David Lisnard
Ni énarque, ni Parisien. Des résultats.

Il a fait de Cannes un laboratoire : moins de dette, plus de caméras. Il veut désormais l’appliquer à la France.
Né le 2 février 1969 à Limoges. Son père, Denis Lisnard, footballeur professionnel formé à l’AS Cannes, joue alors au Limoges FC avant de se reconvertir dans le commerce. La famille est cannoise depuis le XVe siècle, pêcheurs puis commerçants et hôteliers.
Études à Limoges, puis à Cannes, puis à l’Institut d’études politiques de Bordeaux, promotion 1992. Il multiplie les petits boulots pour les financer et milite pour Jacques Chirac dès la fin des années 1980.
De 1996 à 1999, il est directeur de cabinet de Jacques Pélissard (député-maire de Lons-le-Saunier, alors vice-président de l’Association des maires de France). Il y apprend les finances locales.
En 1999, retour à Cannes : gérance du commerce familial, poste à la Fondation Sophia-Antipolis (structure de promotion de la technopole azuréenne).
En 2001, il devient adjoint de Bernard Brochand, publicitaire devenu maire, et hérite du Palais des festivals et de l’eau potable.
Il n’est ni énarque ni haut fonctionnaire, et en fait un argument. Treize ans d’apprentissage municipal avant la mairie. En 2014, il obtient 48,8 % au premier tour, devance au second son concurrent UMP Philippe Tabarot avec 59 %, et prend la ville le 5 avril.
En 2020, réélu dès le premier tour avec 88 %, il rafle les 49 sièges du conseil. En 2026, 81 %, pour 47 % de participation.
La gestion devient sa signature, et les chiffres tiennent.
La dette communale tombe à 173 millions d’euros fin 2025, près de 82 millions de moins qu’en 2014. Le compte financier voté le 5 juin 2026 fait état d’un recul des dépenses de fonctionnement de 2,11 % en euros constants et d’une baisse de 3,6 % des taux communaux, sans effondrement de l’investissement. Dans un contexte national de hausse de la dépense locale, l’exception cannoise est réelle. La chambre régionale des comptes valide la trajectoire.
Il en tire une doctrine.
La mairie chiffre à 176 millions les dotations perdues et prélèvements subis depuis 2014, qu’elle qualifie de « spoliations ». Élu président de l’AMF en novembre 2021, il transforme le grief cannois en cause nationale : liberté des communes, procès de la bureaucratie, défense des maires face à l’État. Il publie quatre livres entre 2018 et 2025.
Le maire d’une ville de 72 000 habitants devient une voix nationale.
La sécurité obéit à la même méthode. Cannes comptait 341 caméras en 2013, elle en revendique 1 021 en 2026, soit selon la mairie une pour 74 habitants, et la première police municipale de France rapportée à la population. En 2025, 125 opérations conjointes avec la police nationale ont conduit à l’interpellation de 151 dealers. Ses détracteurs y voient une ville sous surveillance : celui qui fait de la « révolution de la liberté » son mot d’ordre national a bâti l’un des dispositifs municipaux de contrôle les plus denses du pays.
Le 28 juillet 2016, six semaines après l’attentat de Nice, il signe le premier arrêté anti-burkini de France. Une trentaine de communes l’imitent. Le tribunal administratif de Nice valide le texte le 13 août. Le 26 août, le Conseil d’État suspend celui de Villeneuve-Loubet et pose les principes qui condamnent tous les arrêtés similaires ; Cannes retire le sien le 30.
Le 31 mars 2026, il quitte Les Républicains en dénonçant un processus de désignation « truqué » et se déclare candidat à l’Élysée. Nouvelle Énergie revendique 15 000 adhérents. Les sondages du printemps lui donnent 1 à 3 %, les 500 parrainages ne sont pas réunis. Il mènera de front la campagne présidentielle et sa réélection à l’AMF, face au maire de Sceaux Philippe Laurent.
Ainsi, David Lisnard propose au pays un bilan que peu d’élus peuvent produire, et un pari que rien ne garantit : que ce qui a redressé les comptes de 72 000 Cannois soit transposable à 68 millions de Français.
Paul Corey