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Elon Musk : génie bâtisseur ou inventeur fou ?

Édito WOW! · 7 juillet 2026

Elon Musk : génie bâtisseur ou inventeur fou ?

Il est devenu le premier trillionnaire de l’histoire le 12 juin 2026 : SpaceX entrait en bourse sur le Nasdaq, 75 milliards levés, valorisation de 1 770 milliards de dollars. Sa fortune a franchi 1 000 milliards. Puis les marchés ont corrigé. Comme s’ils avaient du mal à prendre la pleine mesure de ces contributions…

Elon Musk est une équation que personne ne résout. Trop grand pour être ignoré. Trop instable pour être suivi sans réserve.

Ses entreprises reconfigurent l’espace, l’automobile, l’IA et les communications mondiales. Derrière l’empire : un homme que ses enfants fuient, que les tribunaux européens convoquent sans succès, et dont les déclarations impulsives effacent en quelques minutes des milliards de capitalisation.

Comprendre Musk impose de remonter à Pretoria, 1971.

Un père ingénieur, émotionnellement instable, qui prend le parti des agresseurs quand son fils sort de l’hôpital battu. Des accusations graves d’abus sexuels contre Errol Musk, révélées par le New York Times en 2025. Elon dira qu’Errol était « la personne la plus maléfique » qu’il ait jamais connue. C’est cette blessure qui propulse les fusées.

L’enfant se réfugie dans les livres. Asimov, Adams, Tolkien. Ces univers lui transmettent une conviction : la réalité peut être transformée par une seule personne dotée d’une vision suffisamment puissante. À dix-sept ans, il quitte l’Afrique du Sud plutôt que de servir l’apartheid.

Ce qui suit est une trajectoire d’homme qui convertit chaque défaite en carburant.

Zip2 vendu 307 millions. X.com, dont il est évincé lors de son voyage de noces. Un paludisme falciparum qui le cloue en soins intensifs. PayPal racheté 1,5 milliard par eBay en 2002. Musk encaisse entre 165 et 250 millions selon les sources, qu’il réinvestit aussitôt : SpaceX, Tesla, SolarCity.

Les deux failliront simultanément.

Tesla accumule les retards. Les trois premiers lancements de la Falcon 1 explosent. En 2008, un seul essai reste avant la faillite. Le quatrième atteint l’orbite. La NASA signe 1,6 milliard dans la foulée. Quelques semaines plus tôt, on appelait encore ça une folie.

La méthode s’est répliquée à grande échelle : Neuralink, The Boring Company, xAI fusionné avec SpaceX début 2026. L’empire se verticalise. Satellites, fusées, intelligence artificielle, réseau social avec toujours la même architecture: un seul homme aux commandes.

Ce point de concentration cristallise l’inquiétude.

En 2025, Trump nomme Musk à la tête du DOGE. Pendant 130 jours, il licencie des dizaines de milliers de fonctionnaires, promet 2 000 milliards d’économies. Le bilan réel, selon le Financial Times, n’en confirme qu’un tiers.

Tesla perd 27 % de ses ventes en Europe. En France, le parquet de Paris ouvre une enquête sur X pour complicité de diffusion d’images pédopornographiques et deepfakes via Grok. Convoqué le 20 avril 2026, Musk refuse de comparaître et injurie les magistrats avec des propos homophobes publiés sur son propre réseau.

En même temps, l’empire Musk produit réussites et échecs, records et ruines.

Musk contrôle des satellites qui pèsent sur des conflits militaires, des élections, des marchés financiers. Sa fortune au 25 juin 2026 avoisine 957 milliards selon Bloomberg. Il reste de loin l’homme le plus riche de l’histoire.

Ses 14 enfants aux prénoms-manifestes: X Æ A-Xii, Techno Mechanicus, Seldon Lycurgus… portent la marque d’un homme qui confond l’intime et l’idéologique. Plusieurs se sont publiquement éloignés de lui.

La question n’est plus de savoir si Elon Musk changera le monde. Elle est de savoir qui contrôle celui qui le contrôle.

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Paul Corey