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Keir Starmer

L'avocat socialiste des droits humains qui a coupé les aides aux handicapés..

Keir Starmer

L’homme qui a promis le socialisme pour prendre le pouvoir, puis abandonné chaque engagement — et est devenu le Premier ministre le moins populaire depuis 1977.

Né le 2 septembre 1962 à Southwark, South London, fils d’un ouvrier tourneur et d’une infirmière. Sa mère contracte la maladie de Still, maladie auto-immune incurable. Il grandit à Oxted, Surrey, dans une famille travailliste militante qui le prénomme Keir — du nom de Keir Hardie, fondateur du Labour. À 16 ans, il adhère au Labour Party Young Socialists. Premier de sa famille à faire des études supérieures, il obtient une licence de droit à Leeds en 1985, puis un BCL à Oxford en 1986.

À 32 ans, en 1994, il écrit dans Socialist Lawyer que “Karl Marx avait évidemment raison” sur l’inutilité des droits fondamentaux abstraits. Barrister depuis 1987, cofondateur de Doughty Street Chambers en 1990, il plaide pour des condamnés à mort dans les Caraïbes, défend les syndicats, attaque Shell et McDonald’s. Queen’s Counsel en 2002. Nommé Directeur des poursuites pénales (DPP) en 2008, il supervise la Crown Prosecution Service jusqu’en 2013. Son bilan inclut la condamnation des assassins de Stephen Lawrence. Son passif aussi : sous sa direction, le CPS n’engage pas de poursuites contre Jimmy Savile, pédocriminel de masse. Chevalier en 2014.

En avril 2020, il remporte la direction du Labour avec 56,2% au premier tour face à une gauche épuisée par la défaite de 2019. Pour gagner, il présente dix engagements : nationalisation du rail, de l’eau, de l’énergie, abolition des frais universitaires, hausse des impôts sur les 5% les plus riches, libre circulation des personnes. Il se pose en héritier de Corbyn. En deux ans, il renie les dix. La nationalisation devient “irresponsable”. Les frais universitaires restent. Les hausses d’impôts disparaissent. La libre circulation est enterrée. Il licencie ses propres alliés de gauche. En 2023, il compare le programme de Corbyn à celui de “Kamikazes”.

Le 5 juillet 2024, le Labour remporte 404 sièges sur 650 — majorité historique. Les Conservateurs s’effondrent à 121 sièges, leur pire score depuis 1906. Starmer entre au 10 Downing Street après 14 ans d’opposition. La victoire est massive. Le programme est minimal. Dès l’automne 2024, il supprime l’allocation chauffage pour les retraités — première mesure d’austérité après une campagne axée sur le “changement”. En mars 2025, il annonce 5 milliards de livres de coupes dans les aides aux handicapés et invalides. Selon Disability Rights UK, 900 000 personnes risquent la pauvreté. La rébellion parlementaire de ses propres députés le force à reculer partiellement.

En septembre 2025, l’affaire Mandelson. Starmer nomme Peter Mandelson ambassadeur à Washington. Des emails émergent montrant que Mandelson avait encouragé Jeffrey Epstein à “se battre pour une libération anticipée” en 2008. Le 10 septembre, Starmer le défend publiquement devant le Parlement. Le 11, il le renvoie, le qualifiant de “répréhensible”. Vingt-quatre heures entre la défense et la rupture. En novembre 2025, son taux d’approbation atteint 19% d’opinions favorables, 73% d’opinions défavorables, le score le plus bas enregistré depuis qu’il est à la tête du Labour (Yougov). Un sondage Ipsos le classe Premier ministre le moins populaire depuis le début des mesures en 1977.

L’homme qui a passé sa vie à défendre les victimes en tant qu’avocat des droits humains dirige désormais un gouvernement qui coupe les aides aux plus vulnérables. Ses soutiens invoquent l’héritage de la dette conservatrice. Les chiffres montrent 14 milliards de livres de coupes sur un budget de 1 200 milliards.

Ainsi, Keir Starmer a accompli ce que peu de dirigeants réussissent : convaincre la gauche qu’il était l’un des leurs pour prendre le pouvoir, convaincre le centre qu’il était raisonnable pour le conserver — et réussir à décevoir simultanément les deux, avec la majorité la plus large de l’histoire récente du Labour et la cote de popularité la plus basse de l’histoire britannique moderne.

Paul Corey