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2027 : last call (projet livre 4/15) 1981

Anatomie d'un sursaut

2027 : last call (projet livre 4/15) 1981

CHAPITRE 3 — 1981 : La Grande Illusion

Comment le socialisme renforce 1945, épouse 1958, prépare 1992, et crée son propre verrou.

Les verrous de 1945, 1958 et bientôt 1992 sont connus, chiffrés, documentés. On peut lire leur mécanique dans les lois de finances, dans les comptes de la Sécurité sociale, dans les chroniques parlementaires. 1981 est différent. Ce n’est pas simplement un quatrième verrou qui s’ajoute aux trois autres. C’est le moment où la gauche française, prise au piège de sa propre défaite économique, élargit le verrou de 1945, épouse pleinement celui de 1958, prépare celui de 1992, et crée le sien. Les quatre effets se cumulent. C’est cette addition qui rend la France d’aujourd’hui si difficile à réformer.

Le verrou propre à 1981 ne se mesure pas en pourcentage du PIB. Il se manifeste par une disqualification : une catégorie de constats, d’arguments, de faits qui ne peut être énoncée sans que celui qui l’énonce soit immédiatement rangé dans le camp adverse. Ce n’est pas une censure d’État ; aucun texte ne l’organise. C’est un réflexe collectif, diffus, d’autant plus puissant qu’il n’a pas de siège identifiable.

Ce mécanisme de disqualification a une date de naissance, une cause précise, et des bénéficiaires identifiables.

Il s’appelle le progressisme. Et il commence en 1981.

1981 : le dernier programme .

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République avec 51,76 % des suffrages. C’est la première alternance sous la Vᵉ République, la fin de vingt-trois années de pouvoir continu de la droite. Le programme qui porte Mitterrand au pouvoir prolonge une construction patiente commencée neuf ans plus tôt. Le 12 juillet 1972, à l’hôtel Continental, trois hommes signent le Programme commun de gouvernement : Mitterrand pour le PS, Marchais pour le PCF, Fabre pour les Radicaux de gauche.

Pour la première fois depuis 1936, la gauche française s’unit autour d’un texte qui engage à gouverner ensemble. Les 110 propositions qu’il porte en 1981 reprennent la plupart des mesures du texte originel, débarrassées de la tutelle communiste. Le soir de l’élection, la foule chante, danse, pleure à la Bastille. L’Internationale résonne place de la République. Pendant ce temps, des familles font la queue aux frontières pour sortir leurs capitaux, des chefs d’entreprise envisagent l’exil. Entre ces deux France, il n’y a aucun espace commun.

Mitterrand inscrit ses nationalisations dans la lignée de celles de 1945. Il ne s’agit pas de moderniser 1945. Il s’agit de l’achever. Le premier verrou n’est pas remis en cause : il est considérablement élargi. La retraite à 60 ans contre 65, c’est plus de droits. La cinquième semaine de congés payés et la semaine de 39 heures, c’est plus de dignité. Le SMIC relevé de 10 %, les allocations familiales, logement et handicapés augmentées de 20 à 25 %, c’est plus de pouvoir d’achat. Les 50 000 postes créés dans la fonction publique et les nationalisations massives, c’est plus d’État. La gauche de 1981 se veut l’héritière impatiente de 1945 : elle n’a pas été élue pour gérer, elle a été élue pour changer la vie.

En moins de deux ans, la réalité économique s’impose. Le pari ignore les contraintes monétaires les plus élémentaires : injecter de la monnaie sans plus de production, c’est créer mécaniquement de l’inflation. Au même moment, le reste du monde fait le choix inverse. Aux États-Unis, Paul Volcker porte le taux directeur à 19,1 % en juin 1981. Thatcher mène au Royaume-Uni une politique jumelle. L’Allemagne maintient le Deutschemark sur une discipline absolue. Partout, on restreint la monnaie pour défendre sa valeur. La France fait l’inverse. Elle croit relancer, seule, à contre-courant. La sanction est inévitable. En dix-huit mois, trois dévaluations : −3 % en octobre 1981, −5,75 % en juin 1982, −2,5 % en mars 1983. Au total, le franc perd plus de 11 % face aux monnaies du Système monétaire européen.

