UN SUJET · DES FAITS · DES IDÉES · LE DÉBAT · UN ÉDITO
17 FÉVRIER 2026
LIBÉRALISME : LE GROS MOT
La France consacre 57,2 % de son PIB à la dépense publique — la plus élevée d’Europe avec la Finlande. Ses prélèvements obligatoires dépassent 44 % du PIB, contre 34 % en moyenne dans l’OCDE. Sa dette publique atteint 114 % du PIB….
La France consacre 57,2 % de son PIB à la dépense publique — la plus élevée d’Europe avec la Finlande. Ses prélèvements obligatoires dépassent 44 % du PIB, contre 34 % en moyenne dans l’OCDE. Sa dette publique atteint 114 % du PIB. Et pourtant : chômage des jeunes à 18 %, croissance atone, défaillances d’entreprises en hausse de 36 % en deux ans, 900 000 Français expatriés.
La France persiste à croire que l’État peut tout : produire, distribuer, protéger, éduquer, guérir.. voire même, créer la richesse. Cette confiance séculaire dans l’appareil public s’inscrit dans une histoire jacobine, centralisatrice, méfiante envers les « intérêts particuliers ». Depuis Colbert, depuis Napoléon, c’est l’État qui organise, corrige et pense pour tous.
Le libéralisme — liberté d’entreprendre, bienfaits du marché et de la concurrence, responsabilité individuelle, valorisation du risque et de l’entreprise — reste un gros mot dans l’opinion. Seuls 13 % des Français se déclarent favorables à une réduction du rôle de l’État dans l’économie. La réussite est suspecte, le capital diabolisé, l’entreprise vue comme un lieu d’exploitation plutôt que de création.
Or des pays ayant libéré l’initiative — y compris les social-démocraties nordiques — affichent de meilleurs résultats sur presque tous les indicateurs : chômage deux fois plus faible, confiance dans les institutions plus élevée, innovation plus dynamique. La France peut-elle se permettre de continuer à mépriser ce qui fait la prospérité de ses pairs ? Ou bien le modèle français a-t-il des vertus insoupçonnées que les comparaisons macro-économiques ne capturent pas ?
La France persiste à croire que l’État peut tout : produire, distribuer, protéger, éduquer, guérir.. voire même, créer la richesse. Cette confiance séculaire dans l’appareil public s’inscrit dans une histoire jacobine, centralisatrice, méfiante envers les « intérêts particuliers ». Depuis Colbert, depuis Napoléon, c’est l’État qui organise, corrige et pense pour tous.
Le libéralisme — liberté d’entreprendre, bienfaits du marché et de la concurrence, responsabilité individuelle, valorisation du risque et de l’entreprise — reste un gros mot dans l’opinion. Seuls 13 % des Français se déclarent favorables à une réduction du rôle de l’État dans l’économie. La réussite est suspecte, le capital diabolisé, l’entreprise vue comme un lieu d’exploitation plutôt que de création.
Or des pays ayant libéré l’initiative — y compris les social-démocraties nordiques — affichent de meilleurs résultats sur presque tous les indicateurs : chômage deux fois plus faible, confiance dans les institutions plus élevée, innovation plus dynamique. La France peut-elle se permettre de continuer à mépriser ce qui fait la prospérité de ses pairs ? Ou bien le modèle français a-t-il des vertus insoupçonnées que les comparaisons macro-économiques ne capturent pas ?
FAITS ET CHIFFRES. La dépense publique française atteint 57,2 % du PIB en 2024, deuxième d’Europe derrière la Finlande (57,6 %), devant la Belgique (54,5 %). La moyenne de la zone euro s’établit à 49,6 %. La France était première en 2023 avec un écart de 9,3 points par rapport à la moyenne de la zone euro hors France….
FAITS ET CHIFFRES. La dépense publique française atteint 57,2 % du PIB en 2024, deuxième d’Europe derrière la Finlande (57,6 %), devant la Belgique (54,5 %). La moyenne de la zone euro s’établit à 49,6 %. La France était première en 2023 avec un écart de 9,3 points par rapport à la moyenne de la zone euro hors France. Le taux de prélèvements obligatoires français dépasse 44 % du PIB, contre environ 34 % en moyenne dans l’OCDE.
