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Argentine : Milei prouve que le redressement est possible

Comptes redressés, inflation freinée, pauvreté en recul : Milei montre qu’un pays peut reprendre son destin en main.

Argentine : Milei prouve que le redressement est possible

Une inflation ramenée de plus de 200 % à 31,5 % en deux ans. Un budget national revenu à l’excédent dès janvier 2024. Une pauvreté nettement inférieure à celle qui précédait son arrivée. Javier Milei obtient des résultats que beaucoup jugeaient hors d’atteinte. L’Argentine reste fragile, mais elle apporte déjà une démonstration précieuse : le déclin peut être combattu.

On peut discuter son tempérament, ses formules et sa mise en scène. Il faut surtout regarder ce qu’il accomplit. Derrière les provocations, une ligne se dessine. Derrière la tronçonneuse, une stratégie. Et derrière la stratégie, une volonté de tenir.

Ce qui frappe d’abord, c’est la cohérence de la démarche.

Milei part d’un constat simple. Un pays ne peut pas distribuer durablement une richesse qu’il ne produit pas, financer ses déficits par la création monétaire, puis présenter la facture aux habitants sous forme d’inflation.

Il agit donc sur plusieurs fronts à la fois : les comptes publics, la monnaie, les règles économiques et les conditions de l’investissement. Assainir les finances pour rétablir la confiance. Stabiliser la monnaie pour permettre de prévoir. Desserrer les contraintes pour encourager l’activité. Mieux cibler les aides pour protéger ceux qui en ont besoin.

Ces décisions suivent une même direction : remettre l’économie en capacité de produire, d’investir et d’employer.

Premier succès : la rupture budgétaire tient dans la durée.

Le secteur public national affiche un excédent, intérêts compris, dès janvier 2024. L’effort se prolonge ensuite : le FMI constate deux années consécutives d’excédents primaires et un léger excédent global de trésorerie en 2025.

C’est un changement majeur pour un pays longtemps habitué aux déficits et aux crises de financement. L’équilibre cesse d’être une promesse repoussée à la prochaine législature. Il devient une discipline de gouvernement.

Les fameux « 30 % » correspondent à une baisse de 30,8 % des dépenses primaires de l’administration nationale, en termes réels, en janvier 2024 par rapport à janvier 2023. L’effort est considérable. Retraites, programmes sociaux et rémunérations en supportent une part importante. Il a donc un coût humain, qu’il faut reconnaître.

Mais la portée politique demeure : Milei engage le changement immédiatement et maintient son cap. La suite doit consolider ces économies par une meilleure organisation, des règles plus efficaces et une activité plus forte.

Deuxième succès : l’inflation recule spectaculairement.

Supérieure à 200 % fin 2023, l’inflation annuelle descend à 31,5 % fin 2025. Elle reste trop élevée, mais le changement d’échelle est immense.

Pour une famille, l’inflation transforme le salaire en glaçon qui fond dans la main avant d’atteindre la caisse. Pour une entreprise, elle rend les coûts illisibles et les contrats fragiles. Pour un épargnant, elle pousse vers le dollar.

La faire reculer, c’est rendre un horizon aux décisions. Pouvoir acheter, épargner, prévoir une dépense ou préparer un investissement sans craindre que tout soit bouleversé quelques semaines plus tard.

La stabilité monétaire est la condition première de toute protection sociale.

Les ménages modestes disposent de peu de moyens pour mettre leur argent à l’abri. Ils subissent immédiatement la hausse des produits essentiels. Réduire l’inflation protège donc leur revenu au quotidien.

Une aide publique compte. Ce qu’elle permet réellement d’acheter compte davantage.

Troisième résultat : la pauvreté a nettement diminué.

Dans les agglomérations suivies par l’INDEC, elle touchait 41,7 % des personnes au second semestre 2023. Après avoir atteint 52,9 % pendant le choc initial de 2024, elle est descendue à 28,2 % fin 2025, puis remontée à 32,3 % au premier semestre 2026.

Cette remontée rappelle que le redressement doit encore être consolidé. Mais le progrès par rapport à la situation héritée reste substantiel.

Il repose sur plusieurs leviers : la désinflation, l’amélioration des revenus et le soutien social ciblé. Le FMI relève notamment le renforcement des transferts destinés aux enfants et à l’alimentation, ainsi que les efforts pour réduire les intermédiaires et mieux identifier les bénéficiaires.

Milei pose ainsi une question essentielle : combien reçoit réellement la personne que l’on prétend aider ? Une politique sociale gagne en efficacité lorsque davantage de ressources arrivent à destination.

La croissance revient également.

Après un recul du PIB de 1,3 % en 2024, l’économie progresse de 4,4 % en 2025, selon le FMI. Ce rebond doit maintenant devenir une expansion durable, portée par l’investissement, l’emploi et la productivité.

C’est tout l’enjeu de la prochaine étape. L’assainissement ouvre des possibilités. Les entreprises doivent pouvoir les transformer en activité, et les Argentins en amélioration concrète de leur vie.

Pour la France, cette expérience mérite mieux qu’un haussement d’épaules.

Les deux pays ont des monnaies, des institutions et des situations sociales différentes. Les décisions doivent être adaptées à chaque réalité. Mais la méthode mérite l’attention : annoncer une direction, expliquer l’effort, constituer une équipe capable de l’exécuter et rendre compte des résultats.

Un pays longtemps enfermé dans les crises peut retrouver la capacité d’agir. À la France d’en tirer les leçons.

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Paul Corey