Quand Mitterrand arrive, l’équation est déjà faussée depuis sept ans. Les accords de Grenelle ont alourdi la dépense en 1968. Le choc pétrolier a cassé la croissance en 1973. Giscard et Barre ont laissé filer les déficits. Le dernier budget équilibré date de 1974. Le programme commun ne crée pas la dérive : il l’amplifie. Fin mars 1983, Mitterrand doit trancher. Le Président choisit l’Europe contre le programme commun.

Le tournant de la rigueur permet au franc de rester dans le SME. L’objectif est de ramener l’inflation sous 5 % et le déficit sous 3 % du PIB. 1983 : le contrat rompu Le retournement est d’une brutalité stupéfiante pour un gouvernement de gauche. Blocage des prix et des salaires pendant quatre mois, prélèvement de 1 % sur tous les revenus imposables, emprunt forcé, hausse des taxes sur l’essence, l’électricité, le gaz. Un contrôle des changes drastique limite chaque Français à 2 000 francs de devises par an pour voyager à l’étranger — environ 700 euros d’aujourd’hui. Ceux qui avaient élu Mitterrand pour retrouver du pouvoir d’achat perdent en quelques mois plus qu’ils n’en avaient gagné depuis mai 1981. Dès les municipales de mars 1983, la gauche subit une défaite sévère. L’électorat populaire commence à se disperser. Une partie se détourne vers l’abstention, une autre bascule ailleurs : à Dreux, en septembre 1983, un petit parti jusque-là confiné aux marges obtient 17 % des voix.

Les socialistes vivent cette séquence comme un effondrement. Élus pour changer la vie, ils bloquent les salaires, relèvent les impôts, rationnent les devises. Ils ne peuvent plus tenir la promesse économique sans faire sauter le franc, ni tenir leur électorat historique sans cette promesse. L’angoisse est existentielle : comment faire oublier cet échec sans trahir nos valeurs ?

La naissance du progressisme

La première réponse est européenne. Mitterrand a besoin d’un récit de substitution. Il le trouve dans la construction communautaire. Non par conviction fédéraliste — ses hésitations devant la réunification allemande de 1989 en témoigneront — mais par calcul. La monnaie commune offre à la gauche française une justification supranationale à une rigueur qu’elle ne peut pas assumer en son nom propre. Ce n’est plus Mitterrand qui abandonne le programme commun, c’est Bruxelles qui l’y contraint. On ne comprend pas 1992 sans comprendre 1983.

La seconde réponse est sociétale. Puisque le champ économique est devenu impraticable, la gauche y renonce et en cherche un autre où elle puisse encore se définir. Ce sera celui des valeurs, des mœurs, des minorités, des identités. La gauche sociale ne peut plus redistribuer les richesses ? Elle redistribuera le respect et la considération. L’antiracisme remplace la lutte des classes. La vigilance morale remplace la transformation sociale. La gauche voulait changer la vie matérielle des Français ; elle va désormais changer leur manière de penser. Ces combats ont leur légitimité propre. La suppression des discriminations pénales fondées sur l’orientation sexuelle en 1982, le PACS en 1999, le mariage pour tous en 2013 sont des avancées réelles. Mais ils permettent aussi à une gauche économiquement impuissante de conserver son identité morale tout en faisant oublier sa capitulation.

Le socialisme devient progressisme.

Ce socialo-progressisme est technocratique par instinct, européiste par calcul, moraliste par essence… et largement parisien. Il sacralise le centre comme lieu exclusif de la raison, transforme l’immobilisme en sagesse, fait du compromis une preuve de courage. Il ne se vit pas comme une idéologie mais comme une évidence. Remettre en cause sa vérité, c’est remettre en cause sa légitimité même.

