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Milei : la tronçonneuse en action

Édito WOW! · 28 mai 2026

Milei : la tronçonneuse en action

En novembre 2023, l’Argentine élit un économiste qui brandit une tronçonneuse en meeting et promet d’exterminer l’inflation, de dollariser l’économie et de fermer la banque centrale.

La presse internationale prédit le chaos en trois mois ; une lettre publiée dans The Guardian quelques jours avant le scrutin, signée par plus de cent économistes, prévoit l’hyperinflation.

Près de trente mois plus tard, l’inflation annuelle est passée de 211,4 % à 31,5 %, le pays a affiché son premier excédent budgétaire en quatorze ans, et la dette publique a fondu de plus de soixante points de PIB. La question n’est plus de savoir si Milei a tenu ses promesses. Elle est de savoir à quel prix.

Pour comprendre l’expérience Milei, il faut comprendre 2023. L’Argentine termine l’année avec une inflation annuelle de 211 %, la plus élevée depuis trente-deux ans selon l’INDEC, son institut national de statistique. Le peso a perdu plus de cinq sixièmes de sa valeur en quatre ans face au dollar. La dette publique est passée de 84 % du PIB en 2022 à 155 % en 2023 selon le FMI, sous l’effet combiné de la dévaluation et de la fuite des réserves. La pauvreté touche 42 % de la population à la prise de fonction. Quarante mille soupes populaires fonctionnent à plein régime. Le pays vit son neuvième défaut de paiement souverain en deux siècles.

Le modèle qui s’effondre est celui du péronisme, la gauche populiste fondée par Juan Perón dans les années 1940, qui a dirigé l’Argentine seize années sur vingt entre 2003 et 2023. Il reposait sur une dépense publique massive, financée par la création monétaire de la banque centrale lorsque les recettes fiscales ne suivaient pas ; des contrôles de prix et de change pour contenir la spirale inflationniste qui en résultait ; des subventions universelles aux tarifs de l’énergie, des transports et des biens de base, pour maintenir la paix sociale. Le système se mordait la queue.

Dans ce contexte, l’économiste Javier Milei, élu député deux ans plus tôt, à la tête d’un parti, La Libertad Avanza, fondé en 2021, réunit 30 % des voix au premier tour du scrutin présidentiel le 22 octobre 2023, puis l’emporte au second tour le 19 novembre avec 55,7 %, grâce au report des voix de Patricia Bullrich et au soutien de Mauricio Macri, ancien président de centre-droit.

Plus de 14 millions de bulletins : le score le plus élevé depuis le retour à la démocratie en 1983.

Milei se définit lui-même comme « anarcho-capitaliste » dans la théorie, « minarchiste » dans la pratique. Son programme tient en trois promesses qui semblent toutes irréalisables : exterminer l’inflation, dollariser l’économie pour priver la banque centrale du pouvoir de financer le déficit par la planche à billets, et tronçonner l’appareil d’État. Au jour de son investiture, le 10 décembre 2023, deux mots prononcés depuis le balcon de la Casa Rosada résument la doctrine et deviendront le mantra du mandat : « no hay plata » — « il n’y a plus d’argent ». La phrase finira inscrite sur les casquettes que Milei distribuera à Davos.

Acte un : la dévaluation choc. Le 12 décembre 2023, deux jours après l’investiture, le ministre de l’Économie Luis Caputo annonce à la télévision la dévaluation du peso de 54 %. Le taux officiel passe de 366 à 800 pesos pour un dollar, et la banque centrale fixe par ailleurs un objectif de dévaluation mensuelle progressive de 2 % — un « crawling peg » destiné à éviter le retour brutal de la sous-évaluation. Pour comprendre la portée du geste, il faut savoir qu’existaient en réalité, à cette date, plusieurs taux de change parallèles : le taux officiel à 366, le « dollar bleu » à environ 1 000 sur le marché de la rue, le taux MEP, le taux contado con liqui pour les exportateurs, le taux touriste. Cette multiplication résultait d’années de contrôles destinés à empêcher la fuite des capitaux ; elle obligeait la banque centrale à brûler ses réserves pour défendre une parité officielle intenable. La dévaluation aligne le taux administré sur le « dollar bleu » réel et arrête l’hémorragie.

Le coût immédiat est brutal : l’inflation mensuelle bondit à 25,5 % en décembre 2023. Le bénéfice est structurel. La balance commerciale, déficitaire depuis des années, affiche un excédent record de 18,9 milliards de dollars en 2024. Depuis le 14 avril 2025, dans le cadre d’un nouvel accord avec le FMI, le peso flotte librement dans une bande de 1 000 à 1 400 pesos pour un dollar : la fin officielle du double cours après quinze ans de fiction.