La dette publique française atteint 114,1 % du PIB au premier trimestre 2025, troisième taux le plus élevé en zone euro, derrière l’Italie (137,8 %) et la Grèce (152,5 %). En valeur absolue, la France détient la dette publique la plus élevée de la zone euro : 3 345 milliards d’euros, devant l’Italie (3 033 milliards). Le déficit public français s’établit à 5,8 % du PIB en 2024.
Le chômage des 15-24 ans atteint 18,1 % en France en décembre 2025, contre 6,8 % en Allemagne, 9,2 % aux Pays-Bas. Le taux de chômage global français s’établit à 7,9 % fin 2025, contre 3,9 % en Allemagne. L’écart est particulièrement frappant sur le chômage des jeunes : trois fois moins en Allemagne qu’en France.
Les créations d’entreprises ont reculé de 6,5 % au premier semestre 2024. Les défaillances ont bondi de 36 % entre 2022 et 2024. 53 % des Français estiment que « les entreprises ne se soucient que de leurs profits », contre 28 % en Allemagne. La productivité horaire française, longtemps l’une des plus élevées d’Europe, stagne depuis 2017.
Les pays nordiques combinent État-providence fort et économie libérale. La Suède a privatisé des pans entiers de la santé et de l’éducation depuis les années 1990. Le Danemark pratique la « flexisécurité » : licenciement facile, indemnisation généreuse, reconversion intensive. Ces pays figurent dans le top 10 de l’Index de liberté économique de Heritage Foundation. Le chômage y est structurellement deux fois plus faible qu’en France. 62 % des Suisses font confiance à leur gouvernement, contre 26 % des Français.
Dans l’Index de liberté économique 2024, Singapour occupe la première place, la Suisse la deuxième, la Nouvelle-Zélande la troisième. La France se classe au-delà de la 50ᵉ place. Les États-Unis, avec un impôt fédéral sur les sociétés à 21 %, attirent environ un quart des investissements directs étrangers mondiaux. Mais ils présentent aussi des inégalités de revenus parmi les plus élevées de l’OCDE. 900 000 Français vivent à l’étranger, dont une proportion croissante de diplômés et d’entrepreneurs.
La dette publique française atteint 114,1 % du PIB au premier trimestre 2025, troisième taux le plus élevé en zone euro, derrière l’Italie (137,8 %) et la Grèce (152,5 %). En valeur absolue, la France détient la dette publique la plus élevée de la zone euro : 3 345 milliards d’euros, devant l’Italie (3 033 milliards). Le déficit public français s’établit à 5,8 % du PIB en 2024.
Le chômage des 15-24 ans atteint 18,1 % en France en décembre 2025, contre 6,8 % en Allemagne, 9,2 % aux Pays-Bas. Le taux de chômage global français s’établit à 7,9 % fin 2025, contre 3,9 % en Allemagne. L’écart est particulièrement frappant sur le chômage des jeunes : trois fois moins en Allemagne qu’en France.
Les créations d’entreprises ont reculé de 6,5 % au premier semestre 2024. Les défaillances ont bondi de 36 % entre 2022 et 2024. 53 % des Français estiment que « les entreprises ne se soucient que de leurs profits », contre 28 % en Allemagne. La productivité horaire française, longtemps l’une des plus élevées d’Europe, stagne depuis 2017.
Les pays nordiques combinent État-providence fort et économie libérale. La Suède a privatisé des pans entiers de la santé et de l’éducation depuis les années 1990. Le Danemark pratique la « flexisécurité » : licenciement facile, indemnisation généreuse, reconversion intensive. Ces pays figurent dans le top 10 de l’Index de liberté économique de Heritage Foundation. Le chômage y est structurellement deux fois plus faible qu’en France. 62 % des Suisses font confiance à leur gouvernement, contre 26 % des Français.
Dans l’Index de liberté économique 2024, Singapour occupe la première place, la Suisse la deuxième, la Nouvelle-Zélande la troisième. La France se classe au-delà de la 50ᵉ place. Les États-Unis, avec un impôt fédéral sur les sociétés à 21 %, attirent environ un quart des investissements directs étrangers mondiaux. Mais ils présentent aussi des inégalités de revenus parmi les plus élevées de l’OCDE. 900 000 Français vivent à l’étranger, dont une proportion croissante de diplômés et d’entrepreneurs.
