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Emmanuel Macron

Le jeune banquier qui détruit la gauche et la droite françaises pour gouverner seul et finir à 47 ans, président fantôme d'un pays ingouvernable...

Emmanuel Macron

L’homme a détruit les deux partis qui gouvernaient la France depuis soixante ans — pour finir seul, sans majorité, sans successeur, et sans avoir réformé grand-chose.

Né le 21 décembre 1977 à Amiens, fils de deux médecins. Sa mère est médecin-conseil à la Sécurité sociale, son père neurologue au CHU. Famille libérale, catholique de culture, bourgeoisie de province. À 15 ans, il tombe amoureux de sa professeure de théâtre, Brigitte Trogneux — 39 ans, mariée, mère de trois enfants. Ses parents l’envoient à Paris pour rompre la relation. Il la rappelle depuis Henri-IV. Il l’épousera en 2007. Ce rapport à la transgression des règles ordinaires ne le quittera jamais.

Il rate deux fois le concours de Normale Sup. Sciences Po en 2001, ENA promotion Senghor en 2004 — major de sortie, Inspection générale des Finances. De 1999 à 2001, assistant de Paul Ricoeur. En 2008, il rachète sa disponibilité à l’État pour 50 000 euros et rejoint Rothschild & Cie. En quatre ans, 3 millions d’euros. Il orchestre le rachat d’une division nutrition de Pfizer par Nestlé pour 12 milliards de dollars en 2012. Alain Minc lui aurait conseillé d’abord “faire fortune” avant d’entrer en politique. Il a suivi le conseil à la lettre.

En 2012, Hollande le nomme secrétaire général adjoint de l’Élysée — il a 34 ans, aucun mandat, aucune légitimité électorale. En août 2014, ministre de l’Économie. La loi Macron passe via le 49-3 en février 2015 : le gouvernement impose sans vote une déréglementation que l’Assemblée refusait. Ce sera son mode opératoire. En avril 2016, il quitte le gouvernement sans prévenir et lance En Marche ! Le 7 mai 2017, il est élu président avec 66,1% des voix — dont une majorité de bulletins contre Marine Le Pen plutôt que pour lui. Jamais élu local. Jamais mandataire populaire. Jamais redevable de rien à personne.

Le 17 novembre 2018, les Gilets jaunes occupent les ronds-points. Le déclencheur : une hausse de la taxe carbone. Sa réponse publique : “Je préfère les taxes sur le carbone aux taxes sur le travail.” Environ 300 000 manifestants le premier samedi. 11 morts sur l’ensemble du mouvement, principalement dans des accidents de la route liés aux barrages filtrants. Plus de 2 500 blessés dont 24 éborgnés par des tirs de LBD — une première dans l’histoire sociale française. Sa cote tombe à 23%. Il lance un grand débat national de trois mois. Puis reprend exactement le même cap, comme si rien ne s’était passé.

En mars 2023, la réforme des retraites — repoussant l’âge légal de 62 à 64 ans — passe via le 49-3, sans vote du Parlement. 70% des Français s’y opposent. Sa popularité retombe à 28%. Il convoque une conférence de presse et explique qu’il “assume”.

Le 9 juin 2024, au soir de la défaite des européennes face au RN (31,5% contre 14,6%), il dissout l’Assemblée nationale seul, la nuit, sans consulter personne. La manœuvre produit une Assemblée introuvable : quatre Premiers ministres en dix-huit mois. Deux d’entre eux renversés par des motions de censure.

Il restera le président qui a porté, seul, le projet d’Europe puissance que personne n’avait osé formuler depuis des décennies. Le discours de la Sorbonne en septembre 2017, la souveraineté européenne, l’armée commune, l’Ukraine dès 2022 : c’est la seule ligne qui ne vacille jamais.

Tout le reste — la réforme fiscale promise aux classes moyennes, la réindustrialisation, la réconciliation des France — fluctue, se contredit, s’effondre faute de majorité, de patience, ou des deux.

Un homme de 39 ans sans mandat local, sans parti structuré, sans filet, entouré de conseillers dévoués qui n’avaient jamais non plus gouverné quoi que ce soit. Convaincu que l’intelligence suffit. Que la vision remplace la négociation. Que les corps intermédiaires sont des obstacles plutôt que des relais.

Il était probablement sincère. Mais la sincérité d’un homme seul, trop certain, qui a confondu le verbe avec l’action, n’est pas une politique.

Emmanuel Macron a réussi ce que personne n’avait tenté depuis de Gaulle : détruire le système partisan existant, construire un mouvement personnel, conquérir l’Élysée deux fois — pour se retrouver à 47 ans président fantôme d’un pays ingouvernable, ayant dissous le Parlement pour accélérer une fin qu’il a lui-même rendue inévitable

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Paul Corey