La fin des prix administrés. Depuis l’ère Kirchner, l’Argentine avait construit un système de subventions tarifaires devenu structurel. L’électricité, le gaz, les transports en commun étaient facturés aux ménages à environ un dixième de leur coût de production réel — la différence étant payée par l’État aux producteurs, puis monétisée par la banque centrale. Cette politique pesait deux à trois points de PIB par an et alimentait directement l’inflation, le déficit ainsi créé étant financé par la planche à billets. Pendant les six premiers mois de 2024, le gouvernement supprime progressivement ces subventions. Les tarifs domestiques de l’électricité et du gaz montent de plusieurs centaines de pour cent en quelques mois ; les transports en commun, autrefois quasi gratuits dans la zone métropolitaine de Buenos Aires, deviennent payants à un niveau proche du coût réel. C’est le « tarifazo ». Pour les ménages modestes, le budget énergétique passe parfois de 2 % à 15 % du revenu disponible. La pauvreté grimpe à 52,9 % au premier semestre 2024 selon l’INDEC, contre 41,7 % à la prise de fonction — le pire niveau depuis la sortie de la crise de 2001. Le coût budgétaire, lui, s’évapore : la ligne « subventions à l’énergie » disparaît presque entièrement en un trimestre.

Le démantèlement ministériel. Le jour même de l’investiture, Milei monte à la tribune avec un tableau blanc sur lequel sont disposées des étiquettes adhésives — chacune portant le nom d’un ministère du gouvernement sortant. Devant les caméras, il arrache une à une les étiquettes des ministères qu’il supprime, en criant « afuera ! » — « dehors ! » en espagnol. Le geste devient l’image de marque du mandat. Le décret 8/2023, publié dès le lendemain, ramène le gouvernement de dix-huit ministères à neuf. Les ministères de la Femme, de la Culture, de l’Éducation, du Travail, de l’Environnement, du Tourisme et de la Science et Technologie perdent leur autonomie : ils sont fondus en un seul super-portefeuille appelé « Capital humano », confié à Sandra Pettovello, ancienne journaliste sans expérience gouvernementale antérieure. Chaque suppression de ministère entraîne celle des secrétariats d’État, sous-secrétariats, directions générales et organismes affiliés. Une instruction présidentielle ordonne en outre le non-renouvellement automatique des contrats des fonctionnaires recrutés dans les douze mois précédant la prise de fonction — typiquement les cadres placés par l’administration sortante, considérés comme des nominations politiques de fin de cycle.

Le plan “motosierra” (tronçonneuse) pour la fonction publique. Le démantèlement ministériel ouvre la voie à la réduction des effectifs, documentée pas à pas. Confiée à Federico Sturzenegger — ancien président de la banque centrale, devenu ministre de la Dérégulation et de la Transformation de l’État — l’opération produit en 2024 un total de 37 595 suppressions de postes : 22 302 dans l’administration centralisée, 12 410 dans les entreprises publiques, 2 883 dans les forces de sécurité et l’armée. En 2025, le rythme se poursuit avec 21 742 départs supplémentaires, soit -7,2 % d’une année sur l’autre. Au total, entre octobre 2023 et décembre 2025, l’effectif de l’Administration publique nationale et des entreprises d’État a fondu de 58 903 postes, soit -17 %. Trois entités concentrent les pertes : le Correo Argentino, l’Operadora Ferroviaria, et l’AFIP — l’équivalent de la Direction générale des Finances publiques — reconvertie en ARCA, Agencia de Recaudación y Control Aduanero. Le gouvernement chiffre à 2 444 millions de dollars l’économie annuelle générée par ces départs cumulés. Combinée à la fin des subventions à l’énergie, à la suspension quasi totale des travaux publics et au gel des transferts aux provinces, cette compression de la masse salariale permet à l’Argentine d’afficher dès janvier 2024 ses premiers excédents primaires mensuels en quatorze ans, puis de boucler l’exercice 2024 sur un excédent primaire de 1,8 % du PIB et un excédent financier de 0,3 %. Le revers est documenté avec la même précision. Le syndicat ATE dénonce un « plancher historique » de la capacité prestataire de l’État. Le Service météorologique national perd 15 % de ses effectifs. L’INADI — l’institut national contre la discrimination — a disparu. La Defensoría del Público a été désactivée. L’agence de presse publique Télam a fermé : 597 de ses 790 employés ont été licenciés. Le décret 7/2025 a même institué une prime salariale pour les fonctionnaires qui acceptent de réduire leur propre dotation. L’État se réorganise en se mangeant lui-même.