FLIP : POUR UN LIBÉRALISME À LA FRANÇAISE… Il faut cesser de caricaturer le libéralisme comme un démantèlement de l’État social et cesser de sacraliser un appareil public dont l’obésité nuit à ceux qu’il prétend protéger….
FLIP : POUR UN LIBÉRALISME À LA FRANÇAISE… Il faut cesser de caricaturer le libéralisme comme un démantèlement de l’État social et cesser de sacraliser un appareil public dont l’obésité nuit à ceux qu’il prétend protéger.
Le libéralisme n’est pas la loi du plus fort qui écrase les faibles. C’est ce qu’ont démontré Adam Smith dans La Richesse des Nations, Friedrich Hayek dans La Route de la servitude, et Milton Friedman dans Capitalisme et Liberté. Le libéralisme, c’est la loi du meilleur : celle qui récompense l’innovation, la prise de risque calculée, la création de valeur. C’est l’essence même de l’être humain, aussi incontournable que la gravité, un système naturel d’incitations où chacun contribue au bien commun en poursuivant son intérêt propre — ce que Smith appelait la « main invisible ».
Comme l’écrivait Hayek, le véritable ennemi de la liberté c’est l’arrogance planificatrice qui croit pouvoir organiser la société mieux que ne le feraient les millions de décisions individuelles. Le marché n’est pas parfait, mais il est le meilleur système d’allocation de ressources jamais inventé : chaque prix, chaque transaction, chaque innovation révèle des informations que nul planificateur central ne pourrait anticiper.
La Suède consacre une part comparable de son PIB à la protection sociale — mais elle a libéralisé les marchés du travail, de l’éducation et de la santé. Le Danemark protège les travailleurs, pas les emplois : on peut licencier facilement, mais les indemnités sont généreuses et la reconversion est un droit effectif. Le chômage structurel y est deux fois plus faible qu’en France, l’innovation plus dynamique, la confiance dans les institutions nettement supérieure.
Le mal français est celui d’un appareil administratif qui contrôle plus qu’il n’accompagne. Un Code du travail de plus de 3 000 pages qui protège ceux qui ont un emploi au détriment de ceux qui en cherchent un. Une fiscalité qui taxe l’effort et subventionne l’inertie. Un taux marginal d’imposition combiné pour un cadre supérieur qui dépasse 55 %, charges comprises — le plus élevé de l’OCDE.
Comme le soulignait Schumpeter, le capitalisme avance par « destruction créatrice » : les entreprises inefficaces disparaissent pour laisser place aux innovantes. Protéger les premières contre les secondes, c’est figer la société dans le passé. Le libéralisme rend possible la solidarité. Car sans création de richesse, il n’y a rien à redistribuer.
La France dispose d’atouts considérables : un tissu d’ingénieurs et de chercheurs de premier plan, une démographie fragile mais plus dynamique que la plupart de ses voisins européens, des infrastructures de qualité. La productivité horaire française reste parmi les meilleures d’Europe. Son système de santé, malgré ses tensions, offre un accès universel.
Ce qui manque, c’est l’oxygène. Simplifier l’administration, réduire les délais de création d’entreprise, rendre la fiscalité lisible et prévisible, libérer les énergies productives tout en protégeant les plus fragiles. Un État concentré sur ses missions régaliennes : éducation, justice, sécurité, infrastructures, recherche fondamentale. Un État qui fait confiance aux forces vives du pays, qui promeut la liberté d’entreprendre et célèbre la réussite sans arrière-pensées. Comme l’écrivait Tocqueville, un État protecteur fabrique des citoyens passifs et dépendants — un peuple qui échange sa liberté contre sa sécurité finit par n’avoir ni l’une ni l’autre.
