WOW!

LAST CALL : Chapitre 7

DESSERRER LE VERROU DE 1981

Premier chapitre de solutions. Après six chapitres de diagnostic et une cible chiffrée à 145 milliards, celui-ci s’attaque au verrou dont dépendent tous les autres : la quantité…
Premier chapitre de solutions. Après six chapitres de diagnostic et une cible chiffrée à 145 milliards, celui-ci s’attaque au verrou dont dépendent tous les autres : la quantité de travail que la France mobilise dans son économie. La question préalable, éludée depuis quarante ans, n’est pas comment partager les richesses mais en produisons-nous assez. Deux leviers de rendement comparable existent — le retour à 65 ans et le retour aux 39 ou 40 heures — et l’auteur explique pourquoi un seul des deux est politiquement praticable. Il y ajoute la réforme du marché du travail, écarte méthodiquement les fausses sorties (natalité, immigration, baisse des pensions, jours fériés), et aboutit à un socle de 40 à 45 milliards par an : un tiers de la cible, sans lequel rien d’autre ne tient.
PRODUISONS-NOUS ASSEZ ? LA QUESTION ÉLUDÉE Depuis quarante ans, écrit l’auteur, la France débat du partage des richesses en éludant une question préalable : en produit-elle assez ?
PRODUISONS-NOUS ASSEZ ? LA QUESTION ÉLUDÉE

Depuis quarante ans, écrit l’auteur, la France débat du partage des richesses en éludant une question préalable : en produit-elle assez ?

La réponse tient dans une comparaison qui contredit une idée reçue. Sur les heures annuelles travaillées, la France n’est pas un cas extrême : 1 494 heures par an selon l’OCDE, contre 1 340 en Allemagne — chiffre trompeur à cause des mini-jobs —, 1 524 au Royaume-Uni et 1 691 en Italie. L’écart se joue ailleurs, dans la quantité totale de travail mobilisée. Le taux d’emploi des 20-64 ans atteint 75,1 % en France, contre 81,3 % en Allemagne et 83,5 % aux Pays-Bas. Et l’emploi des seniors reste faible.

D’où le déplacement de diagnostic qui commande tout le chapitre : le problème français n’est pas d’abord un problème de productivité, c’est un problème d’emploi. Et donc, au fond, un problème d’arbitrages politiques. Le sujet ne se réduit ni aux 35 heures ni aux retraites : il tient au volume total de travail qu’une nation met en mouvement — taux d’emploi, durée des carrières, participation des seniors, formes plus souples d’activité.

L’histoire des réformes confirme que ces arbitrages sont possibles. Le pays a fini par absorber la réforme Balladur en 1993, celle de Sarkozy en 2010, celle de Borne en 2023. Il a bloqué en 1995, lorsque l’effort, perçu comme brutal et mal partagé, s’est heurté à la résistance des régimes protégés.

L’auteur en tire une règle qui structure tout le reste du livre, et notamment son insistance ultérieure sur la simultanéité : le blocage n’apparaît pas quand l’effort est demandé, il apparaît quand il semble injuste. Ce n’est pas l’ampleur du sacrifice qui déclenche la rue, c’est le sentiment qu’une catégorie paie pendant que d’autres sont épargnées. Une réforme dure mais visiblement partagée passe ; une réforme modérée mais qui semble viser un groupe se heurte à une coalition de défense. La leçon vaut avertissement pour 2027 : la question n’est pas de savoir si les Français accepteront de travailler davantage, mais s’ils croiront que l’effort est également réparti.
LA RÉPARTITION : NÉCESSITÉ DEVENUE DOGME Quand Pierre Laroque conçoit l’architecture de la Sécurité sociale en 1945, il ne choisit pas la répartition par préférence doctrinale…
LA RÉPARTITION : NÉCESSITÉ DEVENUE DOGME

Quand Pierre Laroque conçoit l’architecture de la Sécurité sociale en 1945, il ne choisit pas la répartition par préférence doctrinale. Toute l’épargne capitalisée accumulée depuis un siècle a été détruite en deux coups : l’inflation des années 1920, l’effondrement monétaire de 1940-1945. Payer les pensions de 1945 ne peut se faire que si les actifs paient pour leurs aînés en temps réel. La répartition est une nécessité, pas une doctrine.

