN technocratique français que Macron incarne parfaitement : ENA, Inspection des finances, passage chez Rothschild. Sa vision : l’État sait mieux que les citoyens ce qui est bon pour eux. Les marchés doivent être « orientés » par la puissance publique. Ses références ? Steve Jobs plutôt que Benjamin Constant, la Silicon Valley plutôt que Westminster. Macron n’incarne ni le libéralisme économique ni politique. Il représente l’étatisme technocratique français modernisé, héritier de Colbert et Napoléon III.
LE MAQUILLAGE SOCIALISTE
Parce qu’il fut ministre de François Hollande et évoque l’égalité des chances, Emmanuel Macron est parfois présenté comme un « social-démocrate ». Cette lecture repose sur un malentendu fondamental. Le socialisme suppose trois piliers… ..
LE MAQUILLAGE SOCIALISTE

Parce qu’il fut ministre de François Hollande et évoque l’égalité des chances, Emmanuel Macron est parfois présenté comme un « social-démocrate ». Cette lecture repose sur un malentendu fondamental. Le socialisme suppose trois piliers : primauté du collectif sur l’individuel, redistribution active des richesses au nom de la justice sociale, régulation contraignante du capitalisme par la négociation sociale. Sur ces trois plans, Macron fait exactement l’inverse.

Le cœur du socialisme réside dans la critique de l’idéologie méritocratique qui naturalise les inégalités. Macron incarne cette idéologie. Il parle constamment des « premiers de cordée », de « ceux qui réussissent ». Il valorise obsessionnellement la mobilité individuelle, l’effort, la performance. Son lexique puise dans l’ascension personnelle, jamais dans l’égalité réelle. Son mot-clé révélateur : « opportunité », terme anglo-saxon du management entrepreneurial, pas « solidarité » héritée du mouvement ouvrier.

Cette philosophie se traduit concrètement. Chez Macron, on ne supprime pas les inégalités, on donne à chacun sa « chance » de grimper l’échelle sociale. Mais l’échelle reste aussi raide qu’avant. L’une des mesures fondatrices fut la suppression de l’ISF sur les actifs financiers, remplacé par un impôt forfaitaire à 30%. Résultat : baisse d’imposition massive pour les plus fortunés sans effet prouvé sur l’investissement productif. Parallèlement, les taxes indirectes sur l’essence, le tabac, l’énergie ont explosé, pesant davantage sur les classes populaires.

Cette politique fiscale régressive constitue l’exact opposé de ce qu’aurait fait n’importe quel gouvernement socialiste depuis Léon Blum. Jamais la gauche française n’avait osé aller aussi loin dans la désolidarisation entre capital et contribution sociale.

Le socialisme s’est historiquement construit sur le droit du travail comme bouclier collectif. Macron l’a méthodiquement affaibli. Les ordonnances de 2017 ont plafonné les indemnités prud’homales, inversé la hiérarchie des normes, donné primauté à l’accord d’entreprise. La réforme de l’assurance chômage a durci les conditions d’indemnisation, baissé les droits pour les contrats courts, instauré une modulation selon le taux de chômage.

L’école publique constitue historiquement un bastion du socialisme républicain. Macron y applique une logique de performance et de classement, non d’émancipation collective. Expérimentations de groupes de niveau dès le collège, sélection rampante via Parcoursup, renforcement du contrôle hiérarchique des enseignants. Cette école de la compétition permanente, pilotée par des algorithmes et gérée comme une entreprise, forme des individus adaptables aux besoins économiques, pas des citoyens éclairés.

Macron ne supprime pas l’État social, il le reformate en dispositif d’activation individuelle plutôt qu’en filet collectif. RSA conditionné à 15-20 heures d’activité hebdomadaire, réforme des retraites qui rallonge la durée de travail, protection sociale segmentée en primes exceptionnelles et chèques ciblés. Ce modèle d’État social néolibéral vise l’efficacité gestionnaire, pas la justice sociale. Sa communication politique maîtrise parfaitement le vocabulaire de gauche mais le vide de son contenu socialiste. Justice sociale devient égalité des chances, émancipation devient entrepreneuriat de soi, progrès devient innovation technologique.