Le libéralisme n’est pas la loi du plus fort qui écrase les faibles. C’est ce qu’ont démontré Adam Smith dans La Richesse des Nations, Friedrich Hayek dans La Route de la servitude, et Milton Friedman dans Capitalisme et Liberté. Le libéralisme, c’est la loi du meilleur : celle qui récompense l’innovation, la prise de risque calculée, la création de valeur. C’est l’essence même de l’être humain, aussi incontournable que la gravité, un système naturel d’incitations où chacun contribue au bien commun en poursuivant son intérêt propre — ce que Smith appelait la « main invisible ».
Comme l’écrivait Hayek, le véritable ennemi de la liberté c’est l’arrogance planificatrice qui croit pouvoir organiser la société mieux que ne le feraient les millions de décisions individuelles. Le marché n’est pas parfait, mais il est le meilleur système d’allocation de ressources jamais inventé : chaque prix, chaque transaction, chaque innovation révèle des informations que nul planificateur central ne pourrait anticiper.
La Suède consacre une part comparable de son PIB à la protection sociale — mais elle a libéralisé les marchés du travail, de l’éducation et de la santé. Le Danemark protège les travailleurs, pas les emplois : on peut licencier facilement, mais les indemnités sont généreuses et la reconversion est un droit effectif. Le chômage structurel y est deux fois plus faible qu’en France, l’innovation plus dynamique, la confiance dans les institutions nettement supérieure.
Le mal français est celui d’un appareil administratif qui contrôle plus qu’il n’accompagne. Un Code du travail de plus de 3 000 pages qui protège ceux qui ont un emploi au détriment de ceux qui en cherchent un. Une fiscalité qui taxe l’effort et subventionne l’inertie. Un taux marginal d’imposition combiné pour un cadre supérieur qui dépasse 55 %, charges comprises — le plus élevé de l’OCDE.
Comme le soulignait Schumpeter, le capitalisme avance par « destruction créatrice » : les entreprises inefficaces disparaissent pour laisser place aux innovantes. Protéger les premières contre les secondes, c’est figer la société dans le passé. Le libéralisme rend possible la solidarité. Car sans création de richesse, il n’y a rien à redistribuer.
La France dispose d’atouts considérables : un tissu d’ingénieurs et de chercheurs de premier plan, une démographie fragile mais plus dynamique que la plupart de ses voisins européens, des infrastructures de qualité. La productivité horaire française reste parmi les meilleures d’Europe. Son système de santé, malgré ses tensions, offre un accès universel.
Ce qui manque, c’est l’oxygène. Simplifier l’administration, réduire les délais de création d’entreprise, rendre la fiscalité lisible et prévisible, libérer les énergies productives tout en protégeant les plus fragiles. Un État concentré sur ses missions régaliennes : éducation, justice, sécurité, infrastructures, recherche fondamentale. Un État qui fait confiance aux forces vives du pays, qui promeut la liberté d’entreprendre et célèbre la réussite sans arrière-pensées. Comme l’écrivait Tocqueville, un État protecteur fabrique des citoyens passifs et dépendants — un peuple qui échange sa liberté contre sa sécurité finit par n’avoir ni l’une ni l’autre.
FLAP : LE LIBÉRALISME PROFITE AUX PUISSANTS… Le discours libéral séduit par sa simplicité : libérez les forces du marché, et la prospérité suivra. Pourtant, l’histoire récente est autre….
FLAP : LE LIBÉRALISME PROFITE AUX PUISSANTS… Le discours libéral séduit par sa simplicité : libérez les forces du marché, et la prospérité suivra. Pourtant, l’histoire récente est autre. Le Royaume-Uni post-Thatcher est le laboratoire le plus abouti du libéralisme européen. Aujourd’hui, les inégalités sont parmi les plus élevées d’Europe occidentale, le NHS est en ruine, les services publics dégradés, le Brexit porté par la colère des « laissés-pour-compte » de la libéralisation. Les levées de fonds et les produits financiers des banques londoniennes n’ont pas compensé l’effondrement du tissu industriel des Midlands.
Les États-Unis, autre modèle souvent invoqué, affichent un PIB impressionnant — mais 44 millions d’Américains vivent avec une dette étudiante écrasante, 27 millions n’ont pas d’assurance maladie, et l’espérance de vie recule depuis 2014. La liberté économique américaine a produit des géants technologiques — et une classe moyenne en déclin. Le taux de pauvreté des plus de 65 ans est de 23 % aux États-Unis, contre 10 % en France.
