Lire le livre

SANTÉ : ce qui a changé

"En 1930, on mourait jeune mais on trouvait un médecin.

SANTÉ : ce qui a changé

"En 1930, on mourait jeune mais on trouvait un médecin. Aujourd'hui, on vit vieux mais on cherche un médecin"

D'abord, la dépense. En 1930, les dépenses de santé représentent environ 2 % du PIB. Aujourd'hui, elles dépassent 12 % du PIB, soit plus de 300 milliards d'euros par an. La France figure parmi les pays de l'OCDE consacrant la part la plus élevée de sa richesse nationale à la santé.

Ensuite, l'espérance de vie. En 1930, elle est d'environ 55 ans pour les hommes et 60 ans pour les femmes. Aujourd'hui, elle atteint 80 ans pour les hommes et 85 ans pour les femmes. Ce gain de près de 25 ans constitue l'un des progrès majeurs du siècle.

La mortalité infantile a été divisée par cinquante. En 1930, environ 80 enfants sur 1 000 meurent avant leur premier anniversaire. Aujourd'hui, ce chiffre est inférieur à 4 pour 1 000.

Le nombre de médecins a explosé. En 1930, la France compte environ 25 000 médecins. Aujourd'hui, elle en compte plus de 230 000. Pourtant, plus de 6 millions de Français vivent dans une zone sous-dotée. La pénurie est devenue le mot d'ordre.

L'hôpital s'est transformé. Dans les années 1930, l'hospitalisation reste rare. Aujourd'hui, le système hospitalier emploie plus d'un million de personnes, mais traverse une crise sans précédent : fermetures de services, urgences saturées, démissions en cascade.

La nature des pathologies a changé. En 1930, les maladies infectieuses constituent la première cause de mortalité. Aujourd'hui, ce sont les maladies chroniques qui dominent, représentant plus de 80 % des décès.

La dépendance aux importations s'est aggravée. Dans les années 1930, la production pharmaceutique est largement nationale. Aujourd'hui, plus de 80 % des principes actifs sont fabriqués hors d'Europe, principalement en Chine et en Inde.

En 1930, les soins sont payés directement par les patients. Aujourd'hui, la Sécurité sociale prend en charge environ 79 % des dépenses. Ce système génère un déficit chronique de plusieurs milliards d'euros par an.

Ainsi, en moins d'un siècle, le système de santé français est passé d'un modèle artisanal et peu coûteux à un système massif et en crise permanente, qui a permis des gains d'espérance de vie considérables mais peine désormais à assurer l'accès aux soins sur l'ensemble du territoire.

https://wow-media.fr

Paul Corey