Au printemps 2011, le think tank Terra Nova formalise ce que la gauche pratique depuis 1983 sans l’écrire. Dans une note intitulée « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », il recommande d’acter que la coalition ouvrière est en déclin et que les socialistes doivent construire une nouvelle base autour des diplômés, des jeunes, des urbains, des minorités, ce que la note appelle « la France de demain ». Ce n’est plus une dérive implicite, c’est une stratégie assumée, mise noir sur blanc par le principal laboratoire d’idées de la gauche française. Le verrou est en place. Désormais, la cause morale prime sur la condition matérielle, l’énonciation juste sur l’effet concret. Quiconque ose encore discuter sérieusement le modèle social passe pour un réactionnaire, qu’il vienne de droite, de gauche ou d’ailleurs.

Les ressorts de la disqualification

Le progressisme préfère disqualifier plutôt que censurer : c’est plus efficace, moins visible, et plus difficile à contester. Quatre procédés suffisent à tenir l’édifice.

L’amalgame d’abord. Vous critiquez le niveau de l’immigration ? Vous êtes d’extrême droite. Vous questionnez l’efficacité des dépenses sociales ? Vous êtes néolibéral. Vous évoquez les problèmes d’intégration dans certains quartiers ? Vous faites le jeu du RN. L’amalgame permet de ne pas répondre sur le fond en attaquant sur l’étiquette.

La pathologisation ensuite. Le vote protestataire exprime une peur, un repli, une crispation identitaire. Les électeurs ne pensent pas : ils souffrent d’une maladie qu’il faut soigner. Cette grille psychiatrique dispense de prendre leurs arguments au sérieux et transforme l’adversaire politique en patient.

La disqualification sociale. Certaines opinions exposent à des sanctions cachées. Le regard des collègues, l’exclusion des cercles qui comptent, le risque pour la carrière, La crainte de ne pas être publié. Dans les rédactions, les universités, les cabinets ministériels, il existe des choses qu’il vaut mieux ne pas dire. Personne ne l’écrit. Tout le monde le sait.

La novlangue, enfin. Dès 1946, Orwell l’avait compris : « le langage politique est conçu pour rendre les mensonges vraisemblables et donner une apparence de solidité à ce qui n’est que vent ». Le vocabulaire autorisé détermine le périmètre des réformes possibles. Une dépense s’examine ; un droit acquis ne se discute pas. Un déficit structurel se refonde ; un trou se bouche. Une charge alourdit ; une cotisation protège. Les mots choisis ont fait les politiques menées. L’immigration ne peut plus être discutée sereinement sans que les intervenants ne soient rapidement accusés de racisme. L’islam politique ne peut pas être nommé sans être accusé d’islamophobie. On préfère les mots polis : séparatisme, communautarisme. Ces termes décrivent le symptôme sans nommer la cause.

La novlangue n’interdit pas le diagnostic. Elle l’oblige à rester flou. Ce qui revient au même, puisque les politiques floues produisent des résultats nuls. Pierre Bourdieu l’avait écrit avec précision : « la censure la plus réussie est celle qui s’exerce en-deçà de la conscience ». Personne ne décide de censurer. Tout le monde s’autocensure par réflexe, par carrière, par peur du regard des pairs.

La preuve la plus claire vient du sommet de l’État. Dans son discours de politique générale du 14 janvier 2025, François Bayrou prononce, à propos des retraites, cette phrase extraordinaire : « sans aucun totem et sans aucun tabou, pas même l’âge de la retraite ». Un Premier ministre en exercice admet publiquement que le débat français est structuré autour de totems et de tabous. Il ne les dénonce pas. Il demande une dérogation provisoire, comme on sollicite un laissez-passer. Quand un Premier ministre doit promettre de ne pas respecter les tabous avant d’entrer en séance, c’est que les tabous gouvernent la séance.

