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18 FÉVRIER 2026

S'INFORMER JUSQU'À L'ÉPUISEMENT

331 emails par semaine pour un dirigeant. 135 pour un salarié moyen. Une interruption toutes les six minutes. Quatre heures d’écran par jour pour un usage personnel — un quart du temps éveillé. Et 54 % des Français qui se déclarent fatigués de l’information….
331 emails par semaine pour un dirigeant. 135 pour un salarié moyen. Une interruption toutes les six minutes. Quatre heures d’écran par jour pour un usage personnel — un quart du temps éveillé. Et 54 % des Français qui se déclarent fatigués de l’information. Ces chiffres ne décrivent pas une dérive passagère. Ils décrivent une société qui s’intoxique à ce qu’elle a de plus précieux : le savoir.

L’infobésité — ce néologisme formé d’information et d’obésité — désigne la surcharge cognitive produite par un flux que l’on ne parvient plus à traiter. Sénèque, il y a deux mille ans, prévenait déjà : la multiplicité des livres est une surcharge plus qu’un aliment pour l’esprit. Mais à l’ère du smartphone, des notifications permanentes et de la Fear Of Missing Out, le phénomène atteint une dimension inédite. Ce déluge numérique produit un paradoxe vertigineux : plus on consomme d’informations, moins on les traite. Plus on se connecte, plus on se déconnecte de soi. Plus on veut tout savoir, moins on comprend.

Le droit à la déconnexion existe en France depuis 2016. Mais 24 % des salariés consultent leurs emails en vacances. Un sur deux estime que son manager ne respecte pas ce droit. Et 42 % des Français jugent leur temps d’écran excessif — un chiffre qui grimpe à 61 % chez les 18-24 ans. Nous légiférons sur la déconnexion tout en nous reconnectant compulsivement. Nous dénonçons la surcharge tout en consultant notre téléphone cinquante-huit fois par jour. Nous savons que cela nous épuise, et nous recommençons.

L’intelligence artificielle devait nous libérer de ce déluge. Elle l’amplifie. 77 % des salariés utilisant l’IA déclarent une augmentation de leur charge de travail. L’outil censé filtrer l’information en produit davantage. Le paradoxe de Jevons à l’œuvre : chaque gain d’efficacité ouvre de nouveaux usages, qui génèrent de nouvelles surcharges.

Pourquoi consentons-nous à cette infobésité ? Pourquoi rester connecté alors que cela nous épuise ? Pourquoi consulter ses notifications alors qu’elles nous interrompent ? Pourquoi ce besoin d’information alors qu’il nous rend moins intelligents ?
FAITS & CHIFFRES.. En 2024, l’Observatoire de l’Infobésité et de la Collaboration Numérique (OICN) a analysé 190 millions de métadonnées d’emails et 3 millions de métadonnées de réunions provenant de 17 000 personnes. Un salarié français reçoit en moyenne 135 emails par semaine. Un manager : 205. Un dirigeant : 342….
FAITS & CHIFFRES.. En 2024, l’Observatoire de l’Infobésité et de la Collaboration Numérique (OICN) a analysé 190 millions de métadonnées d’emails et 3 millions de métadonnées de réunions provenant de 17 000 personnes.
Un salarié français reçoit en moyenne 135 emails par semaine. Un manager : 205. Un dirigeant : 342. 69 % des dirigeants en reçoivent plus de 250. 30 % des emails professionnels sont dus à l’usage de la mise en copie. Les emails reçoivent une réponse en moins d’une heure dans la majorité des cas, traduisant une hyper-réactivité généralisée.

20 % des emails professionnels sont envoyés en dehors des horaires standards. Ce chiffre grimpe à 28 % chez les cadres dirigeants. 66 % d’entre eux travaillent plus de 50 soirs par an. 52 % des week-ends des dirigeants sont consacrés au traitement des emails. Près de 44 % des collaborateurs et 68 % des managers bénéficient de moins de deux semaines par an sans envoyer de courriels professionnels.