Le Chili, jadis présenté comme le miracle libéral latino-américain, a explosé socialement en 2019 — des millions de personnes dans la rue pour réclamer des services publics, des retraites dignes, un accès à la santé. La Suède elle-même, tant vantée pour ses réformes libérales, a connu l’augmentation des inégalités la plus rapide de tous les pays de l’OCDE depuis les années 1990. Son système de chèques scolaires, introduit en 1992, a produit une ségrégation accrue des écoles dont les élèves les plus défavorisés paient le prix.
En France, la dépense publique élevée finance un système de santé qui reste parmi les meilleurs du monde en termes d’accès, un système de retraites qui maintient les seniors hors de la pauvreté, et des infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications de premier plan. Ces acquis sont le produit d’un choix collectif assumé.
Le vrai problème c’est l’insuffisance de l’investissement productif privé, la financiarisation de l’économie et la captation des gains de productivité par les actionnaires plutôt que par les salariés. Les théories libérales — de Smith à Friedman — promettent que la prospérité « ruisselle » du haut vers le bas. Quarante ans d’expérience montrent une réalité inverse : les riches s’enrichissent, les inégalités explosent, et les classes moyennes stagnent.
Les États-Unis, autre modèle souvent invoqué, affichent un PIB impressionnant — mais 44 millions d’Américains vivent avec une dette étudiante écrasante, 27 millions n’ont pas d’assurance maladie, et l’espérance de vie recule depuis 2014. La liberté économique américaine a produit des géants technologiques — et une classe moyenne en déclin. Le taux de pauvreté des plus de 65 ans est de 23 % aux États-Unis, contre 10 % en France.
Le Chili, jadis présenté comme le miracle libéral latino-américain, a explosé socialement en 2019 — des millions de personnes dans la rue pour réclamer des services publics, des retraites dignes, un accès à la santé. La Suède elle-même, tant vantée pour ses réformes libérales, a connu l’augmentation des inégalités la plus rapide de tous les pays de l’OCDE depuis les années 1990. Son système de chèques scolaires, introduit en 1992, a produit une ségrégation accrue des écoles dont les élèves les plus défavorisés paient le prix.
En France, la dépense publique élevée finance un système de santé qui reste parmi les meilleurs du monde en termes d’accès, un système de retraites qui maintient les seniors hors de la pauvreté, et des infrastructures de transport, d’énergie et de télécommunications de premier plan. Ces acquis sont le produit d’un choix collectif assumé.
Le vrai problème c’est l’insuffisance de l’investissement productif privé, la financiarisation de l’économie et la captation des gains de productivité par les actionnaires plutôt que par les salariés. Les théories libérales — de Smith à Friedman — promettent que la prospérité « ruisselle » du haut vers le bas. Quarante ans d’expérience montrent une réalité inverse : les riches s’enrichissent, les inégalités explosent, et les classes moyennes stagnent.
FLOP : L’ ETAT NOUNOU… Pour beaucoup, personne d’autre que l’Etat ne peut protéger chacun aussi bien….
FLOP : L’ ETAT NOUNOU… Pour beaucoup, personne d’autre que l’Etat ne peut protéger chacun aussi bien.
Le libéralisme est un gros mot. On se méfie de l’entreprise, de la concurrence et du secteur privé. Mais on veut un patron humain et compréhensif, des horaires adaptés, si possible un maximum de télétravail, une profession épanouissante, un salaire garanti, un avenir subventionné, et la retraite à 60 ans. On fantasme sur les licornes américaines mais on vilipende les entrepreneurs qui réussissent ici. On rêve de la Silicon Valley mais on conspue le capital investissement. On envie le plein emploi suisse mais on refuse de toucher au Code du travail.
Cette schizophrénie est la vraie “exception française”. La dette explose, la croissance stagne, les services publics se dégradent malgré des budgets records. Mais on refuse obstinément de changer quoi que ce soit de structurel. Chaque réforme provoque des grèves, chaque simplification est vécue comme une régression, chaque libéralisation dénoncée comme un « cadeau aux riches ». Ce paradoxe du “en même temps” permanent traverse toute la société. 76 % des Français déclarent accorder de l’importance aux méthodes de production respectueuses de l’environnement, mais 56 % refusent de payer plus cher. Nous voulons plus de richesse, mais nous nous méfions de ceux qui la créent. Nous voulons l’innovation, mais nous sanctuarisons les rentes. Nous voulons la prospérité, mais nous criminalisons le profit.