Le mégadécret. Le 20 décembre 2023, dix jours après l’investiture, Milei publie le DNU 70/2023, intitulé « bases pour la reconstruction de l’économie argentine ». Trois cent soixante-six articles modifient ou abrogent plus de soixante-dix lois en une seule nuit. La liste des secteurs touchés est vertigineuse : l’encadrement des loyers est totalement supprimé (Ley de Alquileres), la loi d’approvisionnement disparaît (Ley de Abastecimiento), les conventions collectives deviennent renégociables à la baisse, la période d’essai passe de trois à huit mois, les indemnités de licenciement sont divisées par deux, le rachat de terres argentines par des étrangers est libéralisé, et une quarantaine d’entreprises publiques sont initialement déclarées sujettes à privatisation. L’instrument est constitutionnellement contestable. L’article 99 alinéa 3 de la Constitution argentine n’autorise les décrets de nécessité et d’urgence que dans des « circonstances exceptionnelles » rendant impossible le passage par le Congrès — or, le Congrès était précisément convoqué en session extraordinaire à partir du 26 décembre. Mais la mécanique de la loi 26.122, qui régit l’application des DNU, protège l’exécutif : un décret ne tombe que par rejet conjoint des deux chambres, situation quasi-impossible avec un Parlement fragmenté où La Libertad Avanza détient moins de 15 % des sièges. Le 14 mars 2024, le Sénat rejette le DNU par 42 voix contre 25 et 4 abstentions — première fois dans l’histoire récente qu’une chambre rejette explicitement un décret présidentiel d’urgence. Mais la Chambre des députés ne se prononce pas, et le texte reste pleinement en vigueur. Sur le volet du travail (titre IV, articles 53 à 97), la Chambre nationale d’appel du travail a déclaré l’inconstitutionnalité dès janvier 2024, suspendant l’application des réformes les plus contestées par les centrales syndicales CGT et CTA. Les effets mesurés du décret sont paradoxaux : la dérégulation des loyers a fait remonter l’offre locative à Buenos Aires, mais aussi triplé les loyers ; la libéralisation pharmaceutique a réduit les marges des chaînes ; la fin de la loi d’approvisionnement a normalisé les rayonnages des supermarchés ; l’ouverture du capital étranger sur les terres a réveillé un investissement bloqué depuis 2011. Sur les 76 DNU émis depuis décembre 2023, selon le décompte du collectif Palabras del Derecho, aucun n’a encore été frappé d’inconstitutionnalité par la Cour suprême, qui conserve huit dossiers en délibéré. Milei a contourné les vetos institutionnels, sans les désarmer.

La loi Bases. Là où le DNU avait permis de légiférer par décret, la réforme structurelle exigeait une loi votée. La « Ley de Bases y Puntos de Partida para la Libertad de los Argentinos » — improprement appelée « Ley Ómnibus » par la presse — est déposée le 27 décembre 2023 avec un texte titanesque de 664 articles. Sa première version échoue en commission à la Chambre basse en février 2024. Une seconde version, réécrite et négociée pendant six mois, est finalement adoptée au Sénat le 12 juin 2024 par 36 voix contre 36, départagées par le vote décisif de la vice-présidente Victoria Villarruel, puis validée par les députés le 27 juin. Promulguée le 8 juillet 2024 sous le numéro 27.742, la loi compte alors 238 articles — un peu plus du tiers du texte initial. Le texte instaure un état d’urgence économique d’un an, qui transfère temporairement à l’exécutif des prérogatives normalement parlementaires ; autorise la privatisation de huit entreprises publiques (parmi lesquelles l’Operadora Ferroviaria, le distributeur d’eau AySA, Belgrano Cargas, Intercargo, Energía Argentina, la société de centrales nucléaires Nucleoeléctrica et la mine de charbon de Río Turbio) ; allège la fiscalité des entreprises ; offre une amnistie aux Argentins détenant des dollars hors du système formel — le « blanqueo », qui a permis de faire revenir plusieurs dizaines de milliards de dollars dans le circuit bancaire officiel ; et crée surtout le Régime d’Incitation aux Grandes Investissements (RIGI), qui offre des avantages fiscaux, douaniers et de change aux projets supérieurs à 200 millions de dollars sur trente ans. Trois entreprises stratégiques sont retirées de la liste après négociation : Aerolíneas Argentinas, le Correo Argentino, et la Radio et Télévision Argentine. Sur les douze mois de pouvoirs spéciaux accordés par l’état d’urgence économique, le gouvernement publie 96 décrets délégués, dissolvant ou fusionnant une cinquantaine d’organismes. Onze projets sollicitent le RIGI à la date de novembre 2025 ; cinq sont approuvés : un parc solaire, un oléoduc, une usine de liquéfaction de gaz naturel, un projet minier de lithium à Salta, et une aciérie à San Nicolás dans la province de Buenos Aires. Le scandale Kueider — sénateur dont le vote a été décisif pour l’adoption, arrêté en décembre 2024 au Paraguay avec 200 000 dollars non déclarés — jette une ombre durable sur la régularité du processus.

Quatre enseignements se dégagent à mi-parcours.