Le choix de 1945 était donc juste. Ce sont les décennies suivantes qui ont manqué à leur devoir : jamais le second étage par capitalisation n’a été ajouté, alors que les conditions s’y prêtaient. Les Pays-Bas l’ont fait dès 1952, la Suisse en 1985, le Royaume-Uni en 2012. Tous les voisins ont emprunté cette voie, et leurs résultats la valident — protection supérieure à la nôtre, effort public moindre, soutenabilité démontrée sur des décennies.

Sans nul doute, la capitalisation reste l’architecture cible. Mais le calendrier est devenu cruel, et l’auteur ne dissimule pas cette contrainte. Un pilier de capitalisation atteint sa pleine puissance en quinze à vingt ans : lancé aujourd’hui, il commencerait à produire ses effets vers 2040-2045, précisément au moment où la pression démographique culminera. S’y ajoute le coût de transition — pendant deux décennies, l’État doit continuer à servir les pensions des retraités actuels tout en laissant les actifs cotiser à un système qui n’a pas encore d’assuré à servir. La capitalisation reste la bonne idée, mais elle ne peut pas contribuer à la réduction du déficit sur le mandat 2027-2032.

Reste donc à jouer sur les paramètres du système par répartition. Non par fidélité à 1945, précise l’auteur, mais par simple arithmétique.

Une nuance importante tempère cependant le tableau : le problème est borné dans le temps. Le pic du vieillissement français se situe entre 2040 et 2045. Le ratio des 65 ans et plus rapporté aux 20-64 ans passe de 37 pour 100 en 2021 à 51 pour 100 en 2040. Au-delà, la pyramide se rétablit. Ce qui signifie que l’effort demandé n’est pas perpétuel : si la décennie qui vient est celle du renouveau, les conditions existent même pour revenir progressivement à 63 ou 62 ans entre 2060 et 2070. L’argument est central dans la stratégie de persuasion du livre — il ne s’agit pas de demander un sacrifice définitif, mais de traverser une bosse démographique identifiée, datée et transitoire.
65 ANS OU 40 HEURES : DEUX OPTIONS Au cœur du problème, il y a 1981. Cette singularité fut à l’origine le grand rêve socialiste ; elle est devenue, quatre décennies plus tard,…
65 ANS OU 40 HEURES : DEUX OPTIONS

Au cœur du problème, il y a 1981. Cette singularité fut à l’origine le grand rêve socialiste ; elle est devenue, quatre décennies plus tard, une déviation sans équivalent en Europe. Revoir 1981 est la mère de toutes les réformes, celle sans laquelle aucune trajectoire budgétaire n’est soutenable. Et pour la défaire, il n’existe que deux options.

La première est le retour à 65 ans. Trois cohortes basculent de la catégorie senior vers la catégorie active, le ratio démographique remonte d’un quart, le système respire. Selon les projections du Conseil d’orientation des retraites, le gain se situerait entre 25 et 30 milliards d’euros d’économies annuelles à l’horizon 2032 sur le bloc retraites.

La seconde est le retour aux 40 heures, ou une formule équivalente : abroger la loi Aubry, revenir au régime des 39 heures qui prévalait avant 2000, voire aux 40 heures effectives. Chaque actif travaille jusqu’à cinq heures de plus par semaine, soit environ 14 % de temps supplémentaire. Le PIB augmente mécaniquement, la base fiscale s’élargit, les cotisations croissent. Le gain potentiel est comparable.

L’auteur profite de cette seconde option pour réfuter une croyance qu’il juge centrale dans le blocage français. Contrairement à une idée reçue, l’économie est flux avant d’être stock : elle n’est jamais figée, et le travail n’est pas une quantité fixe à partager. Quand on augmente le temps travaillé et la productivité, on crée la richesse qui permet de réduire les charges et de retrouver la compétitivité — les emplois suivent. C’est ce que la gauche française refuse d’entendre depuis 1981.

Conserver simultanément les 35 heures et la retraite à 62 ans revient dès lors à faire trois paris perdus d’avance : que la démographie va se retourner grâce à l’immigration et à la natalité ; que la croissance va miraculeusement bondir ; que les marchés vont continuer à financer un pays qui refuse de se réformer.