Selon l’enquête ObSoCo-Fondation Jean-Jaurès-Arte de décembre 2024, 54 % des Français se déclarent fatigués de l’information, dont 39 % « très fatigués ». 85 % ont l’impression de voir tout le temps les mêmes informations. 53 % peinent désormais à distinguer les vraies des fausses informations. Les Français utilisent en moyenne 7,4 canaux d’information, contre 8,3 en 2022. 26 % des actifs français, soit 7,5 millions de personnes, sont touchés par la fatigue informationnelle au travail. Ce taux atteint 42 % chez les cadres.

Un cadre est interrompu toutes les 6 minutes. 30 % de son temps est consacré à gérer des emails. 43 % des salariés français ressentent de la fatigue à cause des outils numériques professionnels. 40 % culpabilisent de ne pas se connecter hors de leur temps de travail.

Selon le Baromètre du numérique 2025, les Français passent en moyenne 4 heures par jour sur les écrans pour un usage personnel, soit un quart du temps éveillé. 42 % estiment y passer trop de temps. 59 % des utilisateurs réguliers des réseaux sociaux jugent leur usage excessif. Les adolescents de 13 à 18 ans passent en moyenne 7h22 par jour devant les écrans.

Le droit à la déconnexion existe en France depuis la loi du 8 août 2016. Seuls 62 % des salariés en ont entendu parler. Ce taux chute à 49 % chez les 16-24 ans. 74 % des recruteurs affirment en faire une priorité, mais seuls 42 % des employés perçoivent des actions tangibles. 29 % des salariés considèrent la déconnexion comme un critère décisif pour choisir un nouveau poste.

Dans une étude de l’Université de Californie à Santa Cruz, 30 % des participants ayant accès à Google ne se donnaient plus la peine d’user de leur mémoire pour répondre à des questions de plus en plus faciles.

376 milliards d’emails sont envoyés chaque jour dans le monde en 2025. La France en envoie 8,3 milliards par jour, au quatrième rang mondial. 48 % des salariés et 52 % des dirigeants jugent leur travail chaotique et morcelé. Les employés sont interrompus toutes les 2 minutes par une réunion, un email ou un chat.
L’INFOBÉSITÉ, UN LUXE DE PRIVILÉGIÉS.. Se plaindre d’avoir trop d’informations est un luxe. Un luxe de société développée, de cadre connecté, de travailleur du savoir….
L’INFOBÉSITÉ, UN LUXE DE PRIVILÉGIÉS.. Se plaindre d’avoir trop d’informations est un luxe. Un luxe de société développée, de cadre connecté, de travailleur du savoir. Revenons cinquante ans en arrière. Pas d’internet. Pas d’email. Pour s’informer, il fallait acheter un journal, attendre le journal télévisé de 20 h. L’information était rare, filtrée, unidirectionnelle. On consommait ce que d’autres avaient décidé de nous montrer.

Aujourd’hui, n’importe qui peut publier, commenter, partager. Cette démocratisation de l’information est une révolution. Elle a permis des soulèvements populaires, dénoncé des scandales, éduqué des millions de personnes qui n’auraient jamais eu accès au savoir. L’infobésité est le prix à payer pour cette abondance. C’est un problème de riche. Un problème qu’on peut résoudre par des choix individuels : désactiver les notifications, trier ses sources, se fixer des plages de déconnexion. Les outils existent. Le droit à la déconnexion existe.

Ce qui manque, ce n’est pas la solution. C’est la discipline. On se plaint d’être submergés tout en consultant compulsivement nos écrans. On dénonce l’hyperconnexion tout en répondant à nos emails à minuit. On réclame du temps libre tout en scrollant trois heures par jour sur les réseaux sociaux. L’infobésité révèle notre incapacité à gérer l’abondance. Pendant des millénaires, l’humanité a souffert de pénurie. Aujourd’hui, elle souffre d’excès. Mais l’excès n’est jamais le problème. Le problème, c’est l’absence de limite qu’on s’impose.

