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Qui tient la télécommande de votre tv ?

Vous ?... ou l'idéologie socialo-progressiste qui tient vos médias ?

Qui tient la télécommande de votre tv ?

À Londres, le directeur général de la BBC, Tim Davie, vient d’annoncer sa démission, tout comme la patronne de BBC News, Deborah Turness, après une polémique majeure : dans un documentaire de Panorama, un extrait du discours de Donald Trump du 6 janvier 2021 a été monté de manière jugée trompeuse. Des phrases prononcées à près d’une heure d’intervalle ont été rapprochées, donnant l’impression d’un lien plus direct avec l’assaut du Capitole. La controverse a enflé, nourrie par un mémo interne et des critiques publiques ; les deux dirigeants ont pris « la responsabilité ultime » et quitté leurs fonctions. Au-delà des personnes, c’est l’impartialité revendiquée de la BBC qui se retrouve questionnée.

En France, la scène est différente mais le malaise identique. Le 7 juillet 2025, Patrick Cohen et Thomas Legrand sont filmés à leur insu dans un café parisien en conversation avec deux cadres du Parti socialiste. Début septembre, la vidéo est publiée et fait scandale ; on y entend une phrase ambiguë, interprétée comme un signe de connivence.

France Inter suspend alors Legrand ; quelques jours plus tard, le comité d’éthique de France Télévisions estime que Cohen n’a pas commis de faute. Les deux journalistes dénoncent un montage partial et une campagne de dénigrement, mais le doute s’installe : l’apparence de neutralité suffit-elle encore à convaincre ?

Ces deux affaires révèlent la confusion croissante entre pouvoir, opinion et service public. L’audiovisuel public a été conçu pour garantir à tous une information indépendante. Or l’indépendance ne se décrète plus : elle doit se prouver. La moindre coupe, le moindre ton, la moindre proximité perçue deviennent des marqueurs de biais. Et quand la confiance s’effrite, c’est tout le modèle du service public qui vacille. La question du dévoiement de la mission même du service public est posée.

Ces médias sont financés par l’argent de tous ; ils devraient donc servir l’intérêt général avec une rigueur exemplaire. Or, à force de se croire gardiens de la raison, certains journalistes publics oublient qu’ils en sont d’abord les dépositaires. Quand la neutralité et la pluralité s’effacent derrière l’entre-soi ou la conviction, c’est le contribuable qu’on trompe et la démocratie qu’on fragilise.

L’ ARCOM en France, l’ Ofcom au Royaume-Uni sont sensés garantir pluralité et déontologie. Mais, ces institutions, souvent dépendantes du pouvoir politique, régulent la conformité plus que la confiance. Elles comptent les minutes de parole, contrôlent les quotas, publient des rapports tardifs, mais n’exercent aucun audit réel du contenu éditoriaLeurs sanctions sont rares, leur prévention inexistante.

Dans les faits, elles ne protègent pas le citoyen de la partialité ; elles protègent le système de la critique. Comment rendre l’« audiovisuel public » véritablement au service du public — et non de lui-même ?

Paul Corey