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LE TRAIN : ce qui a changé

Fin d'un règne ?

LE TRAIN : ce qui a changé

En 1930, le train était le moyen de transport central. Aujourd’hui, il est rapide, moderne… mais concurrencé.

En 1930, le train est au cœur des déplacements. Il structure le territoire et l’économie.

En France, le réseau ferroviaire dépasse 60 000 km de lignes, couvrant la quasi-totalité du pays. Le train transporte l’essentiel des voyageurs longue distance et une grande part des marchandises. Les vitesses restent modestes : autour de 60 à 80 km/h en moyenne, mais il constitue alors le moyen le plus fiable et le plus rapide.

Après la Seconde Guerre mondiale, le rôle du train évolue. L’automobile se développe fortement : le nombre de voitures en France passe de quelques millions dans les années 1950 à plus de 38 millions aujourd’hui. L’avion s’impose progressivement pour les longues distances.

Le train perd sa position dominante. Dans le même temps, le réseau ferroviaire se transforme. Les lignes secondaires ferment progressivement. Aujourd’hui, le réseau français compte environ 27 000 km de lignes, soit une réduction de plus de moitié par rapport au début du XXe siècle. Le maillage reste dense, mais moins uniforme.

La grande vitesse marque une rupture majeure. Le premier train à grande vitesse (TGV) est lancé en France en 1981. Aujourd’hui, les trains atteignent des vitesses commerciales de 300 à 320 km/h. Le réseau à grande vitesse dépasse 2 800 km en France, l’un des plus développés au monde.

Le nombre de voyageurs évolue également. En France, le train transporte plus de 1,3 milliard de passagers par an (tous réseaux confondus : TER, RER, TGV). Il reste un mode de transport majeur, notamment pour les déplacements quotidiens dans les grandes agglomérations.

Le transport de marchandises, en revanche, recule fortement. Le fret ferroviaire représente aujourd’hui environ 10 % du transport de marchandises, contre plus de 50 % au début du XXe siècle. Le transport routier domine désormais largement.

Dans le même temps, les attentes évoluent. Les voyageurs recherchent rapidité, ponctualité, confort. Les investissements sont importants : le système ferroviaire français mobilise plusieurs dizaines de milliards d’euros par an (infrastructures, entretien, matériel).

La concurrence se développe également. L’ouverture à la concurrence du rail en Europe permet l’arrivée de nouveaux opérateurs. Les prix, les services et les offres évoluent en conséquence.

Parallèlement, les enjeux environnementaux redonnent de l’importance au train. Il émet en moyenne 10 à 20 fois moins de CO₂ par passager que l’avion sur certaines distances (ADEME). Il est présenté comme un levier majeur de la transition écologique.

Mais des tensions subsistent. Le coût des infrastructures est élevé, le réseau nécessite un entretien constant, et les retards ou grèves affectent l’image du service.

Le train doit concilier performance, accessibilité et rentabilité. Peu à peu, le train passe d’un mode de transport dominant et universel à un système modernisé, rapide et stratégique, mais en concurrence avec d’autres moyens et avec plusieurs opérateurs. Il reste un pilier de la mobilité, notamment pour les distances intermédiaires.

Là où il était incontournable, il est devenu un choix… souvent privilégié pour sa rapidité et son impact environnemental.

Paul Corey