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France 2026 : ras le bol !

Édito WOW! · 9 juillet 2026

France 2026 : ras le bol !

Il ne s’agit pas d’une humeur. Pas d’une mauvaise passe. En février 2026, 78 % des Français déclaraient ne plus avoir confiance en la politique. C'est un record absolu depuis la création du baromètre Cevipof en 2009. 87 % estiment que les politiques ignorent leurs préoccupations. 76 % les jugent corrompus. Et pourtant, 82 % restent attachés à la démocratie. Ce paradoxe dit tout : ce n’est pas la République que les Français rejettent. C’est ceux qui sont censés l’incarner.

Ce qui suit n’est pas un pamphlet. C’est un inventaire.

Le pouvoir d’achat d’abord. Entre 2021 et 2024, l’alimentation a bondi de 20 %, l’énergie de 40 %. En 2025, le pouvoir d’achat recule de 0,4 % selon l’INSEE. Les dépenses contraintes (loyer, énergie, assurance, crédit) absorbent jusqu’à la moitié des revenus dans les grandes villes. Le reste à vivre s’est contracté en silence.

La fiscalité a suivi. Prélèvements obligatoires à 43,6 % du PIB. Taxe foncière en hausse de 37,3 % entre 2014 et 2024, contre 19,9 % d’inflation. Paris a ajouté 88 % en une seule année. Les avis d’imposition racontent une histoire que le discours officiel refuse d’entendre.

La dette court plus vite que tout. Au premier trimestre 2026, elle atteint 3 536 milliards: 117,5 % du PIB. La France emprunte 25 milliards par mois pour ses dépenses courantes. La Cour des comptes l’a établi : seul pays de la zone euro à ne pas avoir fait refluer son ratio de dette depuis la crise sanitaire. La charge des intérêts franchira 100 milliards avant 2030. Ce sera le premier poste budgétaire, devant l’Éducation nationale.

Ce n’est pas une mauvaise conjoncture. C’est trente ans de refus d’arbitrages.

L’ordre public suit la même courbe. Violences physiques +5 %, violences sexuelles +8 %, refus d’obtempérer +11 % à 28 200 cas en 2025. Depuis 2016, les violences progressent de 8 % par an. 78 509 détenus pour 61 869 places: 127 % d’occupation. 59 % des sortants récidivent dans les quatre ans. Ce taux est stable depuis vingt ans.

Les services publics s’effondrent sans bruit. 87 % du territoire classé en zone de fragilité médicale. 6,4 millions de Français sans médecin traitant au 1er janvier 2025. 73 % ont renoncé à au moins un acte de soin dans les cinq dernières années. La France consacre 11,5 % de son PIB à la santé. Elle obtient des déserts médicaux et des urgences saturées.

Nous payons comme un pays riche pour des services de pays en déclin.

Ce que révèle cet inventaire, c’est moins une succession de crises qu’une panne systémique.

La dette contraint les dépenses, qui dégradent les services, qui alimentent la frustration, qui compliquent les réformes, qui reproduisent la dette. Ce cercle est le produit d’une classe dirigeante qui a préféré l’annonce à la décision, le rapport à la réforme, le symbole à la substance.

79 % des Français veulent un référendum plus fréquent. 72 % souhaitent être associés directement aux décisions. Ce n’est pas du populisme. C’est de la démocratie réclamée dans ses formes les plus directes, par des citoyens qui ne croient plus que la délégation représentative produise des résultats, en tout cas dans le cadre de Vème République dont l'esprit a trop souvent été dévoyé.

Au vu de cet inventaire, le niveau de défiance n’a plus rien d’étonnant. Les Français n’attendent plus qu’on leur explique pourquoi rien n’est possible. Ils attendent qu’on leur montre que quelque chose l’est encore. 2027, ne vois-tu rien venir ?

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Paul Corey