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LAST CALL : Anatomie d’un sursaut en 2027

Synopsis d'un livre WOW! à paraître

LAST CALL : Anatomie d’un sursaut en 2027

Une démocratie qui projette de payer, dans cinq ans, plus de 200 milliards d’euros d’intérêts par an sur sa dette publique, et qui choisit de ne rien faire, révèle un problème bien plus profond qu’un dérapage comptable. Cinq démocraties occidentales ont résolu la même équation en moins d’une décennie. Aucune n’était plus simple à gouverner.

Quatre verrous historiques tiennent la France immobile depuis quarante ans. 1945, un modèle social hissé au rang de totem intouchable. 1958, une monarchie républicaine séparée de sa contrepartie populaire. 1981, le basculement progressiste qui a disqualifié le débat économique. 1992, l’euro acheté contre la souveraineté monétaire. Une aristocratie d’État, formée dans quelques amphithéâtres parisiens, entretient l’ensemble avec la régularité d’un calendrier.

Pris isolément, chacun serait gérable. Cumulés, ils forment une mécanique redoutable. Refonder le modèle social suppose une marge budgétaire que l’euro à bas taux a permis de gaspiller. Retrouver cette marge suppose un mandat populaire que 1981 a appris à contourner. Convoquer ce mandat suppose de désamorcer les disqualifications du progressisme. Et déloger cette caste qui survit aux alternances, parce qu’elle rédige aussi les décrets d’application.

L’addition arrive pourtant, sans avoir besoin du moindre vote. D’ici 2032, le bloc social aura mécaniquement augmenté de 135 milliards d’euros annuels : vieillissement, inflation thérapeutique, dépendance. Le produit arithmétique de la démographie, ajouté au déficit actuel, porte l’écart à 9 % du PIB. Le service de la dette deviendra alors le premier poste budgétaire de l’État, devant l’Éducation et la Justice réunies.

D’autres pays ont traversé des épreuves similaires. La Suède de 1993 efface un déficit supérieur à douze pour cent du PIB en cinq ans, sans démanteler son État-providence. Le Canada de Paul Martin élimine cinq points de PIB de déficit fédéral en trois ans. Le Danemark passe de neuf pour cent de déficit en 1982 à un excédent en 1986. Les Pays-Bas signent les accords de Wassenaar la même année. L’Allemagne déploie l’Agenda 2010 entre 2003 et 2005. Aucun n’était plus simple à réformer. Tous ont compris la même chose : la simultanéité.

C’est l’erreur récurrente des grandes tentatives françaises. Juppé 1995, réforme isolée des régimes spéciaux : la rue gagne en trois semaines. Fillon 2003, réforme partielle : elle ne tient pas. Macron 2023, réforme paramétrique sans contrepartie : la majorité politique se fracture. À chaque fois, une catégorie ciblée se vit comme sacrifiée pendant que les autres restent à l’écart.

Un sursaut fonctionne autrement. Quatre leviers déployés ensemble. La retraite ramenée à 65 ans et le marché du travail refondu sur la flexisécurité danoise : 25 à 40 milliards d’euros annuels à terme. Un chantier de gouvernance du modèle social qui nomme enfin un pilote par mission : 35 à 60 milliards. Un plan d’intelligence artificielle souveraine qui capte la prochaine vague de productivité et refonde nos services publics : 15 à 25 milliards de recettes nouvelles. Une modernisation du statut de la fonction publique sur le modèle nordique: 15 à 20 de plus. Ensemble, 130 à 185 milliards à horizon 2032.

Aucune institution n’est démantelée. Toutes voient leur périmètre redéfini. Aucune révision constitutionnelle n’est nécessaire. Les leviers existent. Le rapport entre la France et le sursaut tient désormais à une seule variable : mandater notre futur monarque pour un vrai projet fait d’ambition, de courage et de simultanéité collective.

La fenêtre démocratique se rétrécit chaque année. À défaut d’un mandat en 2027, un autre apparaîtra plus tard. Plus brutal. Plus rapide. Sous pression des marchés, d’une dégradation supplémentaire, d’une crise européenne. La tronçonneuse argentine deviendra alors la tentation. À force de confondre modération et inaction, le pays appellera la radicalité.

En 2027, la question n’est plus de savoir si la France peut produire un sursaut. Elle est de savoir s’il viendra encore d’elle, ou s’il lui sera imposé par d’autres.

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Paul Corey