Le coût mesurable

Pour mesurer le coût de ce verrou, il suffit de regarder ce qu’a fait, à la même époque, un pays voisin qui ne l’avait pas. En 2002, à Berlin, l’Allemagne est qualifiée par The Economist d’« homme malade de l’Europe ». Son chômage dépasse 10 %. Sa croissance est nulle. Le 14 mars 2003, Gerhard Schröder, chancelier social-démocrate, monte à la tribune du Bundestag : « Nous ne pouvons redistribuer que les richesses que nous avons d’abord créées. » Il poursuit : « l’État allemand devra réduire ses prestations, encourager la responsabilité individuelle, exiger davantage de chacun. » L’Agenda 2010 est lancé. La durée de l’allocation chômage est ramenée de trente-deux à douze mois. L’assistance chômage de longue durée fusionne avec l’aide sociale pour former Hartz IV. L’âge légal de la retraite est progressivement repoussé de 65 à 67 ans.

Au même moment en France, Jospin impose les 35 heures. Chirac, réélu en 2002, laisse filer la dépense publique. La dette publique française franchit la barre des 60 % du PIB. Pendant que Berlin allonge le temps de travail et durcit les conditions de l’emploi, Paris le raccourcit et protège les acquis. Le coût politique allemand est immédiat, prévu et assumé. Aux européennes de 2004, le SPD tombe à 21 %. En 2005, Schröder provoque une motion de confiance qu’il perd volontairement, déclenche des élections anticipées, et perd. Angela Merkel devient chancelière et récolte les fruits de la réforme. Dix ans plus tard, le bilan est éclatant. Deux millions et demi d’emplois sont créés entre 2004 et 2012. Le chômage allemand passe de 10 % à 5,5 %. L’Allemagne redevient la locomotive économique de l’Europe. L’Allemagne a eu sa crise et son mandat. La crise rend le diagnostic indiscutable. Le mandat rend la solution légitime.

La France n’a eu ni l’une ni l’autre. D’où notre situation. Les chiffres racontent la suite. En 2003, France et Allemagne affichaient un taux d’emploi quasi identique. Vingt ans après l’Agenda 2010, l’écart atteint 9 points : 68,4 % en France contre 77,4 % en Allemagne. L’écart est encore plus sévère aux deux extrémités de la vie active : 15 points chez les 15-24 ans, 16 points chez les 55-64 ans. Selon la Direction générale du Trésor, aligner le seul taux d’emploi français sur le niveau allemand représenterait 1,5 million d’emplois supplémentaires et 90 milliards d’euros de PIB par an. C’est le coût documenté, année après année, de l’impossibilité de nommer et donc de réformer.

Le progrès contre ses bénéficiaires

Le progressisme désavantage ceux-là mêmes qu’il prétend protéger. À l’école d’abord. La France a connu en 2022 sa plus forte chute en mathématiques depuis l’existence des évaluations PISA. L’écart entre élèves favorisés et défavorisés atteint 113 points contre 93 en moyenne dans l’OCDE. Un égalitarisme de façade qui aggrave méthodiquement les vraies inégalités. Les enfants des milieux populaires en sont les premières victimes, ceux-là mêmes que le discours progressiste prétend émanciper.

À la justice ensuite. L’explication prime sur la sanction. Les peines s’allègent, les sorties anticipées se multiplient, la récidive progresse. L’insécurité quotidienne augmente, surtout dans les quartiers modestes, ceux que personne n’ose nommer.

Au travail aussi. Source de dignité et d’indépendance, il est désormais décrit comme une pénibilité à compenser. On réduit la durée travaillée, on multiplie les dispositifs, on complexifie les statuts. Pendant que d’autres économies stimulent la prise de risque, la France organise des concours administratifs.

En septembre 2014, le géographe Christophe Guilluy publie « La France périphérique ». 61 % de la population vit dans une France invisible, petites villes, zones périurbaines, territoires ruraux, reléguée hors des métropoles qui concentrent les bénéfices de la mondialisation. Il nomme ce que tout le monde voit et que le récit progressiste interdit de nommer. La réaction est immédiate. Le chercheur est ostracisé, accusé de fournir des arguments à l’extrême droite.