La seule autre option est le démantèlement lent du modèle social — d’abord par érosion silencieuse, puis par crise ouverte. L’auteur en donne une image : une Grèce étalée sur quinze ans, en version XXL. Même mécanique d’ajustement subi, mais sans aucun des dispositifs qui avaient permis à Athènes de tenir. La capitale grecque a pu être sauvée parce qu’elle pesait 2 % de la zone euro ; Paris en pèse près de 20 %. Le Mécanisme européen de stabilité reste plafonné à des plans-pays bien inférieurs au gabarit français, et les eurobonds n’existent pas.

Reste à désarmer l’objection des droits acquis. Ce qu’on a longtemps présenté comme des avancées sociales — la retraite à 60 ans en 1981, les 35 heures en 2000 — a été hissé au rang de droits acquis, et la formule est habile : un droit ne se discute pas, il se défend ; une fois acquis, il devient permanent. Mais aucun choix budgétaire n’est par nature un droit. Tous sont des arbitrages politiques, datés, financés par les conditions économiques d’une époque. La retraite à 60 ans n’est pas un droit fondamental : c’est une décision prise en 1981, dans un pays où les conditions qui la rendaient soutenable ont disparu.
POURQUOI LE PEUPLE TRANCHERAIT POUR L’ÂGE Suit l’expérience de pensée la plus originale du chapitre : imaginer un référendum qui opposerait les deux options. Pas la droite…
POURQUOI LE PEUPLE TRANCHERAIT POUR L’ÂGE

Suit l’expérience de pensée la plus originale du chapitre : imaginer un référendum qui opposerait les deux options. Pas la droite contre la gauche, pas les syndicats contre le patronat — deux réformes équivalentes dans leur effet, opposées dans leur charge. Travailler trois ans de plus en fin de carrière, ou cinq heures de plus par semaine pendant toute la carrière.

Les données disponibles penchent nettement d’un côté. Depuis vingt-cinq ans que les 35 heures existent, aucune enquête n’a jamais montré d’adhésion majoritaire à leur suppression ; en 2024, selon Elabe pour l’Institut Montaigne et Les Échos, six Français sur dix rejettent toute hausse du temps de travail hebdomadaire pour financer l’État-providence.

L’auteur ne s’arrête pas au chiffre et nomme ce qu’il révèle : le rapport au travail a changé. Au-delà des 35 heures, c’est toute la valeur travail qui s’est érodée — moins centrale dans la définition de soi, moins liée à la prospérité collective, perçue davantage comme une contrainte à amortir que comme une contribution à offrir. Cette mutation silencieuse est le vrai socle des résistances.

Le recul de l’âge, lui, reste impopulaire, mais d’une impopularité plus mesurée, réversible, négociable. La mobilisation contre la réforme à 64 ans s’est éteinte en quelques mois. En avril 2026, 52 % des retraités eux-mêmes se disent prêts à accepter un ajustement sur leurs propres pensions au nom de la soutenabilité. La digue morale a bougé sur l’âge ; celle sur les 35 heures, non.

Quatre asymétries expliquent cet écart. La mémoire collective d’abord : l’âge de la retraite n’a jamais été constant en France — 65 ans en 1945, 60 en 1981, 62 en 2010, 64 en 2023, 62 à nouveau en 2026. Les Français ont intégré l’idée qu’il bouge. Les 35 heures, elles, sont gravées dans la loi depuis 2000, et rien n’a jamais suggéré qu’on puisse y revenir.

L’assiette de l’effort ensuite. Le recul de l’âge concentre la charge sur les actifs proches de la retraite, une cohorte étroite et identifiable. Les 40 heures pèsent simultanément sur tous les actifs, y compris les jeunes entrants et les femmes en milieu de carrière, qui les refusent massivement.

Le véhicule juridique enfin, et c’est l’argument le plus opérationnel. L’âge se vote en une loi, s’applique automatiquement, produit son effet dès la première cohorte concernée. Les 40 heures supposent la réouverture de milliers d’accords de branche et l’affrontement simultané avec l’ensemble du syndicalisme français.