Pourtant, le libéralisme n’est pas la loi de la jungle. C’est la loi du mérite. Comme l’expliquait Robert Nozick dans Anarchie, État et utopie, la justice ne consiste pas à égaliser les résultats, mais à garantir l’équité des procédures. Chacun doit avoir sa chance — mais pas le droit d’exiger le même résultat que celui qui a pris des risques, travaillé plus dur, ou innové.
Le véritable danger, c’est l’entre-deux paralysant dans lequel la France est installée : assez de marché pour ne pas sombrer, assez d’État pour ne rien changer, et juste ce qu’il faut de dette pour repousser l’addition. Tocqueville avait prévenu : un État protecteur fabrique des citoyens dépendants. Un peuple qui échange sa liberté contre sa sécurité finit par n’avoir ni l’une ni l’autre. Tant qu’on confondra égalité et nivellement, mérite et passe-droit, solidarité et assistanat, les Schumpeter de ce monde iront créer ailleurs.
Le libéralisme est un gros mot. On se méfie de l’entreprise, de la concurrence et du secteur privé. Mais on veut un patron humain et compréhensif, des horaires adaptés, si possible un maximum de télétravail, une profession épanouissante, un salaire garanti, un avenir subventionné, et la retraite à 60 ans. On fantasme sur les licornes américaines mais on vilipende les entrepreneurs qui réussissent ici. On rêve de la Silicon Valley mais on conspue le capital investissement. On envie le plein emploi suisse mais on refuse de toucher au Code du travail.
Cette schizophrénie est la vraie “exception française”. La dette explose, la croissance stagne, les services publics se dégradent malgré des budgets records. Mais on refuse obstinément de changer quoi que ce soit de structurel. Chaque réforme provoque des grèves, chaque simplification est vécue comme une régression, chaque libéralisation dénoncée comme un « cadeau aux riches ». Ce paradoxe du “en même temps” permanent traverse toute la société. 76 % des Français déclarent accorder de l’importance aux méthodes de production respectueuses de l’environnement, mais 56 % refusent de payer plus cher. Nous voulons plus de richesse, mais nous nous méfions de ceux qui la créent. Nous voulons l’innovation, mais nous sanctuarisons les rentes. Nous voulons la prospérité, mais nous criminalisons le profit.
Pourtant, le libéralisme n’est pas la loi de la jungle. C’est la loi du mérite. Comme l’expliquait Robert Nozick dans Anarchie, État et utopie, la justice ne consiste pas à égaliser les résultats, mais à garantir l’équité des procédures. Chacun doit avoir sa chance — mais pas le droit d’exiger le même résultat que celui qui a pris des risques, travaillé plus dur, ou innové.
Le véritable danger, c’est l’entre-deux paralysant dans lequel la France est installée : assez de marché pour ne pas sombrer, assez d’État pour ne rien changer, et juste ce qu’il faut de dette pour repousser l’addition. Tocqueville avait prévenu : un État protecteur fabrique des citoyens dépendants. Un peuple qui échange sa liberté contre sa sécurité finit par n’avoir ni l’une ni l’autre. Tant qu’on confondra égalité et nivellement, mérite et passe-droit, solidarité et assistanat, les Schumpeter de ce monde iront créer ailleurs.
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre. Il finit par perdre les deux »... « Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre. Il finit par perdre les deux »
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre. Il finit par perdre les deux »...
« Un peuple prêt à sacrifier un peu de liberté pour un peu de sécurité ne mérite ni l'une ni l'autre. Il finit par perdre les deux »
POUR ALLER PLUS LOIN… En France, le débat sur le libéralisme oscille entre deux caricatures. D’un côté, les apôtres du marché qui présentent la dérégulation comme une panacée en oubliant que les pays les plus libéraux sont aussi souvent les plus inégalitaires….