En novembre 2018, les Gilets jaunes surgissent. Leur géographie correspond point par point à la carte de la France périphérique. Guilluy avait nommé la réalité quatre ans plus tôt. Ces quatre années se paient en politiques mal pensées, en territoires délaissés, en près de 290 000 personnes sur les ronds-points un samedi de novembre. Le mécanisme est paradoxal : nommer coûte une carrière, mais se taire peut coûter un pays.

Le déni fondateur

Les sociaux-démocrates suédois ou allemands ont su réformer sans trahir leur identité. La gauche n’est pas condamnée à ce blocage. Pourquoi la gauche française fait-elle exception ? Elle porte un traumatisme que ses homologues européens n’ont pas connu : l’effondrement public d’un programme économique entier en moins de deux ans, l’humiliation d’une conversion forcée, la nécessité d’inventer une nouvelle légitimité sur les ruines de l’ancienne. La gauche suédoise ou allemande n’a jamais eu à choisir entre ses convictions économiques et sa survie politique. Elle est restée fidèle à son projet de société ancré dans l’emploi, le pouvoir d’achat, la compétitivité.

Ce qui condamne la France, ce n’est donc pas la gauche en général mais une élite spécifique, construite sur ce déni fondateur, qui a tout à perdre si le déni s’effondre. Elle le défend par intérêt, non par conviction. Elle n’a pas réformé. Elle a sciemment délégué ses responsabilités. À Bruxelles les contraintes qu’elle refusait d’assumer. À la BCE la discipline qu’elle ne pouvait pas imposer. À l’euro la rigueur qu’elle ne voulait pas nommer. Cette posture commence avec Mitterrand lui-même.

Dans une déclaration télévisée exhumée en octobre 2025 par le politologue Dominique Reynié, il admet sans détour sur les retraites : « Le danger n’est pas pour aujourd’hui, il est pour après l’an 2000. Je pense que ce seront mes successeurs qui auront à s’en occuper. »

Le méta-verrou 1981 produit quatre effets cumulatifs. Il renforce le verrou de 1945 en l’universalisant : retraites, minima sociaux, fonction publique, nationalisations s’élargissent au-delà du soutenable. Y toucher n’est plus une question budgétaire mais une trahison identitaire. Il consolide le verrou de 1958 en l’épousant : Mitterrand, qui avait passé vingt ans à dénoncer la Vᵉ République, en devient le plus long bénéficiaire. Il crée son propre verrou en déplaçant le débat du terrain économique au terrain moral. Il prépare enfin le verrou de 1992 : la rigueur impossible à assumer en son nom propre est externalisée à Bruxelles et à l’euro. Le socialo-progressisme — dont le centrisme macronien est la forme tranquille, celle qui transforme l’inaction en sagesse — est le méta-verrou français. Il ne bloque pas un débat : il bloque la capacité de débattre. Il ne protège pas un intérêt particulier : il protège le système qui produit tous les autres blocages.

Mais il vacille. Depuis quelques années, les réseaux sociaux ont court-circuité les gardiens du débat légitime. Les atteintes à la liberté d’expression deviennent visibles et contestables. Les connivences entre politique et journalisme sortent au grand jour. Des sujets interdits reviennent dans la conversation publique, des chiffres tus circulent, des intellectuels hier marginalisés sont lus par centaines de milliers de lecteurs. Le progressisme le sent. Il réagit par la surenchère, mais dans ses bastions les mieux tenus, ses certitudes sont ébranlées.

C’est maintenant qu’il faut accélérer. Le mandat explicite de 2027 sera le levier pour transformer le frémissement en bascule. 1981 a cependant été externalisé en 1992 et refinancé à crédit pendant vingt ans. Car la facture ne va pas tarder.

Paul Corey