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Mathilde Panot

Une ascension rapide à l'intérieur d'un parti...

Mathilde Panot

De Voisin Malin (association de quartiers) à l’Assemblée nationale : une carrière construite entièrement à l’intérieur d’un parti, sans jamais avoir administré quoi que ce soit.

Née le 15 janvier 1989 à Tours, fille d’un formateur en agronomie et d’une professeure de mathématiques. Enfance à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin, commune rurale au bord de la Loire. Classe prépa lettres à Orléans, puis Sciences Po Nancy sur le campus franco-allemand. Elle milite à l’UNEF, observe les réunions de Die Linke à Berlin. Aucune trajectoire de cabinet, aucun mandat local, aucune expérience de l’État.

Son seul emploi salarié avant la politique : coordinatrice de projets à l’association Voisin Malin, qui sensibilise les habitants des quartiers populaires aux questions de santé et d’accès aux droits. Neuf ans de militantisme associatif. Zéro expérience de l’entreprise, de la fonction publique ou d’une collectivité.

En 2016, Mélenchon la repère et en fait la coordinatrice des groupes d’appui LFI pour sa campagne présidentielle. La trajectoire est tracée de l’intérieur.

En juin 2017, à 28 ans, elle bat la candidate macroniste en Val-de-Marne avec 1 068 voix d’écart. Le 12 octobre 2021, elle succède à Mélenchon à la présidence du groupe LFI, devenant la plus jeune présidente de groupe de l’histoire de la Ve République.

En juin 2022, la NUPES propulse le groupe de 17 à 75 députés. En juillet 2024, réélue au premier tour avec 59 % des voix. Vote conforme à son groupe dans 100 % des scrutins solennels répertoriés — taux supérieur à la moyenne de son propre camp.

En 2022, elle co-dépose avec la macroniste Aurore Bergé une proposition de loi pour inscrire l’IVG dans la Constitution. Victoire en mars 2024 : l’article 34 est modifié par le Congrès. C’est son bilan législatif le plus concret — obtenu par une alliance transpartisane avec le camp qu’elle combat chaque jour à la tribune.

Le 7 octobre 2023, le groupe LFI décrit l’attaque du Hamas comme une « offensive armée de forces palestiniennes », sans nommer l’organisation comme terroriste. En avril 2024, Panot est convoquée par la police pour « apologie du terrorisme » — première présidente de groupe parlementaire d’opposition convoquée dans ce cadre sous la Ve République. Le 24 janvier 2025, le parquet classe sans suite : « l’infraction n’apparaît pas suffisamment caractérisée ». Elle transforme la procédure en tribune nationale.

France Info révèle par ailleurs qu’elle a perçu 11 040 euros pour 1 725 heures via l’association L’Ère du Peuple, avec 87 150 euros facturés à Mélenchon. Aucune suite judiciaire.

En 2024, le NFP remporte les législatives sans accéder au gouvernement. LFI obtient 72 sièges, reste dans l’opposition. Huit ans de mandat, aucun poste exécutif, aucune politique publique à défendre ou à assumer. La radicalité parlementaire prospère précisément parce qu’elle n’a jamais eu à gérer quoi que ce soit.

Ainsi, Mathilde Panot a bâti l’une des carrières les plus rapides de la gauche française en ne quittant jamais le seul terrain qu’elle maîtrise — la contestation — transformant l’absence d’expérience en posture, et l’intérieur d’un appareil partisan en substitut du réel.

Paul Corey