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D’ou vient l’autorité ?

L’ autorité ne s’acquiert pas avec la dépense. Elle se mérite avec la transmission.

D’ou vient l’autorité ?

La France consacre près de 57 % de sa richesse à la dépense publique, l’un des niveaux les plus élevés du monde développé. Jamais l’État n’a autant dépensé, réglementé, sanctionné. Jamais son autorité n’a paru aussi contestée.

Depuis trente ans, chaque gouvernement promet de la restaurer. Plus de policiers, des peines plus lourdes, des sanctions enfin exécutées. Et depuis trente ans, la même promesse revient, intacte, comme un remède qui entretient le mal qu’il prétend guérir. Nous avons fini par confondre l’autorité avec la force.

Le mot raconte une autre histoire. Autorité vient du latin auctoritas, bâti sur augere : accroître, faire croître.

Rome distinguait la potestas, pouvoir de commander et de contraindre, de l’ auctoritas, attachée à la fondation reçue des anciens et au devoir de la prolonger. Hannah Arendt en a fait le cœur de sa réflexion sur la crise de l’autorité moderne. Émile Benveniste retrouve sous augere l’idée de faire advenir.

Détenir l’autorité, c’est augmenter ce dont on a reçu la charge.

Voilà ce que nous avons perdu. Nos politiques se jugent à ce qu’elles engagent : milliards votés, dispositifs créés, bénéficiaires comptés. Nous mesurons le flux. Presque jamais le stock.

Un pays se reçoit comme une maison de famille. On l’habite quelques années, puis on remet les clés. Son patrimoine dépasse ses monuments : finances, centrales, réseaux, entreprises, savoir-faire, école, recherche, langue, institutions. Tout ce qu’une génération reçoit sans l’avoir bâti et qu’elle devra rendre à la suivante.

Depuis 1974, aucun budget de l’État n’a été exécuté en équilibre. Un demi-siècle de dette accumulée, d’actifs cédés, d’infrastructures vieillies avant d’être remplacées, de filières abandonnées puis reconstruites à grands frais.

Dans les industries du temps long, l’hésitation détruit davantage que l’erreur. L’école suit la même pente. Chaque génération qui lit, écrit, compte et raisonne moins bien que la précédente signe la dépréciation silencieuse d’un capital national.

D’où l’exigence d’un bilan de transmission.

À la fin de son mandat, un gouvernement doit présenter, à côté de ses comptes, l’inventaire de ce qu’il rend au pays. Plus solide ou plus fragile. Plus instruit ou moins instruit. Plus endetté ou moins endetté. Une seule question vaut alors : qu’avons-nous augmenté ?

Reste le plus précieux des héritages : le pouvoir de décider. La Constitution l’énonce sans détour, la souveraineté nationale appartient au peuple. Président et Parlement l’exercent pour un temps, comme un fondé de pouvoir gère un bien qu’il ne possède pas.

Surgit alors une question rarement posée : un élu peut-il remettre moins de souveraineté qu’il n’en a reçu sans avoir demandé notre accord ?

Le droit le lui permet souvent. La démocratie lui impose une autre règle : plus une décision est irréversible, plus le mandat qui l’autorise doit être explicite. Changer reste légitime. Changer en silence trahit le dépôt.

Le patrimoine répond à une question : que transmettons-nous ? La souveraineté à une autre : qui décidera demain ? L’autorité naît de la réponse aux deux.

Un État qui consomme son héritage épuise son crédit. Un pouvoir qui dispose sans mandat de ce qu’on lui a confié épuise sa légitimité. Il conserve la potestas, avec ses lois, ses impôts, sa police. L’auctoritas lui échappe.

La force garde sa place. Une règle que l’État renonce à faire respecter cesse d’être une règle. Mais la contrainte ne fabrique jamais ce qui la précède : la confiance envers celui qui commande. L

L’autorité se mérite par ce que l’on transmet.

Recevoir un pays. L’administrer cinq ans. Le rendre plus solide, plus instruit, plus libre de ses choix. C’est autour de ce principe que WOW! construit le prospérisme, doctrine de la transmission qui réunit sous une même exigence la dette, l’école, l’industrie, l’énergie, la culture et la souveraineté : juger chaque grande décision à ce qu’elle laissera.

En 2027, la question n’est plus de savoir qui gouvernera. Elle est de savoir ce qu’il transmettra.

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Paul Corey