Les générations futures riront de notre complainte. « Ils avaient accès à toute la connaissance humaine dans leur poche, et ils s’en plaignaient. » Comme l’humanité a appris à gérer l’abondance alimentaire après des siècles de famine, elle apprendra à gérer l’abondance informationnelle. L’infobésité n’est pas un fléau. C’est un apprentissage. Arrêtons de victimiser ceux qui ont le privilège d’être submergés. L’infobésité n’est pas subie. Elle est choisie.
L’INFOBÉSITÉ, ARME DE CONTRÔLE MASSIF.. L’infobésité n’est pas un accident de l’abondance. C’est une stratégie délibérée de fragmentation de l’attention, conçue pour rendre les gens dociles, distraits, incapables de penser….
L’INFOBÉSITÉ, ARME DE CONTRÔLE MASSIF.. L’infobésité n’est pas un accident de l’abondance. C’est une stratégie délibérée de fragmentation de l’attention, conçue pour rendre les gens dociles, distraits, incapables de penser.

Les plateformes numériques ne sont pas neutres. Elles sont conçues pour capter l’attention, la monétiser, la revendre. Les notifications ne sont pas des bugs. Ce sont des fonctionnalités. Tristan Harris, ancien designer chez Google, l’a dénoncé : l’économie de l’attention transforme nos smartphones en machines à sous mentales. Chaque notification déclenche un pic de dopamine. Chaque scroll active le circuit de la récompense. Notre cerveau devient accro. Pas par hasard. Par design. Des milliards de dollars et des milliers d’ingénieurs travaillent à maximiser notre « engagement ». Face à cette machine, la volonté individuelle ne pèse rien.

Et pendant qu’on scrolle, qu’on like, qu’on partage, on ne pense pas. On ne lit pas en profondeur. On consomme des fragments, des réactions, des indignations. L’infobésité détruit la pensée critique. Elle remplace l’analyse par le réflexe, la réflexion par la réaction. Le résultat ? Une société fragmentée, polarisée, où 53 % des citoyens ne savent plus distinguer le vrai du faux. Une société parfaite pour ceux qui veulent gouverner sans être contestés.

Aldous Huxley l’avait anticipé : on en viendrait à aimer les technologies qui détruisent notre capacité de penser. L’infobésité n’est pas un problème individuel qu’on résout en se déconnectant le week-end. C’est un système qui nous rend impuissants. Tant que les plateformes seront libres de capter notre attention sans limite, tant que le modèle économique du numérique reposera sur l’addiction, l’infobésité persistera. Ce n’est pas de discipline qu’on a besoin. C’est de régulation.
ON VEUT TOUT SAVOIR SANS RIEN COMPRENDRE.. L’infobésité révèle une contradiction fondamentale : on veut être informé, mais on refuse de faire l’effort de comprendre. On veut avoir accès à tout, mais on n’a le temps de rien….
ON VEUT TOUT SAVOIR SANS RIEN COMPRENDRE.. L’infobésité révèle une contradiction fondamentale : on veut être informé, mais on refuse de faire l’effort de comprendre. On veut avoir accès à tout, mais on n’a le temps de rien. On veut participer aux débats, mais on se contente de fragments.

Le problème n’est pas la quantité d’information disponible. Le problème, c’est qu’on confond information et connaissance. Lire un titre ne suffit pas à comprendre un sujet. Partager un post ne suffit pas à maîtriser une question. Consulter Wikipédia ne remplace pas une lecture approfondie. L’étude de l’Université de Californie est édifiante : 30 % des participants, ayant accès à Google dès la première question, cessaient d’utiliser leur propre mémoire pour les questions suivantes. L’accessibilité instantanée à l’information nous rend paresseux. Pourquoi retenir quand on peut chercher ? Pourquoi réfléchir quand on peut demander à une IA ?

