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France 2027 : le sécateur ou la tronçonneuse ?

2027: Last Call Anatomie d'un sursaut

France 2027 : le sécateur ou la tronçonneuse ?

Quand un pays taxe ses contribuables plus que n’importe quel autre pays au monde pour financer un modèle social à 940 milliards d’euros par an et voit malgré tout sa dette atteindre 117,5 % du PIB, il ne finance plus une protection : il repousse une échéance. Quatre dates ont construit ce piège. Une élection peut encore le desserrer.

La France vit sous quatre verrous historiques, posés un par un, jamais rouverts.

1945. La Sécurité sociale fut une invention géniale pour un pays jeune et en reconstruction. Quatre-vingts ans plus tard, le vieillissement démographique et le refus obstiné de la capitalisation ont transformé le chef-d’œuvre en une charge insoutenable.

1958. La Ve République a concentré le pouvoir entre les mains d’un président armé d’un mandat clair. Depuis 1983, le mandat a disparu ; le pouvoir est resté. Une monarchie républicaine sans mission ni majorité produit mécaniquement l’immobilisme et frustration.

1981. L’élargissement du modèle social sans sa soutenabilité économique, puis la rigueur de 1983 externalisée à Bruxelles. Le débat économique a quitté le terrain des chiffres pour celui de la morale. Le socialisme est devenu progressisme. Le camp du bien fait passer toute remise en cause du système et de ses acquis, pour une trahison.

1992. L’euro a offert à la France une dette à bas prix. Elle s’en est servie pour différer les réformes plutôt que pour les financer. La souveraineté monétaire a été échangée contre du temps.

Ces verrous sont gardés par une “aristocratie d’État”, formée de hauts fonctionnaires qui contrôle les administrations et leurs réformes, multiplie les allers retours public/privé et survivent à tous les gouvernements quand ils n’en font pas partie.

La facture, elle, grandit. Plus de 3 500 milliards d’euros de dette, une charge d’intérêts qui rivalise désormais avec le budget de l’Éducation nationale.

Le livre 2027: Last Call Anatomie d’un sursaut chiffre la cible : 145 milliards d’économies sur le bloc social d’ici 2032, 40 milliards sur le bloc souverain. Des ordres de grandeur que le Danemark, la Suède et l’Allemagne ont su affronter en leur temps.

Les leviers existent et sont largement connus. Par exemple, la retraite à 65 ans et marché du travail réformé. La réforme de la fonction publique. Un pilote unique par mission sociale, là où prospèrent aujourd’hui les responsabilités diluées. Un Plan Monge pour saisir la révolution de l’intelligence artificielle et sortir le pays de la complexité kafkaïenne de ces procédures administratives plus un million d’actifs formés en cinq ans avec des gains de productivité prodigieux a espérer tant dans le public que le privé.

Reste le choix de l’outil pour mettre en oeuvre ces leviers. Le sécateur : un ajustement démocratique, ordonné, porté par un mandat explicite validé dans les urnes. Ou la tronçonneuse : un ajustement subi, imposé par les marchés ou par la crise, comme l’Argentine vient d’en faire l’expérience brutale.

L’élection de 2027 est capitale. Quel(le) candidat(e) tiendra le sécateur avant que FMI et BCE ne lui impose la tronçonneuse ?.

Paul Corey