La séquence a compté davantage que l’idéologie affichée. Milei n’a finalement ni dollarisé l’économie, ni fermé la banque centrale — ses deux promesses-phares de campagne ont été silencieusement abandonnées en pratique, parce qu’elles supposaient des réserves de dollars que l’Argentine ne possédait pas. À leur place, le gouvernement a appliqué une politique monétaire d’orthodoxie classique : arrêt total de l’émission de pesos pour financer le déficit budgétaire, recapitalisation progressive de la banque centrale, équilibre budgétaire atteint dès janvier 2024 — premier excédent primaire mensuel depuis quatorze ans. L’inflation, devenue purement monétaire faute de planche à billets, a refluè mécaniquement à mesure que la masse monétaire se stabilisait : 211,4 % fin 2023, 117,8 % fin 2024, 31,5 % fin 2025. Le « plan de stabilisation par le choc » que Caputo expose au FMI ressemble bien davantage aux programmes orthodoxes de la Banque mondiale des années 1990 qu’à une expérience libertarienne inédite. La rupture est dans le rythme, pas dans la grammaire économique — ce que la lettre des cent économistes du Guardian n’avait pas vu, et qui explique leur erreur de prédiction.

Le coût social a été immédiat, brutal et inégalement distribué. La pauvreté a frôlé 53 % au premier semestre 2024 — le pire niveau depuis 2001 — avant de refluer à 31,6 % au premier semestre 2025, sous le niveau hérité de l’administration Fernández. Mais l’Université catholique argentine et le sociologue Daniel Schteingart soulignent les limites méthodologiques de la mesure officielle : la pauvreté structurelle, qui mesure l’accès à l’eau, au logement et à la scolarisation, n’a pas reculé proportionnellement au revenu. Quatorze millions d’Argentins restent sous le seuil. Plus largement, le recul de l’inflation s’est accompagné de la fermeture de plus de 2 000 entreprises, de la disparition de 73 000 emplois dans l’industrie manufacturière, et d’une chute de 34,1 % des salaires réels du secteur public entre novembre 2023 et novembre 2025 selon le CEPA. Une lecture critique en tire la conclusion suivante : l’inflation s’est éteinte par épuisement de la demande intérieure, non par retour de la productivité. La patience démocratique, elle, a tenu jusqu’à la limite : les élections de mi-mandat du 26 octobre 2025 ont confirmé Milei avec 40,84 % des voix pour La Libertad Avanza — dix points de plus qu’au premier tour de 2023, et un triplement de la représentation parlementaire, qui passe de 37 à 95 sièges à la Chambre des députés.

La dérégulation par décret n’est ni gratuite ni durable. Le DNU 70/2023 a été rejeté par le Sénat ; la loi Bases n’a passé qu’amputée des deux tiers de ses articles initiaux ; chaque mois consomme du capital politique dans des recours, des votes parlementaires, des manifestations syndicales, des décisions judiciaires. Milei a contourné les vetos institutionnels argentins — Comisión Bicameral assoupie, Cour suprême prudente, Chambre basse partagée — sans pour autant les désarmer. Le décret 7/2025, qui institue une prime salariale aux fonctionnaires acceptant de réduire leur propre dotation, illustre une dérive plus profonde : ce qui devait être transitoire devient mode de fonctionnement courant. La Constitution argentine n’autorise les DNU que dans des « circonstances exceptionnelles ». Trente mois plus tard, l’exception est devenue la règle.

Le quatrième enseignement, plus récent, concerne la dimension internationale. Le sauvetage américain négocié par Donald Trump en octobre 2025 — un swap de devises de 20 milliards de dollars signé par le Trésor américain, complété par une facilité d’investissement de 20 milliards en discussion — a permis à l’Argentine d’éviter un défaut de paiement de cinq milliards de dollars en janvier 2026. Le prix politique de ce soutien est l’alignement explicite sur Washington : retrait des BRICS, votes isolés aux Nations unies, déclarations en faveur d’Israël et contre Pékin. Le modèle économique repose désormais sur la stabilité d’un partenariat bilatéral qu’aucune élection américaine ne garantit au-delà de 2028. La motosierra dépend, en silence, de la longévité d’une administration étrangère.

En mai 2026, l’expérience argentine est un cas d’école que Trump, Orbán, Meloni et le Vox espagnol présentent comme un modèle exportable. Elle est aussi, selon le politologue argentin Martin Mosquera, l’illustration de ce qui arrive « quand la cure est plus létale que la maladie ». Les deux lectures cohabitent, comme cohabitent dans les statistiques argentines un excédent budgétaire inédit et une industrie en chute libre, une inflation domptée et une demande effondrée, une stabilité retrouvée du peso et une dépendance accrue aux financements externes.

Milei a fait reculer l’hyperinflation. Reste à savoir s’il a construit autre chose qu’un répit.

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Paul Corey