Cette externalisation de la pensée a un coût. Notre capacité de mémorisation s’atrophie. Notre capacité de concentration diminue. Notre tolérance à l’ennui disparaît. Dès qu’une information met plus de trois secondes à arriver, on zappe. Mais il y a pire. L’infobésité crée l’illusion de la compétence. On croit savoir parce qu’on a lu un thread, écouté un podcast, regardé une vidéo. Tout devient objet d’opinion, rien ne reste objet de connaissance. Le FOMO aggrave tout. On veut être au courant de tout, en temps réel, sans jamais prendre le recul nécessaire.

Le paradoxe est total : jamais l’humanité n’a eu accès à autant d’information, et jamais elle n’a été aussi peu éclairée. On sait ce qui se passe, mais on ne comprend pas pourquoi. On réagit, mais on ne réfléchit pas. On s’indigne, mais on ne change rien. On a remplacé la lenteur de la réflexion par la vitesse de la réaction. On a remplacé la profondeur de la lecture par la surface du scroll. On a remplacé le désir de comprendre par le besoin d’avoir raison.

Tant qu’on confondra être informé et être cultivé, tant qu’on valorisera la quantité sur la qualité, tant qu’on préférera l’instantané au réfléchi, l’infobésité persistera. Parce qu’au fond, elle nous arrange. Elle nous donne l’illusion de savoir sans jamais nous obliger à apprendre.

« L’information prolifère, le sens s’évapore »...
« L’information prolifère, le sens s’évapore »

POUR ALLER PLUS LOIN.. L’infobésité cristallise une triple tension. D’un côté, un privilège historique inédit : l’accès démocratisé à l’information. De l’autre, un système économique qui monétise l’attention….
POUR ALLER PLUS LOIN.. L’infobésité cristallise une triple tension. D’un côté, un privilège historique inédit : l’accès démocratisé à l’information. De l’autre, un système économique qui monétise l’attention. Et au milieu, un individu dépassé qui tente de naviguer entre abondance et épuisement.

Le débat oppose souvent responsabilité individuelle et contrainte systémique. Les uns affirment qu’on choisit d’être submergés. Les autres dénoncent une manipulation délibérée. Les deux ont raison. Et les deux ont tort. Le cadre qui répond à ses emails le dimanche soir ne le fait pas par plaisir. Il le fait parce que son manager attend une réactivité immédiate, parce que ses collègues le font aussi, parce que son évaluation professionnelle en dépend. La pression n’est pas explicite. Elle est diffuse. Mais elle est réelle.

De même, les plateformes numériques ne nous forcent pas à rester connectés. Mais elles sont conçues pour maximiser notre « engagement ». Chaque fonctionnalité est testée pour maximiser le temps passé sur l’écran. Chaque couleur, chaque son, chaque vibration est étudié pour déclencher une réaction. Face à cette machine, la volonté individuelle ne suffit pas. On peut désactiver les notifications, installer des applications de blocage, se fixer des plages horaires. Ces solutions fonctionnent pour certains. Mais elles ne règlent pas le problème structurel.

Quelques pistes de transformation s’imposent. D’abord, réguler les plateformes. Interdire les dark patterns — ces interfaces conçues pour manipuler. Imposer un mode « sobre » par défaut, sans recommandations algorithmiques, sans autoplay, sans notifications push. Forcer les plateformes à publier les métriques d’addiction de leurs utilisateurs, comme on impose aux industriels du tabac d’afficher les risques sanitaires.

Ensuite, faire respecter le droit à la déconnexion dans les faits. Interdire l’envoi d’emails professionnels en dehors des horaires de travail, sauf urgence justifiée. Créer un indicateur de charge informationnelle dans les entreprises, au même titre que les indicateurs de sécurité au travail. 26 % des actifs sont déjà touchés par la fatigue informationnelle au travail : il est temps de la reconnaître comme un risque professionnel à part entière.

Éduquer à l’hygiène numérique, dès l’école. Apprendre à distinguer information et désinformation. Apprendre à vérifier ses sources. Apprendre à lire en profondeur plutôt qu’en surface. Apprendre à résister aux biais cognitifs amplifiés par les algorithmes. Les adolescents de 13 à 18 ans passent plus de sept heures par jour devant les écrans : l’urgence éducative est là.