La conclusion est donc pragmatique plutôt que doctrinale, et l’auteur l’assume comme telle : dans un référendum, le retour à 65 ans l’emporterait nettement. Non pas parce qu’il serait intrinsèquement plus juste, mais parce qu’il est la seule réforme d’envergure équivalente que la société française accepterait de valider par les urnes.
L’EXCEPTION FRANÇAISE ET SA SEULE VARIABLE Les comparaisons européennes situent l’anomalie. La France a l’âge légal de départ le plus bas d’Europe de l’Ouest, 62 ans, quand…
L’EXCEPTION FRANÇAISE ET SA SEULE VARIABLE

Les comparaisons européennes situent l’anomalie. La France a l’âge légal de départ le plus bas d’Europe de l’Ouest, 62 ans, quand l’Allemagne, le Danemark, les Pays-Bas et l’Italie sont à 67. Et le Danemark a déjà tracé la suite : 68 ans en 2030, 69 en 2035, 70 en 2040 — une première en Europe. Cinq ans d’écart avec l’Allemagne, bientôt huit avec Copenhague.

Les Français ne partent pas seulement plus tôt : ils perçoivent des pensions plus élevées — 1 626 euros bruts par mois contre 1 091 en Allemagne. L’auteur signale que la comparaison brute est trompeuse, l’Allemagne complétant sa retraite publique par une épargne privée massive. Il n’en reste pas moins que la France est le seul pays développé où les retraités ont un niveau de vie légèrement supérieur à celui des actifs, avec un taux de pauvreté des plus de 65 ans de 12,2 % contre 20,9 % outre-Rhin.

Vient alors la démonstration technique centrale du chapitre. Une seule variable commande vraiment l’équilibre : la durée effectivement cotisée. Quand l’espérance de vie à 60 ans gagne huit ans en trois décennies et que le ratio cotisants-retraités passe de 4 pour 1 à 1,7 pour 1, cette durée doit s’allonger mécaniquement.

Mais — et c’est le point que le débat français manque systématiquement — allonger la durée requise ne suffit pas à allonger la durée réellement travaillée. Le coût d’une retraite ne tient pas à ce qu’on verse, il tient à ce qu’on retire : au nombre d’années pendant lesquelles on touche sa pension. À durée de cotisation égale, celui qui part à 61 ans la touche vingt-cinq ans, celui qui part à 68 ans dix-huit. La cotisation est identique, mais la dépense supérieure de plus d’un tiers pour le premier. Exiger plus d’annuités sans toucher à l’âge ne réduit donc pas la dépense, puisque le coût reste commandé par l’âge de départ.

L’auteur écarte symétriquement la suppression de l’âge minimum, qui condamnerait les carrières fragiles ou tardives à travailler jusqu’à 70 ans. Il reconnaît qu’une version cohérente de la durée pure existe pourtant : les comptes notionnels suédois, où la pension se divise par l’espérance de vie au jour du départ, ce qui ramène le décaissement dans l’équation. C’est l’horizon le plus juste — mais on ne le franchit pas dans l’urgence et la défiance : refonder tout l’édifice demande une génération quand le déficit exige une réponse cette année, et implique un transfert de risque vers l’individu qu’aucune société ne consent sous la contrainte.

D’où la formule qui résume la stratégie : le retour à 65 ans est le seul levier qui agisse aussitôt sur ce qui coûte, la durée du versement, sans attendre une génération ni sacrifier les plus fragiles. Il éteint l’incendie. Le sursaut d’abord, la refondation ensuite.

Tous les voisins l’ont compris à leur manière. Le Danemark a indexé son âge de départ sur l’espérance de vie, sans débat parlementaire à chaque génération ; l’Allemagne a glissé vers 67 ans dans une relative discrétion. La France a transformé chaque réforme en crise nationale pour gagner deux ans en quarante. À horizon 2032, le retour à 65 ans rapporterait 25 à 30 milliards par an — deux fois le budget de la justice, que la France débat depuis vingt ans pour ne pas l’encaisser.
L’EMPLOI, LES FAUSSES VOIES, ET L’ÉQUATION Le retour à 65 ans fait travailler les seniors plus longtemps, mais la France a aussi un problème à l’autre extrémité de la pyramide…
L’EMPLOI, LES FAUSSES VOIES, ET L’ÉQUATION

Le retour à 65 ans fait travailler les seniors plus longtemps, mais la France a aussi un problème à l’autre extrémité de la pyramide active : trop d’inactifs en âge de travailler. Le taux d’emploi des 15-64 ans plafonne à 68,4 % contre 76,9 % en Allemagne et 82,5 % aux Pays-Bas — trois à cinq millions d’actifs supplémentaires si la France rejoignait simplement la moyenne du nord de l’Europe.

