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Ministre de la Santé

Du soin à la loi : une praticienne devenue architecte du système...

Ministre de la Santé

Médecin hospitalière pendant douze ans, rapporteure du budget de la Sécu, auteure d’une loi qui a mis tous les syndicats médicaux dans la rue : en octobre 2025, elle hérite du ministère qu’elle a, de l’extérieur, contribué à réformer.

Née le 6 août 1973 à Athis-Mons, médecin rhumatologue, elle commence sa carrière à l’hôpital Louis-Mourier de Colombes avant de rejoindre Orléans. De 2005 à 2017, elle est cheffe de service de rhumatologie et cheffe du pôle de médecine au CHR d’Orléans, et vice-présidente de la Commission médicale d’établissement. Douze ans à l’hôpital public, dans les couloirs d’un système en tension. Une trajectoire de praticienne.

En 2017, elle bascule. Élue députée de la première circonscription du Loiret sous l’étiquette En Marche, elle est réélue en 2022 puis en 2024. De 2022 à 2024, elle est rapporteure générale de la commission des affaires sociales, c’est-à-dire la principale architecte parlementaire du budget de la Sécurité sociale. Elle y accumule une maîtrise technique rare. Elle continue de consulter une demi-journée par semaine au CHU d’Orléans tout au long de ses mandats.

Sa marque législative est la loi de 2021 qui porte son nom. La loi Rist plafonne les rémunérations des médecins intérimaires, appliquée strictement à partir d’avril 2023. Elle ouvre aussi l’accès direct à certains paramédicaux — kinésithérapeutes, orthophonistes, infirmiers en pratique avancée — sans prescription médicale préalable. Tous les syndicats et instances médicaux défilent dans la rue contre la loi. Elle assume. En 2024, elle accuse publiquement l’Académie de médecine de passéisme sur les délégations de tâches. Le médecin est devenu législateur contre son propre corps.

Nommée le 12 octobre 2025, elle succède à Yannick Neuder et hérite d’un vaste ministère de plein exercice : Santé, Familles, Autonomie et Personnes handicapées. Elle est immédiatement plongée dans le PLFSS 2026. Elle admet d’emblée qu’il s’agit d’un budget “difficile”, tout en défendant une hausse de l’ONDAM — l’objectif national des dépenses d’assurance maladie — fixé à 274,4 milliards d’euros, soit +3,1 % en un an. En parallèle : une taxe exceptionnelle d’un milliard d’euros sur les mutuelles, une nouvelle contribution des laboratoires pharmaceutiques estimée à 1,6 milliard, et la création de 4 500 postes en Ehpad.

Son projet structurant : 5 000 maisons France Santé déployées d’ici 2027, avec un budget de 130 millions d’euros pour 2026, pour permettre à chaque Français d’accéder à une solution de soin en moins de trente minutes.

Le PLFSS 2026 est finalement adopté le 9 décembre 2025 par 247 voix contre 234 et 93 abstentions, sans recours au 49-3, après 106 heures de débats. Victoire politique serrée.

Les déserts médicaux restent le dossier non résolu. Elle est numéro 2 du parti macroniste à l’Assemblée, proche de Gabriel Attal, ce qui lui donne un ancrage politique que ses prédécesseurs techniques n’avaient pas. Mais le système qu’elle connaît par cœur accumule les tensions depuis des années : pénurie de soignants, saturation hospitalière, fractures territoriales. Elle en est, à sa manière, l’une des architectes.

Ainsi, Stéphanie Rist est peut-être la seule ministre de la Santé à connaître le prix de la nuit de garde et le fonctionnement d’un article du PLFSS — mais c’est précisément cette double légitimité qui l’expose : à Ségur, on lui demandera des résultats sur un système qu’elle a contribué à façonner depuis huit ans, depuis les deux côtés du couloir

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Paul Corey