Mais voici le retournement que personne ne veut voir : l’intelligence artificielle, censée nous sauver du déluge, est en train de l’aggraver. C’est le paradoxe le plus cruel de notre époque. L’IA générative devait filtrer, synthétiser, hiérarchiser. Elle produit davantage de contenus, génère de nouveaux besoins de vérification, multiplie les couches de complexité. Une étude de UC Berkeley montre que les salariés équipés d’IA ne travaillent pas moins : ils absorbent de nouvelles responsabilités, sortent de leur domaine de compétences, augmentent mécaniquement leur charge. Le sentiment de « pouvoir tout faire » grâce à l’IA pousse chacun à en faire toujours plus.

C’est le paradoxe de Jevons appliqué à la cognition. En 1865, l’économiste William Stanley Jevons observait que l’amélioration de l’efficacité des machines à vapeur n’avait pas réduit la consommation de charbon — elle l’avait augmentée, en rendant son usage plus accessible et plus répandu. Même logique aujourd’hui : l’IA rend la production de contenu si facile qu’on en produit infiniment plus. Chaque gain de temps est immédiatement réinvesti dans de nouvelles tâches. Les messageries instantanées, censées accélérer les échanges, ont saturé les organisations d’interruptions. L’IA générative, censée réduire le temps de production, multiplie les contenus et engendre un besoin supplémentaire de validation. L’efficacité se transforme en surcharge.

Les chiffres confirment ce retournement. 77 % des salariés utilisant l’IA déclarent une augmentation de leur charge de travail. 88 % des plus productifs grâce à l’IA font état de symptômes de burn-out. La Harvard Business Review observe que les dirigeants utilisant l’IA générative prennent plus souvent de mauvaises décisions, tout en étant paradoxalement plus confiants dans leurs choix. L’outil censé nous rendre plus intelligents pourrait nous rendre plus superficiels, plus rapides mais moins lucides, plus productifs mais moins pertinents.

Le cerveau humain n’est pas conçu pour traiter un flux constant d’informations. Il est équipé pour traiter des quantités limitées, hiérarchisées, contextualisées. Nous avons créé un monde d’abondance informationnelle pour un cerveau de cueilleur-chasseur. Et au lieu de corriger ce décalage, nous y ajoutons une couche supplémentaire : l’IA, qui promet de gérer la surcharge, mais qui en réalité l’alimente. Nous créons des outils pour résoudre des problèmes que nos outils ont créés. La spirale est sans fin.

Sénèque, au Ier siècle, prévenait déjà : la multiplicité des livres est plutôt une surcharge qu’un aliment pour l’esprit. Vingt siècles plus tard, Jean Baudrillard, philosophe et sociologue français, constatait que l’information s’accumule mais que le sens se dissout. Nous vivons désormais dans le troisième acte de cette tragédie : celui où la machine censée résoudre la surcharge devient elle-même source de surcharge. Celui où l’outil libérateur devient outil d’asservissement. Celui où le remède aggrave le mal.

L’infobésité n’est pas une fatalité. Mais elle ne disparaîtra pas par la technologie — puisque la technologie l’engendre. Elle ne disparaîtra pas par la discipline individuelle — puisque le système est conçu pour la déjouer. Elle ne disparaîtra pas par la régulation seule — puisque les intérêts économiques sont colossaux. Elle ne disparaîtra que le jour où nous cesserons de confondre être connecté et être vivant, être informé et être intelligent, être rapide et être pertinent.

En attendant, l’infobésité continuera de croître. Parce qu’elle arrange tout le monde. Les plateformes y gagnent de l’argent. Les employeurs y gagnent de la disponibilité. Les États y gagnent de la distraction. Et les individus y gagnent l’illusion de tout savoir sans jamais rien comprendre. Le prix à payer pour une société qui veut tout, tout de suite, sans jamais accepter les limites — pas même celles de son propre cerveau.

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