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France 2027 : dans un an, quel mandat ? Quel mandataire ?

2027: LAST CALL. L'anatomie d'un sursaut

France 2027 : dans un an, quel mandat ? Quel mandataire ?

À douze mois du scrutin, vingt-cinq candidats sont déjà déclarés. Aucun ne nomme les quatre verrous (textes LAST CALL publiés sur Substack). Aucun ne prononce les 145 milliards d’euros cible qu’il faudra trouver sur le bloc social d’ici 2032 pour tenir Maastricht et absorber la dérive démographique.

La campagne va s’organiser autour de trois récits familiers: celui qui désignera les riches, celui qui désignera les étrangers, celui qui se présentera comme raisonnable parce que les deux autres conduisent au chaos.

Les chiffres, eux, sont publics. Dette publique à 115,6 % du PIB. Déficit à 5,1 %. Dépenses publiques à 57,2 %, prélèvements obligatoires à 43,6 %, les plus élevés et les plus fous - compte tenu des autres stats : dette, déficit.. - du monde développé.

Et 22 % seulement des Français qui déclarent encore faire confiance à la politique, soit quatre points perdus en un an. La machine institutionnelle continue de produire des élections. Elle a cessé de produire des décisions.

Quatre dates ont scellé une mécanique d’une redoutable cohérence.

1945 : la sécurité sociale, conçue pour quatre actifs par retraité et la croissance des Trente Glorieuses, devenu totem financé à crédit depuis deux générations.

1958 : des institutions taillées pour un homme providentiel, refermées en piège par le quinquennat de 2000 et l’inversion du calendrier. Désormais on peut demeurer monarque sans mandat, ni majorité. Les mots sont durs. Mais c’est un fait.

1981 : l’impossibilite du rêve oblige au renoncement de1983. Les socialo-populistes doivent couvrir leur échec et migrent vers la défense des minorités et un conformisme moral pour bien pensants qui disqualifie en commentant — libéral, décliniste, souverainiste — plutôt qu’en réfutant.

1992 : l’Europe transformée en alibi, où l’on impute à Bruxelles ce qui doit être porté à Paris.

Une aristocratie d’État entretient l’édifice. Quatre présidents sur huit issus de l’ENA depuis 1958. La promotion Voltaire, sortie en 1980, alignait dans une seule classe Hollande, Villepin, Royal, Sapin et Donnedieu de Vabres. Selon la Cour des comptes, 27 % des inspecteurs des Finances étaient affectés dans le privé en janvier 2024. Le ministre passe — la durée moyenne d’un gouvernement est tombée à huit mois depuis 2022. Le directeur reste. Le juge aussi.

Et la facture insiste.

Cent soixante-dix milliards d’OAT arrivent à échéance chaque année, refinancés autour de 3,75 % après avoir été émis sous 1 %. La charge d’intérêts passe de soixante milliards en 2024 à plus de cent en 2029. Quasi-doublement en cinq ans. Cet argent rémunère des créanciers pour des dépenses passées — l’école, l’hôpital, la sécurité, le pouvoir d'achat, attendent leur tour.

Vient l’arithmétique électorale.

Vingt millions de retraités. Trois millions de chômeurs. Cinq millions de salariés à moins de cinq ans de la retraite. Vingt-huit millions de bénéficiaires directs face à vingt-cinq millions d’actifs qui financent. Désigner des perdants après l’élection devient mathématiquement suicidaire.

L’histoire offre pourtant des précédents.

En 2003, Schröder engage les lois Hartz parce qu’il avait obtenu, à l’élection précédente, l’autorisation explicite de réformer le marché du travail. Il a perdu sa majorité, son parti, l’élection suivante. Mais les réformes ont tenu, et le chômage allemand est passé de 11 à 5 %. Parce qu’elles avaient été annoncées, débattues, arrachées au peuple avant d’être votées au Bundestag.

D’où la distinction qui structure 2027. Un programme est une déclaration d'intentions déguisée en liste de mesures à mettre en œuvre. Un mandat est une autorisation explicite de faire ce qui doit être fait. Un programme se présente. Un mandat se demande.

Reste à transformer l’arithmétique en méthode. Dans LAST CALL Anatomie d'un sursaut nous proposons neuf questions précises à poser à chaque candidat, sur les retraites, le statut de la fonction publique, le marché du travail, la doctrine européenne, le plan IA, la souveraineté budgétaire. Une grille de notation publique. Refuser voix, argent et temps à ceux qui esquivent. Lent, ingrat, sans garantie mais c’est ainsi qu’un mandat se fabrique.

Car, en 2027, l’essentiel n'est plus que chaque candidat proposer son programme. C’est au peuple de trouver un(e) mandataire pour son mandat.

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Paul Corey