Le précédent allemand est frappant : en 2003, l’Allemagne avait un taux d’emploi de 64,6 %, inférieur à celui de la France aujourd’hui. Schröder engage les lois Hartz entre 2003 et 2005. Le chômage allemand passe de 11,7 % en 2005 à 5,2 % en 2019, et le taux d’emploi des 55-64 ans bondit de 41,4 % à 72,5 %. La France est aujourd’hui à 56,9 %. Elle n’a jamais fait ni son Hartz ni sa flexisécurité scandinave : la fusion ANPE-Assédic en 2009, la loi Travail de 2016, les réformes de l’assurance chômage de 2019 et 2023 ont toutes été tentées à la marge, aucune n’est allée au bout.

La doctrine proposée n’est ni un Hartz pur ni une flexisécurité pure, mais leur articulation par champ de compétence. La flexibilité du contrat — conditions de séparation, mobilité, organisation des temps — s’arbitre au plus près du terrain, dans les branches et les conventions collectives, comme le Danemark l’a institutionnalisé depuis trente ans. La conditionnalité de l’aide publique — fusion des minima sociaux et de l’allocation chômage, parcours obligatoire de retour à l’emploi, sanctions graduées — relève de la seule puissance publique, comme Schröder l’a porté. Les deux ne s’opposent pas, ils se complètent : la France a tenté chacun séparément, et c’est pourquoi ni l’un ni l’autre n’a produit l’effet espéré. Déployées sur huit à dix ans, ces réformes ramèneraient le taux d’emploi de 68 à 73-74 %, soit 1,5 à 2 millions d’actifs supplémentaires et un gain net de 15 milliards par an à l’horizon 2032.

Restent les voies que le débat public préfère, et que l’auteur écarte une à une. La natalité ne joue pas à l’horizon utile : un enfant né en 2026 entre dans la vie active vers 2045-2050. L’immigration de masse n’est pas une réponse structurelle — maintenir le ratio actifs-retraités jusqu’en 2035 supposerait un million d’actifs intégrés par an contre 200 000 aujourd’hui, et le taux d’emploi des immigrés extra-UE reste inférieur de 10 à 15 points à celui des natifs dix ans après l’arrivée. Baisser les pensions revient à un défaut sélectif sur une dette implicite : Athènes a coupé de 40 % en cinq ans, sa demande intérieure s’est effondrée de 35 %. Toucher aux jours fériés se heurte enfin à de multiples résistances pour un rendement marginal, comme l’a montré la tentative de Bayrou à l’été 2025.

Le chapitre se clôt sur une annexe pédagogique qui décompose le niveau de protection sociale par senior, dont un coefficient décisif : le rapport entre protection totale et protection publique. En France, il vaut 1,09 — la quasi-totalité de la protection repose sur la sphère publique, pour 62 460 euros par senior. Les États-Unis, réputés durs, atteignent 102 370 euros avec un coefficient de 1,28 et huit points de PIB de dépense publique en moins ; la Suisse culmine à 86 090 euros pour un effort public deux fois moindre, grâce à ses trois piliers institués en 1985. Les pays qui protègent le mieux leurs seniors ne sont donc pas ceux qui prélèvent le plus : ce sont ceux qui ont diversifié leurs sources de financement. Et si rien ne bouge, la protection par senior tomberait en 2035 à environ 41 500 euros, soit 34 % de moins qu’en 2021 et un niveau inférieur à celui de 1980.

WOW! World of Words est le prolongement de L’Édito de WOW!, newsletter quotidienne publiée sur Substack.

Le fond du fonds : non pas l’archive des éditos, mais ce qu’il faut en retenir. Ce qui résiste à la relecture est repris, synthétisé, structuré, écrit à nouveau. Le prospérisme y est devenu une méthode de gouvernement. 2027 : Last Call y est devenu un livre.

Les sujets, les angles de vue, les arguments, les idées et la responsabilité éditoriale sont humains et signés. L’IA documente, recherche, valide et confronte les sources. La machine travaille. L’auteur décide et signe.

Libre. Indépendant. Sans publicité, sans actionnaires, sans abonnement payant.

Paul Corey — contact@wow-media.fr

Retour en haut