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Dissuasion européenne : qui a donné mandat pour un tel effet cliquet ?

Une décision française, des engagements européens, sans mandat des Français.

Dissuasion européenne : qui a donné mandat pour un tel effet cliquet ?

La bombe reste française. Son périmètre, lui, devient européen, sans consentement explicite des Français. Pourtant, c’est la souveraineté même du pays qui se dilue, au rythme d’un mécanisme qui rend chaque pas irréversible.

Le 2 mars 2026, à l’Île Longue, Emmanuel Macron a refusé tout automatisme. La décision ultime, la planification, la définition des intérêts vitaux restent entre les mains du seul président de la République. Aucune garantie comparable à l’article 5 de l’OTAN.

Pourtant, sous le nom de « dissuasion avancée », une porte s’est ouverte. Et ce sera compliqué de la fermer. Notre Président a jeté la clef.

Exercices partagés avec des pays européens. Forces conventionnelles alliées associées. Rafale stratégiques dispersés chez nos voisins. Pris un à un, ces gestes semblent techniques. Ensemble, ils déplacent le périmètre de l’arme la plus souveraine qui soit.

Depuis de Gaulle, sa logique tient en une ligne : quiconque menace les intérêts vitaux de la France s’expose à des dommages inacceptables. Au bout de la chaîne se tiennent une Nation, un territoire, un peuple.

La construction repose sur une promesse étrange. Paris dit à ses partenaires : approchez-vous de notre force, apprenez notre doctrine, accueillez nos moyens. Puis ajoute aussitôt : vous resterez hors de la décision.

Nos voisins y gagnent un signal adressé à Moscou sans financer de force de frappe. La France y gagne une attente.

Si un pays associé subit demain une agression grave, que croira l’allié ? Que croira l’adversaire ? Toute attente stratégique engage déjà celui qui l’a créée.

Ce mécanisme porte un nom : l’effet cliquet.

Chaque mouvement s’enclenche, aucun ne revient en arrière. Et sans consentement explicite des Français, la souveraineté du pays se dilue, déclic après déclic.

Le mouvement dépasse le nucléaire.

Depuis la Sorbonne en 2017, Emmanuel Macron poursuit avec constance le projet d’une Europe dotée d’attributs souverains. Chaque crise sert d’accélérateur. Le Covid a rendu possible une dette commune jusque-là impensable. La guerre en Ukraine et le doute américain ouvrent aujourd’hui l’environnement de la dissuasion.

Chaque étape se défend. Leur addition dessine une trajectoire que nul n’a soumise ni au débat public, ni au vote.

Paul Corey