POUR ALLER PLUS LOIN… En France, le débat sur le libéralisme oscille entre deux caricatures. D’un côté, les apôtres du marché qui présentent la dérégulation comme une panacée en oubliant que les pays les plus libéraux sont aussi souvent les plus inégalitaires. De l’autre, les défenseurs de l’État qui sanctuarisent un modèle dont les résultats se dégradent année après année en refusant toute remise en question.
Le malentendu tient à la confusion entre libéralisme et darwinisme social. Adam Smith, père du libéralisme moderne, n’a jamais prôné la loi du plus fort. Dans la Théorie des sentiments moraux, il insistait sur l’empathie et la justice comme fondements de toute société prospère. Le marché est un moyen, pas une fin, qui permet à chacun de contribuer au bien commun en poursuivant son intérêt. Hayek, dans La Route de la servitude, ne défendait pas l’égoïsme, mais alertait sur les dangers de la planification centralisée : lorsque l’État décide de tout, il finit par étouffer l’innovation et la liberté. C’est un plaidoyer pour un État limité à ses missions essentielles — celles où il est irremplaçable. Friedman, dans Capitalisme et Liberté, montrait que la liberté économique est la condition de la liberté politique : un État qui contrôle l’économie finit par contrôler les esprits.
Le libéralisme authentique reconnaît le rôle de l’État dans la correction des défaillances du marché : externalités, biens publics, asymétries d’information, monopoles naturels. Mais il refuse l’illusion planificatrice qui croit pouvoir remplacer des millions de décisions individuelles par les directives d’une bureaucratie centrale.
En vérité, les pays qui fonctionnent le mieux ont trouvé un subtil équilibre entre libéralisme et étatisme. Les pays nordiques dépensent autant que la France en protection sociale — mais ils ont libéralisé leurs marchés du travail, ouvert leurs économies à la concurrence, simplifié leur fiscalité. Ils combinent un filet de sécurité solide avec une liberté économique réelle. La France fait l’inverse : elle réglemente beaucoup et protège mal.
Le Code du travail français fait plus de 3 000 pages — celui du Danemark tient en quelques dizaines. Les délais de jugement prud’homal dépassent quinze mois en moyenne. Le taux marginal d’imposition combiné pour un cadre supérieur français dépasse 55 %, charges comprises — le plus élevé de l’OCDE. Ce sont des faits, pas des opinions. Et ils ont des conséquences : 900 000 Français vivent à l’étranger, dont une proportion croissante de diplômés et d’entrepreneurs.
La France n’a pas besoin de devenir l’Amérique. Elle a besoin de devenir le Danemark — avec le soleil en plus. Un pays où l’État est fort parce qu’il est ciblé, où la liberté économique est réelle parce qu’elle s’accompagne d’une vraie solidarité, où l’entrepreneur est célébré parce que sa réussite profite à tous.
Cela suppose de sortir de l’idéologie : accepter que certaines protections sont devenues des privilèges, que certaines dépenses publiques sont devenues des rentes, que le statu quo n’est pas la sécurité mais le déclin à crédit.
Les pistes sont connues. Introduire une proportionnelle à 30 % des sièges pour renouveler la représentation politique. Créer un référendum d’initiative citoyenne encadré pour redonner du pouvoir aux citoyens. Rendre incompatible haute fonction publique et mandat électif pour briser l’entre-soi. Simplifier radicalement le Code du travail en s’inspirant des modèles nordiques. Réformer la fiscalité pour qu’elle récompense l’effort plutôt que de le punir. Concentrer la dépense publique sur les missions essentielles.
Schumpeter appelait cela la « destruction créatrice » : le progrès naît de la capacité d’une société à déconstruire ce qui ne fonctionne plus pour faire naître ce qui fonctionne mieux. La France fait l’inverse. Elle excelle dans l’art de maintenir en vie ce qui ne fonctionne plus et a du mal avec ce qui vient après.
Le FMI prévoit une croissance de 0,6 % pour la France en 2025, après 1,1 % en 2024. Les perspectives sont atones. Le déficit reste à 5,8 % du PIB. La dette continue d’augmenter. Chaque année qui passe sans réforme structurelle rend la transition plus difficile, plus douloureuse, plus risquée. Le débat sur le libéralisme est donc devenu existentiel. Il engage notre capacité collective à nous adapter, à innover, à prospérer dans un monde qui ne nous attendra pas.