« Gouverner sans cap, c’est naviguer sans boussole : on impressionne la galerie un temps, puis on s’échoue dans l’Histoire » Charles de Gaulle

LA POLITIQUE SPECTACLE
Emmanuel Macron incarne le politique post-idéologique : ni libéral assumé, ni social-démocrate cohérent, ni gaulliste authentique. Sa méthode repose sur la déconstruction systématique des clivages traditionnels…
LA POLITIQUE SPECTACLE

Emmanuel Macron incarne le politique post-idéologique : ni libéral assumé, ni social-démocrate cohérent, ni gaulliste authentique. Sa méthode repose sur la déconstruction systématique des clivages traditionnels sans reconstruction durable. Il gouverne par négation du passé, jamais par vision d’avenir.

Chaque intervention présidentielle relève de la mise en scène calculée : gestuelle millimétrée, citations philosophiques ornementales, silences dramaturgiques. Macron ne communique pas, il performe. Cette théâtralisation masque une absence fondamentale, celle d’une boussole idéologique claire. Là où de Gaulle incarnait une certaine idée de la France, Macron instrumentalise la France au service d’une ambition européenne elle-même floue.

Son parcours révèle un tacticien de l’instant déguisé en stratège du temps long. Chaque réforme vise la surprise médiatique plutôt que la cohérence programmatique. Il avance par coups, par ruptures, jamais par construction patiente. L’Europe devient son alibi : projet suffisamment grandiose pour justifier l’inconsistance nationale, suffisamment vague pour éviter les engagements précis. Dans cette vision, la France n’est plus une fin mais un levier de stature personnelle.

Cette posture révèle l’hubris classique : la conviction de pouvoir réconcilier tous les contraires sans jamais choisir. Macron croit transcender les oppositions historiques quand il ne fait que les dissoudre dans l’indifférenciation. La « complexité » qu’il revendique cache l’incapacité à trancher, l’indécision travestie en sophistication. Le résultat s’impose : un champ de ruines intellectuelles sur lequel aucune synthèse durable ne s’édifie.

Sa méthode politique repose sur l’art de la captation sémantique. Il emprunte le vocabulaire de chaque famille politique pour mieux en détourner le sens. Aux libéraux, il prend le lexique de la modernisation. Aux socialistes, celui de la justice sociale. Aux gaullistes, celui de la grandeur. Mais ces emprunts demeurent cosmétiques, jamais substantiels. Cette technique lui permet de séduire momentanément chaque électorat tout en décevant systématiquement ses attentes.

Au terme de ce processus, Macron n’est plus l’homme d’un projet collectif mais l’acteur principal de son propre récit. Il ne cherche pas l’adhésion populaire mais l’admiration intellectuelle. Il veut être perçu comme un penseur en action, un « chef d’orchestre du réel ». Cette séduction de soi-même le conduit inexorablement vers l’isolement : quand on déconstruit tout sans rien reconstruire, quand on privilégie l’image sur la trace, on finit effectivement seul en scène

Macron représente moins la synthèse des familles politiques que leur dissolution. Moins l’héritier de de Gaulle que le fossoyeur de l’idée gaullienne. Moins l’homme d’État que l’homme de théâtre égaré dans l’Histoire. Il incarne une époque de transition où les anciens clivages s’effacent sans que de nouveaux émergent, où la politique devient spectacle et le spectacle devient politique. Dans cette confusion généralisée, Macron excelle : il est le maître du flou, le virtuose de l’ambiguïté, l’artiste de l’inconsistance assumée.

« La politique, c’est l’art de rendre possible ce qui est nécessaire »* Richelieu

Macron a inversé la formule : il rend spectaculaire ce qui est accessoire. Virtuose de l’opportunisme tactique, il incarne l’impuissance stratégique d’une France qui a renoncé à choisir son destin. Derrière le vernis technocratique et les envolées européennes se dessine le portrait d’un pays en panne de projet, dirigé par un homme en quête perpétuelle de rôle.

L’histoire jugera sévèrement cette décennie d’illusions perdues et d’occasions manquées.

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