Le prospérisme en dix principes
Dix principes. Une seule question : laisserons-nous davantage que nous avons reçu ?

Dix principes, une page : de quoi répondre en une minute à qui demande ce que ce nouveau mot, proposé par WOW!, exige.
1. La prospérité est le premier bien public.
Avant de se demander comment partager la richesse, une société doit garantir les conditions qui la font naître. Tout le reste — la solidarité, la sécurité, la culture — se paie avec elle.
2. Le premier devoir d’une Nation est d’accroître son capital de prospérabilité.
La prospérité décrit un état ; la prospérabilité désigne une aptitude. Ce capital réunit sept actifs — humain, économique, scientifique, industriel, institutionnel, environnemental, culturel — diminués des passifs légués avec eux : dette, rentes, dépendances.
3. Le patrimoine compte plus que le flux.
Le PIB mesure ce qui circule ; le prospérisme mesure ce qui demeure. Juger un pays à sa production annuelle, c’est féliciter le rentier qui a hérité pour son train de vie.
4. Toute décision publique se juge à son bilan, non à ses intentions.
Ce qui compte est son effet réel, constaté après coup, sur le capital de prospérabilité. Les intentions sont à la portée de tous les discours ; le solde ne ment pas, même s’il n’est pas toujours immédiatement lisible.
5. Le capital humain engendre tous les autres.
L’éducation, la santé, les compétences, la recherche : rien ne pousse dans un pays qui laisse ses talents en friche. Un enfant abandonné par l’école n’est pas seulement une injustice ; c’est un actif détruit.
6. La liberté de créer est la condition de tout ; le respect de ceux qui créent, son carburant.
C’est l’une des grandes leçons de l’enrichissement moderne. Cette liberté n’est pas un héritage paisible : c’est une conquête, et toute conquête est réversible.
7. Une politique sociale réussit lorsqu’elle rend plus capable.
Non lorsqu’elle reconduit un besoin, mais lorsqu’elle développe l’autonomie, les compétences, la capacité de créer. La dépense qui disparaît en laissant un capital enrichit ; celle qui revient chaque année sans rien constituer appauvrit. Elle devient une charge.
8. La rente installée détruit le capital qu’elle prétend faire fructifier.
Tout profit est une rente naissante, légitime tant qu’elle rémunère un risque pris ; elle devient mortifère dès qu’elle se retranche derrière une protection pour survivre à son utilité. Le prospérisme ne désigne pas de coupables : il désigne un geste — celui d’enfermer — sous tous les noms qu’il emprunte.
9. La dette n’est légitime que si elle finance un actif durable.
Emprunter pour une centrale, une université, un réseau peut enrichir la génération suivante ; emprunter pour la consommation courante lui transmet une facture. La règle vaut pour tous les gouvernements, quelle que soit leur couleur.
10. Une seule question tranche tout.
Laisserons-nous davantage que nous n’avons reçu ?
Les neuf premiers principes ne sont que les conséquences du dixième. Qu’on ne retienne que lui, et l’essentiel demeure : le prospérisme n’est ni une idéologie ni un programme. C’est une question à laquelle aucune politique, aucun gouvernement, aucune génération ne devrait pouvoir se dérober.
Paul Corey