Le malentendu tient à la confusion entre libéralisme et darwinisme social. Adam Smith, père du libéralisme moderne, n’a jamais prôné la loi du plus fort. Dans la Théorie des sentiments moraux, il insistait sur l’empathie et la justice comme fondements de toute société prospère. Le marché est un moyen, pas une fin, qui permet à chacun de contribuer au bien commun en poursuivant son intérêt. Hayek, dans La Route de la servitude, ne défendait pas l’égoïsme, mais alertait sur les dangers de la planification centralisée : lorsque l’État décide de tout, il finit par étouffer l’innovation et la liberté. C’est un plaidoyer pour un État limité à ses missions essentielles — celles où il est irremplaçable. Friedman, dans Capitalisme et Liberté, montrait que la liberté économique est la condition de la liberté politique : un État qui contrôle l’économie finit par contrôler les esprits.
Le libéralisme authentique reconnaît le rôle de l’État dans la correction des défaillances du marché : externalités, biens publics, asymétries d’information, monopoles naturels. Mais il refuse l’illusion planificatrice qui croit pouvoir remplacer des millions de décisions individuelles par les directives d’une bureaucratie centrale.
En vérité, les pays qui fonctionnent le mieux ont trouvé un subtil équilibre entre libéralisme et étatisme. Les pays nordiques dépensent autant que la France en protection sociale — mais ils ont libéralisé leurs marchés du travail, ouvert leurs économies à la concurrence, simplifié leur fiscalité. Ils combinent un filet de sécurité solide avec une liberté économique réelle. La France fait l’inverse : elle réglemente beaucoup et protège mal.
Le Code du travail français fait plus de 3 000 pages — celui du Danemark tient en quelques dizaines. Les délais de jugement prud’homal dépassent quinze mois en moyenne. Le taux marginal d’imposition combiné pour un cadre supérieur français dépasse 55 %, charges comprises — le plus élevé de l’OCDE. Ce sont des faits, pas des opinions. Et ils ont des conséquences : 900 000 Français vivent à l’étranger, dont une proportion croissante de diplômés et d’entrepreneurs.
La France n’a pas besoin de devenir l’Amérique. Elle a besoin de devenir le Danemark — avec le soleil en plus. Un pays où l’État est fort parce qu’il est ciblé, où la liberté économique est réelle parce qu’elle s’accompagne d’une vraie solidarité, où l’entrepreneur est célébré parce que sa réussite profite à tous.
Cela suppose de sortir de l’idéologie : accepter que certaines protections sont devenues des privilèges, que certaines dépenses publiques sont devenues des rentes, que le statu quo n’est pas la sécurité mais le déclin à crédit.
Les pistes sont connues. Introduire une proportionnelle à 30 % des sièges pour renouveler la représentation politique. Créer un référendum d’initiative citoyenne encadré pour redonner du pouvoir aux citoyens. Rendre incompatible haute fonction publique et mandat électif pour briser l’entre-soi. Simplifier radicalement le Code du travail en s’inspirant des modèles nordiques. Réformer la fiscalité pour qu’elle récompense l’effort plutôt que de le punir. Concentrer la dépense publique sur les missions essentielles.
Schumpeter appelait cela la « destruction créatrice » : le progrès naît de la capacité d’une société à déconstruire ce qui ne fonctionne plus pour faire naître ce qui fonctionne mieux. La France fait l’inverse. Elle excelle dans l’art de maintenir en vie ce qui ne fonctionne plus et a du mal avec ce qui vient après.
Le FMI prévoit une croissance de 0,6 % pour la France en 2025, après 1,1 % en 2024. Les perspectives sont atones. Le déficit reste à 5,8 % du PIB. La dette continue d’augmenter. Chaque année qui passe sans réforme structurelle rend la transition plus difficile, plus douloureuse, plus risquée. Le débat sur le libéralisme est donc devenu existentiel. Il engage notre capacité collective à nous adapter, à innover, à prospérer dans un monde qui ne nous attendra pas.
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